Voici le bac à compost que les Latuquois peuvent acheter à la municipalité. (Photo L'ÉCHO de La Tuque)
Le compostage domestique
Pour mieux gérer les matières résiduelles
Collaboration S.E Wilfried Tchekpo et Anna Laberge
(Jeunesse Canada Monde)
Les populations latuquoises ne pratiquent pas le compostage domestique; du moins, elles sont comptables du bout des doigts celles qui le pratiquent. Des participants au programme «Environnement et Développement communautaire» de Jeunesse Canada Monde (JCM) et de SYTO-BENIN ont fait le constat. Raison évoquée : le service n’est pas fourni par la ville.
Les matières organiques constituent 41 % des déchets domestiques. Or elles sont fondamentales pour le compostage. Pourtant, ni la municipalité, ni les populations (en grande partie) n’y ont pas encore adhéré; bien qu’il soit facile à faire et assez économique. Surtout que la ville dépense 87 $ pour le traitement d’une tonne de déchet envoyée à St. Etienne-des-Grès, dépotoir situé à 150km de la ville.
Encore que selon un article publié le 19 décembre 2007 dans l’Écho de Maskinongé, ce site accueille déjà trop d’ordures. La régie de gestion de matières résiduelles de la Mauricie a même failli refuser les demandes d’enfouissement des villes de Sherbrooke et de Gatineau. Dans le même temps, une étude montre qu’entre 1994 et 2006, la production de matières résiduelles des Québécois a bondi de 7 à 13 millions de tonnes. Conséquence : les municipalités payent de plus en plus cher pour se débarrasser de leurs déchets.
La municipalité de La Tuque est bien consciente de la nécessité de faire du compostage. Mais la taille de la ville (15 000 habitants) est très petite pour un investissement lourd comme l’exige la réalisation du dispositif de compostage municipal. Alors, la mairie privilégie et encourage le compostage domestique. Aussi, a-t-elle commis la compagnie Nova Envirocom le 9 juillet 2007 pour une formation dans ce sens. Mieux, elle a subventionné l’achat des bacs de compostage à plus de 50 % (lors de la formation, 90 bacs ont été vendus à 20$ l’unité au lieu de plus de 50$). Et pourtant, le compostage est toujours désiré dans les foyers et même dans certaines structures de la ville.
C’est la dernière des préoccupations dans les trois écoles primaires, dans l’école secondaire Champagnat et à l’œuvre de la soupe. Tous attendent que l’initiative émane de la municipalité. Au Centre de Petite Enfance Premiers Pas, l’initiative n’a duré que le temps d’un feu de paille; il n’y avait personne pour s’en occuper et pas de débouché pour le produit fini. L’usine Smurfit-Stone fait des efforts (90% des 100 tonnes de biosolides produits par jour sont récupérés); mais le compostage reste toujours absent des foyers.
Pour susciter davantage les populations à composter, la mairie se dit disposée à relancer la formation avec la compagnie Nova Envirocom, et ce courant octobre, si et seulement si la population en montre l’intérêt. Des bacs seront encore disponibles. Les participants de JCM suggèrent que la mairie recherche aussi un débouché pour le produit fini et qu’il soit pensé la mise sur pied d’association de bénévoles pour le compostage. C’est un défi qu’il faut oser se donner. Au nom de l’environnement!