Raynald Boudreau incite à mettre l’épaule à la roue pour sauver la salle des Chevaliers
« Il est minuit moins une »
Si les Chevaliers de Colomb n’atteignent pas au moins un objectif de 225 des 300 membres prévus au plan de sauvetage de leur salle, elle fermera ses portes le 31 décembre prochain. C’est l’avertissement qu’a servi Raynald Boudreau, porte-parole des Chevaliers de Colomb qui, on le sait, font des pieds et des mains pour sauver ce joyau du patrimoine latuquois depuis plusieurs mois. M. Boudreau était le conférencier invité à la tribune de la Chambre de commerce et d’industrie du Haut-St-Maurice, cette semaine.
Bonnes réponse des commerçants
Jusqu’à présent, une centaine de personnes ont accepté de participer au plan des Chaveliers, qui consiste à donner 240 $ par année, pour trois ans avec possibilité de ristourne. C’est le tiers de l’objectif.
« La réponse des commerçants locaux a été très positive et je vous en remercie énormément », a dit Raynald Boudreau devant les membres de la Chambre de commerce. Mais M. Boudreau a mal caché sa déception face à certains groupes sociaux de la ville, qui n’ont pas tous levé la main quand on leur a demandé de le faire, eux qui, pourtant, ont déjà bénéficié de la générosité des Chevaliers.
Raynald Boudreau, qui sait très bien vendre les objectifs des Chevaliers avait déjà dit il y a quelques semaines qu’il était minuit moins cinq pour la salle. « Maintenant, il est minuit moins une », laisse-t-il planer.
Chauffage
Une tranche majeure du problème financier de la salle des Chevaliers est le chauffage. Rien que l’hiver dernier, il en a coûté 42 000 $ pour chauffer la salle. C’est tellement au-dessus des moyens des Chevaliers qu’ils pensent se tourner vers le chauffage électrique. « On sauverait entre 12 000 $ et 15 000 $ par hiver avec ce type de chauffage », envisage M. Boudreau.
Il n’y a pas que le chauffage, on doit aussi refaire des planchers et plafonds suspendus.
On avait changé les fenêtres, mais cela ne s’est pas fait sans grands coûts, en raison du caractère patrimonial de la bâtisse. On doit par exemple, respecter l’architecture du bâtiment avant de changer des fenêtres et demander une permission gouvernementale. « Ça avait coûté 18 000 $ rien que pour faire des lignes sur les fenêtres », signale le porte parole des Chevaliers de Colomb.
Il y a quelques mois, on avait beaucoup parlé d’une corporation qui devait prendre la salle en mains. Le projet avait avorté, en raison d’une mésentente avec les créanciers sur quelques points d’un plan de relance. On avait aussi parlé d’un projet avec la Société historique de La Tuque, qui lui aurait permis d’occuper le deuxième étage de l’édifice. Un vent de musée avait également plané dans l’air en certains moments.
« Il s’est véhiculé beaucoup de choses qui viennent détruire tout ce qu’on fait pour sauver la salle », a déploré M. Boudreau. Celui-ci espère qu’au contraire, tout le monde se joindra à son groupe pour que La Tuque puisse la conserver.
Construit en 1916, avec une seconde partie érigée en 1922, le bâtiment a déjà abrité une piscine, quatre allées de quilles, une bibliothèque, un fumoir et même un ascenseur « à bras » pour monter les repas vers les 6 chambres du troisième étage. 24 travailleurs y ont eu leur gagne-pain dans les bonnes années de la salle des Chevaliers.