Des chiffres pour le moins préoccupant

Par Francine Beaupre

Le Centre d’Activités Populaires et Éducatives (CAPE) offre, depuis bientôt 17 ans, des ateliers d’alphabétisation populaire. Malgré toutes ces années de travail assidu auprès de la clientèle ayant de la difficulté avec l’écrit, les statistiques pour notre territoire sont à la hausse.

« Localement, 38 % de notre population atteint le niveau 1 de compétence, donc le niveau le plus faible », déplorait Maya Goodrich, directrice du CAPE. À ce niveau, une personne peut, par exemple, être incapable de déterminer correctement la dose de médicaments à administrer d’après le mode d’emploi. « En tout, 68 % de la population de notre territoire se situe au niveau 3 », précisait-elle. Notons que le niveau 3 est considéré comme le minimum requis pour fonctionner dans une société et dans une économie moderne. Ce serait donc dire que 32 % seulement atteint le niveau 3.

« Selon les résultats de l’Enquête internationale sur l’alphabétisation et les compétences des adultes (EIACA), 49 % des Québécois, âgés de 16 à 65 ans, ont des difficultés de lecture. Parmi ceux-ci, 800 000 adultes sont analphabètes » peut-on lire sur le site de la Fondation pour l’alphabétisation. C’est donc dire qu’il reste encore du boulot à abattre pour atteindre des niveaux de compétences usuelles.

Les gens qui fréquentent le CAPE ne sont pas analphabètes complets. Ils ont fréquenté l’école, mais n’ont pu développer les compétences nécessaires pour répondre aux exigences de notre société où l’écrit est prépondérant. On leur propose des ateliers de français, de calcul, d’informatique, de connaissances générales et d’estime de soi et nous offrons même des formations individuelles si nécessaire. « Nous présentons des conférences en fonction de leurs intérêts et nous allons fréquemment à la bibliothèque », ajoutait Mme Goodrich.

Des activités d’ordre pratique s’ajoutent à ces ateliers. « Nous tenons une cuisine communautaire une fois par mois. Nous avons aussi le projet “Jardin: pour mettre fin à la faim” durant lequel les participants dressent le plan d’un jardin communautaire, prépare les semis et cultive jusqu’à la récolte de l’automne », soulignait la directrice. Ce dernier projet est ouvert à toute la population à faible revenu. Il en coûte 10 $ par année et les gens peuvent s’inscrire pour cette activité seulement. Fait intéressant, ils font de la culture BIO et leur jardin se situe à la Corbeille d’art.

En terminant, précisons que toute personne qui veut parfaire ses compétences en lecture et écriture peut s’inscrire, et ce, en tout temps. Le CAPE est situé au 520 Élizabeth.

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