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L'Écho de La Tuque
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Plus de 120 km par jour pour se rendre à l'école

Patrick Vaillancourt par Patrick Vaillancourt
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Article mis en ligne le 15 août 2008 à 14:36
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Plus de 120 km par jour pour se rendre à l'école
Les sœurs Madyson et Moly Martel-Côté doivent voyager plus de 120 km par jour depuis maintenant 6 ans afin d'aller à l'école Champagnat de La Tuque puisque 60 km séparent Lac-Édouard et la Tuque. (Photo L'ÉCHO de La Tuque)
Plus de 120 km par jour pour se rendre à l'école
L'école primaire de Notre-Dame-des-Neiges de Lac-Édouard a été fermée à la fin de l'année scolaire 2003 par la Commission scolaire de l'Énergie. À l'époque, il restait une année à faire à Moly et Madyson Martel-Côté afin de compléter leur primaire. À la rentrée scolaire en septembre 2008, elles amorceront leur sixième année consécutive à voyager plus de 120 km par jour pour aller à l'école secondaire Champagnat à La Tuque alors qu'elles entameront leur 5e secondaire.
En 2003, les résidents de Lac-Édouard s'opposaient à la fermeture de leur école. Ils voulaient préserver les enfants du primaire de deux heures de route par jour à bord d'un autobus scolaire roulant sur la route cahoteuse du Lac-Édouard; prévenir un départ de la maison trop précoce, soit à l'âge de la maternelle, et maintenir l'école ouverte pour attirer les jeunes familles.

Mauricie Express a voulu connaître comment la famille Martel-Côté a vécu cette transition.

«Je trouvais ça plate à l'époque parce que l'école était à côté de chez nous, soutient d'entrée de jeu Moly Martel-Côté, 15 ans. On dînait à la maison tous les midis, on arrivait de bonne heure… Et là, on doit voyager une heure le matin, on dîne à l'école. Dans le fond, on est toujours à l'école. Les journées sont longues.»

«Mais d'un autre côté, j'étais contente parce que je savais que j'allais voir plein de monde, poursuit-elle. On ne connaissait personne quand on a commencé l'école à La Tuque, mais on s'est vite fait des amis. Ma sœur et moi jouons au basket-ball avec l'équipe des Vikings.»

«Quand nous avons commencé à faire le voyage Lac-Édouard La Tuque, on était trois dans l'autobus. Mais c'était aussi plaisant d'être juste trois à l'école de Lac-Édouard parce qu'on était privilégié», ajoute la cadette de la famille.

«Pour moi, c'est comme ma sœur, mes opinions sont partagées. Je suis contente d'aller à l'école de La Tuque et voir beaucoup de monde et j'aimerais aussi aller à l'école à côté de chez moi», approuve Madyson, âgée de 17 ans.

Quelle est la journée typique d'un jour d'école pour les sœurs Martel-Côté? «On se lève à 5 h 50 -5 h45. L'autobus passe au village vers 7 h 15, on arrive à l'école à 8 h 15 et les cours commencent à 9 h. On dîne à l'école, on termine nos cours à 16 h et à 17 h environ, on est de retour à la maison», explique Madyson.

«Et ça, c'est quand les filles n'ont pas de pratique de basket, ajoute la mère Suzanne Martel. Quand il y a une pratique, on mange en vitesse à la maison, et on retourne à La Tuque en auto pour la pratique, et on revient par la suite.»

Si on fait un calcul rapide, 2 heures par jour, à cinq jours par semaine; les deux sœurs sont dans l'autobus à raison de 10 heures par semaine. «Moi, je commence à être tannée pas mal, lance Moly. C'est long 10 heures perdues par semaine. Cette année, nous serons quatre dans l'autobus pour voyager.»

Mais comment était l'ambiance à l'école de Lac-Édouard alors qu'elles n'étaient que trois? «C'était tranquille, répond Moly en riant. On apprenait la même matière, mais disons que les cours d'éducation physiques étaient plutôt tranquilles. Faire des jeux à trois… On jouait à cachette partout dans l'école! Mais c'était trippant d'être trois dans une classe! Souvent, on se dépêchait à faire la matière le matin, puis l'après-midi, on faisait des arts plastiques par exemple.»

Et comment la mère a vécu la situation de laisser partir ses filles à plus de 60 km de la maison chaque jour, elle qui avait même déclaré à L'Écho en mai 2003 qu'elle ne voulait pas que ses filles voyagent? «J'ai pleuré et j'ai senti un détachement. Je ne trouvais pas ça drôle du tout, exprime Mme Martel. Non, je ne le prenais pas. J'étais toujours avec mes filles. Aussitôt qu'il y avait un petit quelque chose à l'école ici, on pouvait y aller. Mais on n'a pas eu le choix de faire avec. On n'était pas pour ne plus les envoyer à l'école non plus. Là, il a fallu s'adapter avec les lunchs. On ne savait pas ce qui se passait à l'école. Puis, on devait les faire garder parce que le primaire finissait avant le secondaire, et l'autobus attendait tous les jeunes. J'aurais aimé qu'elles terminent leur primaire au Lac-Édouard. Commencer les voyages au secondaire, ça aurait été moins pire.»

«La garderie… ça été la pire année de ma vie», avoue la jeune Moly.

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