Le «Nouveau départ» d’Alain Gignac

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Par Michel Scarpino
Le «Nouveau départ» d’Alain Gignac
(Photo : courtoisie)

CULTURE. L’album «Nouveau départ» d’Alain Gignac est le plus personnel qu’il ait produit jusqu’à présent, autant dans les arrangements, la musique que les textes.

D’entrée de jeu, le Latuquois l’avoue, certaines chansons de l’album mijotent depuis longtemps, certaines ont même été écrites il y a plusieurs années, mais il n’était pas prêt à les livrer. Les circonstances auront voulu que ça se fasse en 2020.

«La plupart des matins», par exemple, aurait dû se retrouver sur l’album «Un ben drôle d’homme» de 2008. Le contexte de cette année la ramène à l’ordre du jour. «Les gens travaillent de chez eux et se posent des questions: est-ce que je fais le bon travail dans ma vie?» analyse Alain Gignac.

La chanson titre «Nouveau départ» a été écrite avant la période du confinement. «Elle parle de remise en question. Les remises en question, on les avait, de façon personnelle avant, mais je pense qu’il y a des remises en question qui se font collectivement (aujourd’hui)», ajoute-t-il.

«Quand ça ira mieux» est le premier extrait distribué aux stations de radio pour diffusion et rendue disponible pour téléchargement. Une chanson qu’il dit très d’actualité, en période de pandémie, où des conjoints se retrouvent éloignés, où des parents ne peuvent pas voir leurs enfants. La chanson est pratiquement faite sur mesure pour sa blonde, en France, qu’il n’a pas vue depuis presque quatre mois. «Je ne voulais pas en faire une chanson triste», nuance Alain Gignac. Le rythme, soutient-il, est parfait pour les stations de radio.

Le titre Mamo est interprété avec Sakay Ottawa, avec qui il s’est lié d’amitié. Il s’agit d’une chanson écrite lors d’une série de quatre spectacles dans le cadre du centenaire de La Tuque, en 2011. Alain Gignac était alors sur scène au Complexe culturel. «Je l’ai écrite dans la nuit du samedi et le dimanche matin, Sakay venait la répéter avec moi. On était en show le dimanche […] Il m’a appris à chanter en Atikamekw ce matin-là, à prononcer les mots et l’après-midi, on la faisait devant 500 personnes. Elle a une super belle histoire, cette chanson-là, je voulais la mettre sur l’album», révèle-t-il.

25 musiciens ont participé à son projet. Les mesures sanitaires ont un peu compliqué les choses: «Il a fallu qu’on s’ajuste et que chacun travaille de chez lui. Le mixage a été du gros travail et en même temps, ç’a été super le fun, parce que ç’a été nouveau pour tout le monde». En plus de ses musiciens habituels, d’autres se sont ajoutés à son projet.

L’avantage: on a eu le temps de peaufiner tous les arrangements de l’album. «Tourner le négatif en positif», n’arrête pas de répéter l’auteur-compositeur-interprète. Il a vu juste, son album est probablement un de ceux qui lui ressemblent le plus.

Le son d’Alain Gignac

Même si les rythmes peuvent être différents d’une chanson à l’autre, «Nouveau départ» veut conserver le son et la chaleur qui nous font apprécier Alain Gignac. Demeurant dans le folk, l’album va chercher quelques teintes de rock progressif, de l’avis même de l’auteur.

«C’est mon troisième album en studio, j’en ai fait un «live», à Paris. Les gens disent, on te reconnaît, mais celui-là est plus personnel, parce que j’ai pris le temps de faire les arrangements moi-même […] il y a ma touche personnelle dans chaque chanson».

Un album qui implique plus d’instruments, même s’il est à la fois plus épuré.

La cause des femmes

Alain Gignac laisse une large part aux femmes dans «Nouveau départ». Il ne se contente pas de créer des mélodies accrocheuses, mais, aussi, passe des messages. La cause des femmes l’interpelle.

«Il y a des femmes qui prennent la parole pour les femmes, mais des hommes qui prennent la parole pour les femmes, c’est plus rare», confie Alain Gignac.

On y entend des voix de femmes de différentes nationalités qui se mélangent dans «Je rêve (Ni asperimon)». «Je l’ai gardée au féminin, même si c’est moi qui la chante, parce que je me dis qu’un jour peut-être des femmes vont la chanter».

Un texte était déjà prévu pour aborder la condition des femmes autochtones, ce, avant l’affaire Joyce Echaquan.

Les spectacles

Alain Gignac est un gars de spectacles. De son propre aveu, il ne fait pas que chanter sur scène, il se raconte également. Il se désole de devoir annuler ses prestations, mois après mois.

«On prend notre mal en patience, mais on a hâte. Ce n’est pas juste le côté monétaire, mais le fait d’être sur la scène aussi. Quand tu es sur la scène, tu rencontres ton monde, tu vends des albums, tu es avec tes musiciens», laisse-t-il observer.

Si le plus clair de ses spectacles est présenté en France, il aime bien chanter au Québec. Et quand on lui pose la question s’il souhaite monter sur scène devant le public latuquois, il répond avec enthousiasme. Il aimerait présenter ses chansons sur la scène des Jeudis centre-ville, quand l’industrie du spectacle reprendra de la vigueur, au Complexe culturel également.

L’album est disponible sur les plateformes de téléchargement ainsi que sur le site web d’Alain Gignac.

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