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L'Écho de La Tuque
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Dîner de cons à Tout le monde en parle

Bernard Lepage par Bernard Lepage
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Article mis en ligne le 5 février 2007 à 16:41
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Dîner de cons à Tout le monde en parle
Vous avez déjà vu Le dîner de cons? Dans ce film français datant de 1998, on retrouve un groupe d'amis qui se paie chaque semaine la tête d'un con en l'invitant pour souper.
Vous vous en doutez, le con en question est le seul à ignorer qu'on se bidonne sur son compte. Jacques Villeret y joue le rôle d'un comptable qui s'amuse à construire des maquettes en bois d'allumettes. Une bonne comédie comme seuls les Français sont capables quand ils s'y mettent.

Et bien hier soir, j'avais l'impression de revoir une nouvelle version du film en regardant Tout le monde en parle. Guy A. Lepage avait décidé que le <@Ri>con<$p> dominical serait André Drouin, conseiller municipal à Hérouxville et instigateur des «normes de vie» qui ont fait le tour de la planète.

Durant quinze minutes, on a décidé de dépeindre André Drouin comme un inculte aux préjugés gros comme le bras, raciste sur les bords.

Guy A. Lepage n'a pas son pareil pour mettre en valeur un <@Ri>con<$p> et hier soir, le conseiller municipal l'a même aidé à quelques reprises en y allant de déclarations saugrenues et insensées au possible.

Un passage remarqué à l'émission la plus regardée au Québec. Rien pour aider André Drouin, Hérouxville, Mékinac et la Mauricie. Car il ne faut pas se le cacher, le petit village de 1300 habitants sera tantôt - si ce n'est déjà fait - comparé à un petit bled où les immigrés doivent montrer patte blanche avant de passer.

Vous comme moi savons que ce n'est pas le cas mais pas le couple résidant sur le plateau Mont-Royal, ni le musulman qui habite Gatineau.

L'erreur de Hérouxville, et d'André Drouin au premier chef, c'est de ne pas avoir su arrêter lorsque c'était le temps. Arrêter ne veut pas dire retraiter mais dans la vie, chacun à un rôle à jouer et il faut accepter le fait qu'on ne peut les jouer tous. Le conseil municipal avait joué le sien en décrétant une série de «normes de vie». Le débat était lancé et il avait sa place.

Au-delà du caractère maladroit et naïf de certaines de ses normes, il y avait dans le geste de Hérouxville les symptômes d'un malaise partagé par plusieurs citoyens au Québec. Plusieurs ont reconnu la légitimité de l'initiative même si du point de vue légal, la démarche demeure douteuse.

La municipalité s'est dès lors attirée la sympathie de milliers de personnes. L'affaire a cependant pris des proportions gigantesques et à partir de là, le conseil municipal de Hérouxville n'en contrôlait plus tous les leviers. La sagesse aurait voulu qu'on en reste là et qu'on jouisse seulement de la paternité de l'idée.

Vouloir aller plus loin, c'est s'exposer aux requins et hier soir, Guy A. Lepage avait devant lui un poisson à se mettre sous la dent.

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