Entrevue exclusive avec Jean Charest
Le chef du Parti libéral du Québec, Jean Charest, était présent en Mauricie pour quelques jours. Lors de son passage à Champlain, le premier ministre du Québec a accordé une entrevue à l’Hebdo. Voici la retranscription complète.
Hebdo: Parlons premièrement des redevances hydroélectriques. L’ADQ en fait son cheval de bataille par l’entremise de leur candidat régional Robert Deschamps, de votre côté que comptez-vous faire pour la Mauricie?
JC: Ce que l’ADQ propose, ça ne tient pas la route. À un certain moment, M. Dumont voulait 25% de redevances, ensuite c’était 14 et ensuite10. Il propose maintenant de privatiser Hydro-Québec. Il ne peut pas privatiser Hydro et en même temps dire qu’il va donner des redevances. Une compagnie privée ne donne pas de redevances aux citoyens; ça en donne aux actionnaires. D'ailleurs, la privatisation d’Hydro-Québec aurait pour effet d’augmenter radicalement leurs tarifs. La position de l’ADQ ne tient donc pas la route, c’est complètement absurde.
Ce que nous voulons, c’est que la région obtienne un appui économique pour créer des emplois. Il doit avoir un effort constant là-dessus, un peu comme nous l’avons fait avec REC Silicon de Bécancour. On a encouragé un investissement de 1,2 milliard$, comme on le fait avec d’autres projets de type industriels. Pour nous, l’important c’est que la région soit appuyée dans ses projets de développement économique, peu importe la nature du projet.
Hebdo: Un des employeurs majeurs de la ville a fermé ses portes récemment, je fais ici référence à l’usine Belgo de Shawinigan. L’autre usine de pâtes et papier, la Laurentide, inspirait plusieurs craintes jusqu’à tout récemment. La fermeture définitive de l’usine de Donnacona a permis le transfert de production vers ici, qu’est-ce que votre gouvernement compte faire pour stopper cette crise forestière?
JC: La décision d’Abitibi Bowater sur les usines de Grand-Mère et de Donnacona est une décision d’affaire de la compagnie. Le gouvernement du Québec ne peut prendre une telle décision pour la compagnie. On peut essayer de mettre sur pied des mesures pour soutenir les emplois le plus possible et c’est ce qu’on a fait. On a mis sur pied un programme de 1,4 milliard$ qui vient en aide aux travailleurs du secteur forestier. Tant que la crise durera, nous serons là pour les appuyer.
Hebdo: Pierre-Michel Auger est votre candidat dans Champlain. Diane Aubut avait pourtant préparé son équipe en vue des élections. N’avez-vous pas peur que cela vienne vous nuire?
JC: Ce que je souhaite pour tous les citoyens du comté de Champlain, c’est qu’ils soient tous bien représentés à l’Assemblé Nationale du Québec. Pierre-Michel Auger a été un très bon député. Son histoire est intéressante pour la campagne actuelle parce qu’il a goûté à l’ADQ et le sentiment qu’il a eu, c’est qu’il s’est senti abandonné par l’ADQ bien avant qu’il décide de changer de clan. En d’autres mots, tout ce que le parti de M. Dumont a promis et présenté en 2007, ça s’est avéré faux. Pierre-Michel vient donc chez nous, car il y retrouve une famille politique qui rejoint ses valeurs. Je suis ici pour dire à la population dans Champlain que Pierre-Michel est un joueur important dans mon équipe et que je le veux à mes côtés à l’Assemblée nationale du Québec.
Hebdo: Vous étiez à Bécancour il y a deux jours, à Shawinigan hier, vous êtes à Champlain aujourd’hui, la Mauricie est donc vraiment importante pour vous aux prochaines élections?
JC: C’est une région importante. En pleine tempête économique, votre région a besoin d’un gouvernement pour qui c’est l’économie d’abord. Un gouvernement qui va mettre les priorités aux bonnes places, surtout au niveau de l’emploi et c’est ce que l’équipe du Parti libéral veut faire.
Jean Charest Photo L’Hebdo/Archives
lucie charlebois
Commentaire mis en ligne le 10 novembre 2008Comme plusieurs d'entre vous, je suis en total désaccord avec le déclenchement des élections fait par monsieur Charest sans motif valable. Conséquemment, je crois que nous nous devons de transmettre un message clair à celui-ci et tout autre politicien tenté de l'imiter en élisant un gouvernement minoritaire autre que libéral.
Les raisons qui motivent cette décision sont de deux ordres. Tout d'abord, un gouvernement minoritaire s'est avéré satisfaisant en ce qui me concerne (tant au provincial qu'au fédéral) puisque les débordements teintés d'arrogance ont ainsi été évités, tout en permettant un fonctionnement plus qu'adéquat.
De plus, monsieur Charest fait preuve d'un manque de jugement évident en déclenchant une élection pour des motifs uniquement partisans dans un contexte de crise économique, fisant en sorte d'éviter de gérer de façon adéquate celle-ci.
Mon vote sera offert à des fins purement stratégique et visera à élire le candidat (adéquiste ou péquiste) qui a les meilleures chances d'évincer monsieur Charest du pouvoir. Je vous encourage à adopter la même stratégie si, comme moi, vous êtes insatisafaits de cette décision de déclencher des élections.