Exclusif: Wemotaci demande la destitution du chef Coocoo

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Par Patrick Vaillancourt
Exclusif: Wemotaci demande la destitution du chef Coocoo
Le chef du conseil de bande de Wemotaci

Coup de théâtre dans la communauté de Wemotaci alors que des pétitions circulent afin de demander la destitution du chef du conseil de bande, Simon Coocoo.

Cette pétition est une initiative de femmes de Wemotaci qui demandent la destitution du chef Simon Coocoo. Trois exemplaires de la pétition circulent dans la communauté.

 

Comme vous le savez, une entente de partenariat a été signée entre la Ville de La Tuque et la communauté de Wemotaci a été signée le 16 octobre dernier concernant un barrage hydro-électrique sur la rivière Manouane pouvant générer moins de 50 MW. Ce barrage permettrait à la communauté d’obtenir leur chauffage par un réseau électrique, puis l’excédent de l’électricité serait vendu à Hydro-Québec, ce qui engendrerait des revenus pour La Tuque et Wemotaci. Une entente officieuse entre les deux parties aurait été conclue en janvier. Question de procéder au dépôt du projet, un délai a été donné jusqu’en mars.

 

Toutefois, le conseiller du conseil de bande Dany Chilton évoque que le conseil de bande de Wemotaci n’a jamais été consulté pour cette signature. «J’ai les procès-verbaux des assemblées et il n’a jamais été question de cette entente. De plus, il n’y a jamais eu de consultation publique alors que ce projet aurait un impact sur notre territoire. En mars 2009, un sondage a été fait dans la communauté afin de connaître les projets de diversifications économiques qui doivent être priorisées, et le barrage se retrouve en bas de la liste à 14% seulement des gens en faveur. Quinze projets avaient été mis sur la table. Il faut savoir que c’est délicat de ma part de parler de ce sujet comme je suis sur le conseil. Mais l’action de destitution est faite par un groupe de femmes de la communauté. Et la raison: la signature a été faite sans consulter la population. En plus, la résolution d’appui au projet contient plusieurs attendus qui ne sont pas véridiques. Je n’ai rien contre le développement économique, c’est la façon de faire qui est contestable. Comme conseiller, j’appuie la démarche des femmes.»

 

Pour que la destitution prenne effet, la pétition doit comporter 50% plus un des personnes habiles à voter. La pétition compte pour l’instant une vingtaine de noms, ce qui représente 4% des gens.

 

Le conseiller Chilton évoque aussi que l’entente de 2002 entre Hydro-Québec et Wemotaci a été rouverte à l’insu du conseil. «L’entente de 2002 stipule que lors de la mise en service de la ligne de transport de l’électricité à Wemotaci, une subvention payant 50% du mazout décroîtra de 10% par année sur 10 ans. «Nous ne recevons plus rien et le raccordement au système électrique serait un projet de 6 M$, et Hydro-Québec ne nous donnerait que 1,3 M$. Il y aurait un manque à gagner de plus de 4 M$, et nous n’avons pas cet argent. La population n’était pas informée et n’était pas prête à subir un tel changement. Le montant est avantageux pour le conseil, mais pas pour la communauté qui doit acheter son mazout au plein prix.»

Commentaires du chef Coocoo

Le chef Simon Coocoo était au courant de la procédure de destitution le concernant. «Je ne vois pas le pourquoi, a-t-il affirmé. Les raisons pour une destitution sont une fraude, un abus de pouvoir, ou une violation sérieuse des règles. C’est vrai qu’il y a une vague de contestation, mais j’ai fait des assemblées sur le projet et il y en aura d’autres. Le 23 janvier dernier, il y avait une trentaine de personnes à la réunion. Il a toujours eu une question de consultation par rapport à ce projet de barrage. C’est certain qu’il y aura un référendum sur cette question.»

Concerant l’entente de 2002 avec Hydro-Québec, M. Coocoo stipule qu’il faut se fier à l’entente de 1988. «L’entente est claire, une fois raccordée au réseau électrique, la subvention de l’huile est arrêtée. Il y a une confusion entre 1988 et 2002.»

 

Toutefois, le chef avoue que le système n’est pas en place et qu’il en coûterait 4 M$ au conseil. «Nous allons demander l’avis d’un expert.»

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