Encadrant le sous-ministre de Forêt Québec, Gilles Désaulniers, on retrouve le président et le directeur général de l'Association forestière de la Vallée du Saint-Maurice, Jacques Pinard et René Charest.
Réforme du régime forestier: l'inquiétude est palpable en Mauricie
L'AFVSM tient un colloque sur le Livre vert
Un colloque sur le Livre vert du ministère des Ressources naturelles et de la Faune, qui propose une modernisation du régime forestier actuel, a réuni 150 intervenants le 2 mai dernier à la Cité de l'énergie. Une réforme nécessaire mais qui suscite des inquiétudes.
D’entrée de jeu, le président de l’Association forestière de la Vallée du St-Maurice, hôte du colloque, Jacques Pinard a rappelé que, à l’occasion du récent Sommet sur l’avenir du secteur forestier québécois, les partenaires avaient fait consensus sur le besoin de réformer le régime forestier.
«Le ministère des Ressources naturelles et de la Faune est engagé dans la refonte de la Loi sur les forêts vieille depuis 20 ans. Il a rendu public un Livre vert qui avance des principes et des valeurs et ce colloque vise à connaître la réaction des partenaires du milieu forestier», a-t-il dit. L’animation de la journée avait été confiée à Jean-Pierre Jolivet, ex-ministre délégué aux Forêts et artisan de l’actuel régime forestier.
Représentant de l’Association des entrepreneurs en travaux sylvicoles, Fabien Simard a signifié que la confiance du public dans la gestion forestière est essentielle pour tout changement au régime forestier. «C’est à nous de leur prouver que nous avons tous les outils en main pour réaliser ce mandat», a-t-il dit. Sans cette confiance, il sera impossible de travailler en forêt.
Puis, le directeur de la Conférence régionale des élus de la Mauricie a expliqué la composition et le rôle d’une éventuelle instance régionale qui serait responsable d’assurer une gouvernance adéquate de toutes les ressources du milieu forestier.
Pierre Lefebvre, de la Fédération des gestionnaires de ZECs, et Jonathan Leblond, de la Fédération des pourvoiries du Québec, ont brossé un portrait économique de la faune et du récréotourisme en Mauricie. La multiplicité des droits consentis et la gestion historiquement sectorielle des différentes ressources restent des défis importants à relever. Ils craignent que le Livre vert contribue à les marginaliser en tant qu'«autres utilisateurs» et déplorent le fait d’exclure la concertation dans les zones de production forestière intensive.
Les industriels sont inquiets
Parlant au nom des industriels régionaux, Luc Moreau s’est dit inquiet face à la stabilité des approvisionnements, au contrôle des coûts de la fibre et à la reconnaissance de leurs investissements en forêt. «Le coût de la fibre constitue un élément extrêmement important pour assurer la compétitivité de l’industrie forestière car ce coût représente environ les deux tiers du prix du produit fini.» Les positions de ce groupe suggéraient une analyse d’impact à l’échelle de la Mauricie pour évaluer les changements proposés.
Cette conférence a été suivie par celle de Gilles Désaulniers, sous-ministre de Forêt Québec. Celui-ci a réitéré le besoin de revoir notre manière de gérer la forêt et a défendu les changements proposés. Selon lui, «le Livre vert permettra d’améliorer la performance des entreprises d’exploitation et de transformation de la matière ligneuse et celles liées à la faune et au tourisme.» La Mauricie présente une diversité de défis parmi les plus intéressants pour les instances régionales proposées dans le Livre vert.
En conclusion, les discussions ont porté sur l’importance d’une mainmise plus directe de la région sur la mise en valeur de ses ressources, le regroupement des ressources et des forces vives, l’amoindrissement des problématiques liées à la planification forestière et à l’harmonisation des usages, la mise en œuvre d’une gestion intégrée des ressources et l’instauration d’une culture forestière générant la confiance en l’avenir de la foresterie régionale.
Les personnes présentes au colloque étaient issues des milieux industriel, municipal, gouvernemental, para-gouvernemental (conférence régionale des élus et CLD), autochtone, environnemental, forêt privée, utilisateurs du milieu forestier (ZEC, pourvoiries, adeptes de villégiature et de tourisme) et plusieurs sympathisants de la forêt en provenance du grand public.