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L'Écho de La Tuque
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Les parents d'un autiste mort étouffé à l'école veulent que Québec change la loi

Presse Canadienne Article mis en ligne le 19 juin 2008 à 0:00
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MONTREAL - Les parents du petit Gabriel Poirier, un enfant autiste de neuf ans mort étouffé en avril dernier après avoir été enroulé de la tête aux pieds dans une couverture thérapeutique de 17,5 kilos, demandent une modification à la Loi sur l'instruction publique.
C'est en prenant connaissance du rapport de la coroner Catherine Rudel-Tessier que les parents ont appris que leur fils était décédé à la suite de cette mesure de contention imposée par un éducateur de l'école spécialisée Marie-Rivier, de Saint-Jean-sur-Richelieu, en Montérégie.
Me Rudel-Tessier a en effet conclu, à l'issue de son enquête, que l'enfant est mort étouffé parce qu'il avait été enroulé par un éducateur dans une couverture dite "proprioceptive", afin de le calmer.
Gabriel Poirier, qui pesait 24 kilos, avait été placé sur le ventre, les bras le long du corps, et enroulé le visage couvert dans la lourde couverture de 17,5 kilos. On a fait quatre tours pour le contenir.
L'éducateur a ensuite laissé l'enfant seul dans un coin caché de la classe avec une minuterie de 20 minutes. Au bout de ce délai, il a retrouvé l'enfant inerte, le visage bleu, dans un coma profond dont il ne s'est jamais réveillé.
Les parents de Gabriel, Gilles Poirier et Isabelle Lépine, savaient que cette couverture avait été utilisée pour leur enfant mais avaient toujours cru qu'on s'en servait comme d'une douillette, soit étendue sur l'enfant couché, tête découverte. C'est en lisant le rapport de Me Rudel-Tessier qu'ils ont appris la triste vérité.
Ils demandent maintenant à la ministre de l'Education, Michelle Courchesne, d'encadrer sévèrement la contention en milieu scolaire, de la même manière qu'on le fait dans le milieu de la santé.
"Je ne veux pas que son départ, au bout de six, sept mois, ne serve plus à rien, a dit le père, Gilles Poirier, en conférence de presse, jeudi. Je veux vraiment que les gens s'en souviennent pour ne plus jamais que ça arrive."
L'avocat des parents, Jean-Pierre Ménard, a pour sa part noté que le genre de contention dont a fait l'objet Gabriel Poirier aurait probablement été illégal en milieu hospitalier.
"Ca ne peut pas être n'importe qui qui peut faire ça n'importe quand, a dit Me Ménard. C'est réservé à des professionnels précis l'usage de ces choses-là, dans des conditions particulières, avec des protocoles, de la formation, de l'encadrement, de la documentation. Et dans le milieu scolaire, c'est le "free for all". Il n'y a rien. Il n'y a aucune forme de réglementation."
Les parents entendent maintenant poursuivre la Commission scolaire des Hautes-Rivières. Après le décès de leur enfant, les autorités scolaires leur avaient simplement dit que l'enfant avait été trouvé dans le coma après avoir été "sous la couverture".
Se fiant à la version de la commission scolaire, un journal local avait écrit que l'enfant "s'était réfugié sous la couverture".
Pour sa part, la coroner Rudel-Tessier recommande entre autres de ne jamais enrouler un enfant dans ce genre de couverture, lui recouvrir la tête, le placer dans une position d'où il ne peut se sortir facilement ou le laisser sans surveillance. Elle recommande par ailleurs aux fabricants et aux intervenants en autisme de mettre en garde les acheteurs et utilisateurs contre les dangers qui sont associés à ces couvertures.
Elle suggère aussi à l'école Marie-Rivier et à la Commission scolaire des Hautes-Rivières d'en cesser l'utilisation, et au milieu scolaire en général de s'assurer, là où ces couvertures sont présentes, que le personnel en connaisse les dangers et respecte un protocole sécuritaire.
Les couvertures thérapeutiques, habituellement fabriquées avec du sarrasin ou des billes d'acier, sont utilisées depuis plusieurs années pour détendre les autistes et prévenir les troubles de comportement. La coroner Rudel-Tessier note toutefois que leurs bienfaits thérapeutiques ne semblent pas être bien établis scientifiquement.
©Tous droits réservés, nouvelles de la Presse Canadienne

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