Question de donner l'exemple à la population, les élus Claude Hénault, maire de La Bostonnais, Réjean Gaudreault, président du Conseil d'agglomération de La Tuque, Nathalie Olsen, président de la SADC, et Larry Bernier, maire de Lac-Édouard, sont prêts à se mobiliser en se retroussant les manches. (Photo L'ÉCHO de La Tuque)
Le Haut-St-Maurice se retrousse les manches
Dévoilement de la planification stratégique
C'est mercredi soir dernier que le fruit de trois années de travail a été présenté au Complexe culturel Félix-Leclerc devant environ 200 personnes. La planification stratégique du Haut-St-Maurice devient un outil de travail essentiel pour la mobilisation en vue du développement du territoire.
Ce nouvel outil de travail répertorie les forces et les faiblesses du Haut-St-Maurice, et un plan d'action sur cinq ans a été établie. La planification est le fruit d'une vaste consultation publique, où plus de 150 personnes impliquées dans le développement du milieu dans différentes sphères d'activité, ont fait part de leur vision du développement de leur région. À partir des discussions et des entrevues effectuées, la firme Zins Beauchesne a préparé un document d'un peu plus de 100 pages qui dresse un portrait complet de la situation dans le Haut-St-Maurice, établit les forces et les faiblesses du milieu, présente un diagnostic, les enjeux, le positionnement et les stratégies à suivre, complété par un plan d'action dans lequel les partenaires du milieu s'engagent à enclencher des changements.
Un économiste de la firme Zins Beauchesne, Pierre Rochon, a présenté le document en ressortant cinq enjeux principaux pour le développement du Haut-St-Maurice. «Cinq grandes orientations ressortent du plan stratégique : renforcer l'attractivité du territoire, améliorer les services à la population, améliorer la dynamique de développement, stimuler le développement et la diversification économique, et assurer le rayonnement du territoire pour attirer des citoyens de tous les âges, des gens d'affaires, des touristes et des villégiateurs. Il est important de retenir que le plan d'action sera mis en œuvre sous la gouverne d'un comité stratégique de développement qui réunit les artisans qui auront à collaborer.»
Selon M. Rochon, un observateur de l'externe, il soutient que ce qui l'a le plus frappé dans l'étude, c'est de voir la chimie qui est à se développer avec le comité stratégique. «Les gens du Haut-St-Maurice travaillaient fort, mais ils travaillaient en silos. Un des éléments clés ressortant du plan est que vous devez mieux travailler ensemble. Le travail d'équipe est incontournable. Nous avons vu d'ailleurs une évolution importante au niveau du travail d'équipe au fil du plan stratégique. Votre force majeure, c'est votre potentiel incroyable de votre territoire avec la forêt à tout usage que vous avez.»
«Les organismes qui forment le comité stratégique de développement ont pris l'engagement de réaliser le plan d'action en signant un protocole d'entente, explique le coordonnateur de la planification stratégique, Marcel Massicotte, de la Société d'aide au développement des collectivités (SADC). Le comité se réunira au moins quatre fois par année. Ce plan n'est pas un document destiné à demeurer sur les tablettes. Vous nous avez fait part de vos idées, nous vous avons écoutés. Pour répondre aux attentes, le plan n'est pas statique. Il faut que ça bouge! C'est maintenant le début de la fin. Nous venons de terminer une étape pour en amorcer une autre.»
La présidente de la SADC, Nathalie Olsen, ajoute: «Il ne faut pas attendre à plus tard, c'est tout de suite qu'il faut bouger.»
Afin que le Haut-St-Maurice soit mieux positionné au Québec, il est proposé dans le plan de se proclamer la capitale du plein air et de la nature. Et selon le maire de La Tuque et président du Conseil d'agglomération Réjean Gaudreault, notre force du passé est maintenant devenue notre faiblesse. «Si on retourne seulement 5 ans en arrière, nous avions une sécurité d'emploi qui était forte dans le Haut-St-Maurice. Et c'est maintenant devenu notre faiblesse. C'est pourquoi nous devons aller vers une deuxième et une troisième transformation pour diversifier notre économie, et ainsi inciter les gens de l'extérieur à venir investir ici. On doit s'attaquer à la relève de l'entrepreneuriat. Il faut enlever cette peur d'avoir peur d'investir.»
Du côté du maire de Lac-Édouard Larry Bernier, ce dernier est convaincu que le développement de la ville centre de La Tuque passe par le développement du territoire du Haut-St-Maurice. «Nous avons une diversité dans notre territoire qui est inexploité.»
Résumé de la planification
Le portrait
En consultant les premières pages du document, nous pouvons d'abord connaître des éléments à propos de notre territoire.
Avec ses 29 697 km2, la Ville de La Tuque est la deuxième plus grande ville du Québec; elle représente 2 % de tout le territoire québécois.
La ressource forestière constitue la pierre angulaire de l'économie de ce territoire qui se distingue par un important couvert forestier dont 90 % appartient au domaine public. L'exploitation forestière côtoie les activités récréatives, fauniques et touristiques.
Caractéristiques socioéconomiques
En 2005, la population du Haut-St-Maurice comptait 15 706 âmes, incluant les réserves amérindiennes de Wemotaci et Opitciwan.
Toutefois, les données et les perspectives démographiques indiquent une baisse de la population importante entre 2001 et 2026, soit 15,8 %.
En 2001, la population active était de 6800, pour un taux d'activité de 54,2 %, soit 10 % plus faible que dans l'ensemble du Québec. Le taux de chômage de 12,8 % est plus élevé qu'en Mauricie (10,2 %) et qu'au Québec (8,2 %).
À l'inverse du Haut-St-Maurice, la population est jeune et augmente dans les réserves autochtones.
L'économie
En 2006, on comptait près de 700 entreprises sur le territoire du Haut-St-Maurice, concentrées principalement dans la ville centre à 85 %, et sont de petite taille (moins de 50 employés) dans 95,5 % des cas.
Le principal employeur, Smurfit-Stone, prévoit que ses effectifs seront réduits à 490 au 1er janvier prochain, soit une baisse considérable de 34 % en rapport avec 2006.
En se basant sur les données de 2001, le ministère des Ressources naturelles et de la Faune estime à 96,3 % le taux de dépendance de notre secteur par rapport à la transformation du bois, soit le 3e plus haut parmi les MRC du Québec.
Les problèmes
Parmi les problèmes soulevés dans le plan, nous retrouvons la décroissance de la population, l'exode des jeunes et des aînées, une absence de relève dans le secteur commercial, et des fuites commerciales importantes.
Les principales faiblesses de notre milieu sont le manque d'ouverture en rapport au développement, une résistance au changement, un individualisme fort dans la communauté et même chez les entrepreneurs, des carences dans l'organisation du développement économique et une absence de synergie avec la communauté autochtone.
Les forces
Parmi les forces énumérées, nous retrouvons notamment le territoire immense, un jardin forestier diversifié et en santé, une qualité de vie exceptionnelle, une population accueillante et engagée dans le bénévolat, des services de santé complets et un large éventail de loisirs à proximité.
Le facteur de succès principal sera de susciter la mobilisation et la concertation.
Si vous voulez vous procurer le plan stratégique de développement, des copies sont disponibles à la SADC, située au carrefour La Tuque.