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L'Écho de La Tuque
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Le directeur Uwe Boll dénonce à son tour le projet de loi C-10

Presse Canadienne Article mis en ligne le 17 mai 2008 à 0:00
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VANCOUVER - Le directeur d'origine allemande Uwe Boll explique qu'il a quitté son pays natal pour échapper au genre de censure qui pourrait découler du projet de loi C-10.
Boll prévient qu'il pourrait de nouveau déménager si cette loi est adoptée.
Boll n'est que le plus récent directeur à condamner ce projet de loi, qui permettrait au ministère fédéral du Patrimoine de refuser de financer les projets jugés inacceptables, même si d'autres agences gouvernementales ont déjà accepté d'y investir des fonds.
"C'est, pour moi, la raison pour laquelle j'ai quitté l'Allemagne", a dit Boll, dont le dernier film, "Postal", est attendu en salles plus tard ce mois-ci.
Il estime que cette loi découragerait les autres cinéastes étrangers qui seraient intéressés à venir travailler au Canada. La loi refuserait, rétroactivement, des crédits d'impôts aux films qui, selon le gouvernement fédéral, vont à l'encontre "de la politique publique".
Boll a expliqué qu'il refuse de soumettre ses scénarios à l'approbation du gouvernement pour obtenir un crédit d'impôt, quand ses productions contribuent à la survie de l'industrie cinématographique canadienne.
"C'est incroyable, a-t-il dit. La raison principale pour laquelle les cinéastes du monde viennent travailler au Canada, c'est qu'ils savent qu'ils auront l'appui automatique du gouvernement."
Avec les dollars canadien et américain à parité, croit-il, le Canada n'a pas les moyens de se payer une telle censure.
"Les Etats-Unis viennent ici et ils tournent ici, a-t-il rappelé. Ils le font à cause du (crédit d'impôt)."
La semaine dernière, David Cronenberg, qui est possiblement le cinéaste canadien le plus connu, a prévenu un comité sénatorial que la nouvelle mesure met en péril la survie de l'industrie cinématographique au Canada.
"La censure est toujours subjective, a-t-il lancé. Il est impossible de prétendre le contraire."
Le directeur Ang Lee et l'actrice canadienne Sarah Polley comptent eux aussi parmi les artistes qui se sont adressés au comité sénatorial pour dénoncer le projet de loi.
Boll croit que cette loi créerait au Canada une sentiment de censure similaire à celui qui prévalait aux Etats-Unis dans la foulée des attaques terroristes du 11 septembre 2001.
"Le Canada avance exactement dans cette direction et c'est dangereux", a-t-il lancé.
La ministre fédérale du Patrimoine, Josée Verner, a quant à elle déclaré que les accusations de censure portées contre le projet de loi sont "complètement erronées".
"Notre gouvernement est déterminé à protéger la liberté d'expression et continuera à appuyer la production de contenu divertissant et de qualité", a-t-elle expliqué par voie de communiqué.
Elle a rappelé que le projet de loi C-10 concerne le Crédit d'impôt pour production cinématographique ou magnétoscopique canadienne, qui ne s'applique pas aux cinéastes étrangers.
La loi ne toucherait toutefois pas un crédit d'impôt distinct, qui encouragerait les cinéastes canadiens et étrangers à embaucher des artisans canadiens.
©Tous droits réservés, nouvelles de la Presse Canadienne

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