Berthe Beauchamp-Issa atteint 105 ans

Photo de Michel Scarpino
Par Michel Scarpino
Berthe Beauchamp-Issa atteint 105 ans
Mme Berthe Beauchamp-Issa célèbre ses 105 ce mercredi 7 avril (Photo : courtoisie)

ANNIVERSAIRE. À maintenant 105 ans, Berthe Beauchamp-Issa incarne certainement une véritable force de la nature. Non seulement elle dispose encore d’une santé enviable, mais elle vient de vaincre la COVID-19.

Elle célébre son anniversaire le 7 avril. Un grand jour pour celle qui atteint un âge auquel elle ne songeait même pas quand elle était toute jeune. «Je pense qu’il m’a oubliée», blague Mme Issa.

Quand on lui demande ce que ça lui fait que d’atteindre 105 ans, elle répond du tac au tac: «ça fait pesant. Je ne suis plus capable de danser le Charleston, mais j’ai encore ma mémoire».

«Des gens de 105 ans, il ne s’en promène pas ben gros dans les passages», rigole-t-elle ensuite.

La mémoire, dit la dame, est un gros morceau à conserver. Elle travaille d’ailleurs régulièrement pour garder bien active cette faculté, parce que, veut, veut pas, le temps fait son œuvre. Elle fait assidûment des mots cachés, de la lecture et du casse-tête. Elle s’est fait quelques amis à sa résidence, une proche aidante lui rend visite de façon régulière et l’accompagne à la salle à dîner pour les repas, ce qui lui permet de conserver son autonomie.

Rien qu’à jaser avec elle, on le réalise vite: sa bonne humeur est intacte. Cette femme a eu du plaisir dans la vie et a transmis cette joie de vivre à sa progéniture. À son 100e anniversaire, elle attribuait sa longévité à son positivisme et elle le fait encore aujourd’hui: «Je ne dramatise pas, je prends la vie comme elle vient».

«On ne peut faire autrement que de prendre son exemple et se dire qu’à chaque jour suffit sa peine», confirme sa fille Josée Issa.

Berthe Beauchamp-Issa habite à la résidence des Bâtisseurs depuis deux ans. Elle se rappelle très bien y être entrée, un 27 juin. Elle y adore sa vie: «Ça se passe bien, on est bien traités».

 Survivante de la COVID-19

On le sait, la COVID-19 s’est frayé un chemin jusqu’aux Bâtisseurs et a atteint Mme Issa. Mais cette dernière s’en est bien tirée et elle est de retour dans son appartement où elle vit de façon assez autonome: «J’ai été à Nicolet 12 jours et on m’a bien soignée. Quand ils m’ont retournée ici, j’étais bien, je ne faisais plus de température.»

Sa fille Josée est parmi ceux qui ont maintenu le contact avec elle pendant cette inquiétante aventure. «On pouvait l’appeler, avoir des nouvelles, tous les jours. Les résidents, là-bas, avaient le téléphone dans leur chambre et on pouvait les appeler n’importe quand, autant de fois qu’on voulait. Quand on voulait des renseignements sur son état de santé, on avait, soit la réponse immédiate, soit un appel dans la journée, pour nous rassurer, pour répondre à nos questions», a-t-elle indiqué, visiblement reconnaissante.

Une famille tissée serrée

La famille est sa grande fierté. «J’ai de bons enfants. Ça y fait beaucoup. J’ai des enfants qui sont très unis. C’est ma joie de vivre», ajoute la centenaire. Ses 72 descendants directs, à travers cinq générations, lui tiennent beaucoup à cœur, un élément qu’elle tenait à faire ressortir.

Native de St-Donat, dans les Laurentides, Berthe Issa est arrivée à La Tuque en 1956 avec son mari affecté à la construction de la centrale Beaumont d’Hydro-Québec. Elle a élevé ses 10 enfants à La Tuque, une ville dont elle ne repartira plus jamais. Elle a connu la ville sous un aspect différent de celui d’aujourd’hui, avec le Collège St-Zéphirin, devenu l’école Eugène-Corbeil (l’actuel Complexe culturel) de même que les écoles Saint-Michel, Saint-François, Desbiens et Centrale, alors que les écoles Champagnat et Marie-Médiatrice n’étaient pas encore construites.

«Elle donne de l’espoir»

Pour la directrice générale de la résidence des Bâtisseurs de La Tuque, Manon Côté, c’est une grande fierté de côtoyer Mme Issa.

«Elle donne de l’espoir aux gens, de vivre longtemps et en santé», laisse-t-elle entendre.

Mme Côté salue sa philosophie de prendre la vie avec un grain de sel. «Cette dame est tellement bien entourée par sa famille, a-t-elle aussi remarqué. Car ça n’a pas été facile pour nous de protéger nos résidants en les limitant de voir leurs familles à cause de la COVID-19».

Un hommage lui sera rendu le jour de son anniversaire aux Bâtisseurs. Après tout, on n’a pas tous les jours 105 ans.

Partager cet article
S'inscrire
Me notifier des
guest
0 Commentaires
Inline Feedbacks
Voir tous les commentaires