Bilan météo – Hiver 2011-2012 : saison écourtée, dégels et chaleur

Par superadmin

La saison hivernale 2011-2012 s’est fait attendre avec l’arrivée tardive le 12 janvier de la première tempête de neige dans le sud du Québec. À l’opposé, la fin de la saison a été précipitée avec des températures extrêmement chaudes dès la mi-mars. Cet hiver a également été marqué par plusieurs épisodes de pluie verglaçante et de nombreux dégels dont le dégel intense et hâtif amorcé depuis le 17 mars dernier. Avec des températures de 15 à 25 degrés plus élevées que la normale, des records historiques ont été établis dans la plupart des régions où on assiste à un réveil précoce de la nature. La neige, encore très présente au nord du fleuve, fond à un rythme accéléré, provoquant une crue des eaux beaucoup plus hâtive et plus rapide qu’à la normale, ce qui cause des inondations dans plusieurs régions.

Températures

Dans l’ensemble, les températures ont été normales dans l’est et le nord du Québec, douces dans le centre et très douces dans le sud et l’ouest. De nouveaux records saisonniers ont été enregistrés au Témiscamingue, avec une température moyenne de -6 degrés, et en Abitibi et à Sherbrooke avec des températures diurnes respectives de -4,1 et 0,3 degrés. Les plus fortes anomalies ont été observées en Abitibi avec 4 degrés de plus en moyenne le jour et de 6 degrés de plus la nuit. Le record quotidien le plus impressionnant a été enregistré à Val d’Or le 20 mars avec une température de 24 degrés, soit 25 de plus que la normale de -1. Le dernier record avait été établi en 1976 avec une température de 11,1 degrés. Le nombre de jours de dégel a été 50 % plus élevé que la normale dans l’ensemble, sauf dans l’est et le nord du Québec. Montréal en a connu 42 au lieu de 27, et Québec, 30 au lieu de 20.

Précipitations

Le total des précipitations (neige et pluie) a été sous la normale presque partout, particulièrement sur la Côte Nord où on a enregistré un déficit de plus de 50 %. De façon générale, il y a eu 25 % moins de quantité de neige et deux fois moins de jours de neige et de pluie sur l’ensemble du territoire. Ainsi, le couvert neigeux au sol a été de 30 % à 50 % moins épais que la normale. Plusieurs régions ont aussi connu des épisodes de verglas importants avec des accumulations de 5 à 10 mm; les 23 et 24 janvier dans le Bas-Saint-Laurent, en Gaspésie et sur la Côte-Nord, les 27 janvier et 1er février dans le sud du Québec et le 16 février aux Îles-de-la-Madeleine où les 30 mm de verglas ont occasionné d’importantes pannes d’électricité et causé des dégâts considérables. Rappelons qu’en date du 1er février, le nombre d’heures et de jours de pluie ou de bruine verglaçante avait déjà atteint 100 % de la normale pour tout un hiver.

Un printemps hâtif

À l’instar de l’automne et de l’hiver, le printemps s’est amorcé de façon exceptionnelle avec l’atteinte ou le dépassement de records de températures presque partout au Québec. Cependant, avec plus de six jours de températures estivales, ce qui distingue particulièrement cette « canicule » printanière, c’est sans contredit sa combinaison intensité-durée-superficie. Soulignons que le phénomène couvre toute l’Amérique du Nord et qu’au Québec, des anomalies de 20 degrés ont été enregistrées jusqu’en Abitibi. En 130 ans de données météo, jamais des anomalies aussi fortes sur une si grande superficie n’ont été enregistrées.

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