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L'Écho de La Tuque
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En perte de vitesse, Harper tend la main au secteur manufacturier et au Québec

Presse Canadienne Article mis en ligne le 6 octobre 2008 à 23:00
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MONTREAL - A une semaine jour pour jour de la tenue du scrutin, le chef conservateur Stephen Harper a misé le tout pour le tout pour séduire à la fois les électeurs inquiets de la crise financière et les Québécois peu impressionnés par les positions des conservateurs en matière de culture.
Espérant freiner la tendance des sondages qui indiquent une perte de vitesse du Parti conservateur, M. Harper a dévoilé sa plateforme électorale, mardi, promettant des investissements de 400 millions $ en quatre ans dans les secteurs automobile et de l'aérospatial.
De plus, pour donner un coup de pouce au secteur manufacturier en crise depuis deux ans, les conservateurs disent avoir l'intention d'abolir les droits de douane sur plusieurs pièces de machinerie et d'équipement importées.
Conscient de la perception d'une tranche de la population qui craint l'approche des conservateurs en matière de culture, M. Harper s'est aussi engagé à mettre au rancart les articles d'un projet de loi controversé sur le financement des émissions de télévision et des films "contraire(s) à l'ordre public". Cette mesure, perçue comme une tentative de censure de la part du gouvernement sortant, avait eu beaucoup d'échos négatifs au Québec.
Lors de son discours présentant son programme, à Toronto, M. Harper a répété que le Canada était mieux placé pour faire face à la crise financière qui secoue la planète. Selon le chef conservateur, la plateforme est à l'image de son approche "réaliste" des derniers mois.
"On va dépenser selon nos moyens, c'est simple. L'alternative de l'opposition n'est pas un plan. C'est la conséquence d'une panique totale. Et ce gouvernement ne va pas paniquer dans une période d'incertitude", a-t-il soutenu, ajoutant qu'en pleine tempête, ce n'est pas le temps de changer de bateau.
Son adversaire libéral, Stéphane Dion, a repris l'image à son compte pour dénoncer ce qu'il considère comme une preuve que les conservateurs n'ont pas de plan pour faire face à un ralentissement économique.
"Stephen Harper a dit: "ne changez pas de bateau au milieu de la tempête". On a un capitaine qui dort sur le gouvernail. Pour les Canadiens, ce qu'il nous faut changer, c'est le capitaine et son équipage", a lancé M. Dion, lors d'une mêlée de presse sur le tarmac de l'aéroport de Vancouver, avant de monter à bord de son avion.
Pour le chef du Nouveau Parti démocratique, Jack Layton, les promesses dévoilées mardi sont rien de moins que des "gestes désespérés de dernière minute" pour faire oublier l'approche de laisser-faire favorisée par les conservateurs.
Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a accusé carrément M. Harper de manquer de sens des responsabilités.
"En improvisant un programme à la dernière minute, Harper a démontré sa fragilité politique et surtout, qu'il n'a rien compris à la fragilité de l'économie", a déclaré le chef bloquiste, de passage à Trois-Rivières.
Dans cette ville durement touchée par la crise manufacturière, M. Duceppe a soumis une liste de 14 propositions pour venir en aide à la fois aux travailleurs et à l'industrie.
Ces mesures comportent en outre des crédits d'impôt remboursables et des prêts sans intérêt pour soutenir l'activité manufacturière, l'industrie forestière et des initiatives pour diversifier les économies régionales.
De son côté, le chef libéral a laissé entendre qu'un gouvernement libéral pourrait hausser le plafond d'épargnes en banque protégé par la Société d'assurance dépôt du Canada (SADC) qui est de 100 000 $ actuellement, sans vouloir toutefois indiquer le montant envisagé.
La présentation du programme complet des conservateurs survient à un moment important de la campagne en cours. Non seulement les conservateurs semblent perdre peu à peu du terrain dans les intentions de vote, la réalité économique vient déstabiliser leur stratégie électorale.
Cette incertitude économique n'a pas freiné pour autant les convictions de quelque 230 économistes qui, dans une lettre ouverte, réclament l'imposition d'une taxe sur le carbone.
D'après eux, on ne peut soutenir une économie saine sans un environnement sain. Et la voie qu'ils proposent est la même que celle offerte par les libéraux et dénoncée sans cesse par les conservateurs: la taxe sur le carbone.
Parmi les économistes signataires de cette lettre, on retrouve des personnalités connues au Québec comme Pierre Fortin. On retrouve aussi le président de l'Association canadienne des économistes et le président de l'International Banking, Economics and Finance Association.
Inspiré par leur sortie, M. Dion a repris leurs arguments lors d'un discours devant ses partisans, à Vancouver. Et il a demandé si M. Harper les traiterait de fous comme il l'a fait en s'attaquant au "Tournant vert" du Parti libéral.
©Tous droits réservés, nouvelles de la Presse Canadienne

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