Lettre aux gens de la Mauricie
En 1989, une jeune fille de 23 ans de La Tuque vouée à un bel avenir, Annie St-Arneault, tombait sous les balles d’un tueur fou à l'École Polytechnique de Montréal, en même temps que 13 autres jeunes filles dans la fleur de l’âge.
Cet individu, Marc Lépine, a mis fin aux espoirs de ces filles et de leur famille. Il a posé ce geste horrible parce qu’il possédait des armes et des munitions sans n’avoir jamais été contrôlé par qui que ce soit.
Après les deuils terribles, les douleurs et les larmes, la vie a continué. De cette tragédie est né au Québec l’idée, le concept, que nous devrions, pour éviter d’autres tragédies de ce genre, doter nos gouvernements et nos corps de police d’un outil qui leur permettrait de connaître qui possède des armes, de quelles sortes, de quels calibres, tout ça bien sûr pour aider nos forces policières à prévenir et empêcher d’autres drames de ce genre.
Le registre des armes à feu est ainsi né d’une volonté des parlementaires canadiens.
Il a connu des ratés, a coûté cher, n’est pas parfait, mais demeure encore le meilleur outil pour éviter d’autres morts inutiles, ne serait-ce qu’une seule.
Alors quand j’entends des gens de chez nous me dire qu’ils vont voter Harper, parce qu’il veut abolir le registre des armes à feu, j’en ai le frisson et je me demande si c’est ce que les gens de la Mauricie veulent vraiment.
Il me semble que nous pouvons aimer la chasse, mais quand même accepter certaines contraintes reliées à la possession d’armes à feu. Il me semble que nous pouvons aimer nos forêts, nos activités et nos loisirs, mais que nous devons en tout premier lieu, aimer et protéger nos enfants, notre avenir et surtout se souvenir de
Annie.
Alors, gens de la Mauricie, pensons-y bien avant de voter pour les conservateurs de
Harper, soyons cohérents dans nos choix et gardons en mémoire ce terrible événement qui a coûté la vie à plusieurs jeunes filles innocentes. Pour moi en tout cas, c’est tout réfléchi, je n’en suis tout simplement pas capable, parce que ma mémoire, mon coeur et ma raison ne me le permettent pas.
Justine Perron
Tante d’Annie St-Arneault
La Tuque