Anna Laberge, d'Edmonton, et Wilfried Tchekpo, du Bénin, conserveront un souvenir magique de leur séjour à La Tuque. Ils partiront de notre ville le 17 novembre afin de poursuivre le programme de JCM au Bénin. (Photo L'ÉCHO de La Tuque)
La rencontre du Canada et du Bénin
Anna Laberge et William Tchekpo participent au programme de Jeunesse Canada Monde (JCM) et vous avez sans doute pu les lire dans nos pages depuis plus d'un mois. Le temps file et le programme de JCM à La Tuque tire à sa fin puisque les 18 participants s'envoleront pour le Bénin le 17 novembre prochain afin d'y poursuivre le programme là-bas, en Afrique. L'Écho a accueilli Anna et Wilfried à raison de deux jours par semaine afin que le tandem réalise leur projet de travail et nous les avons rencontrés avant leur départ.
D'abord, Anna et Wilfried réalisait leur projet de travail avec les médias. «Nous avons pu avoir notre matériel de tournage grâce à la télévision communautaire et André Mercier, affirme Wilfried. On travaillait à L'Écho et à la radio de CFLM. Notre travail était de réaliser des films sur les différents projets de travail des participants. On touchait également au volet environnemental et au développement communautaire.»
Et quel constat ont-ils fait? «Nous avons recueilli beaucoup d'informations concrètes sur l'environnement, poursuit Anna Laberge, une Canadienne vivant à Edmonton. Les organismes communautaires sont très développés pour une petite ville comme La Tuque. La mentalité des gens envers l'environnement est positive. La Tuque est une petite ville, mais les gens font des efforts. Je travaille dans l'environnement et je n'ai pas été déçue ici. Les gens sont prêts à être éduqués et de faire les changements. Je viens d'une grande ville et ce n'est pas encore ancré dans la mentalité des gens.»
«C'est intéressant de savoir qu'ici, les organismes communautaires reçoivent des subventions du gouvernement ou de la municipalité, ajoute le Béninois Wilfried. Il y a un effort environnemental qui est fait, mais l'usine Smurfit-Stone dégage beaucoup d'odeur ce qui pourrait avoir des répercussions sur la santé des gens.»
L'hospitalité des Latuquois
Les 18 participants de JCM sont unanimes : ils ont adoré l'hospitalité des Latuquois.
«L'hospitalité et l'accueil des Latuquois ont été surprenants, affirme M. Tchekpo. Contrairement à ce qu'on peut penser de l'Amérique du Nord et de son individualisme, l'hospitalité est une valeur sociale importante ici. Les gens ont été curieux à mon égard, et plusieurs personnes ont cherché à en savoir plus sur le Bénin, l'Afrique, notre mode de vie… Il existe plusieurs nuances avec le Canada comme l'écart de développement. Concernant l'éducation, tous les enfants vont à l'école ici, mais au Bénin, le gouvernement paye seulement les études primaires. Le gouvernement n'est pas en mesure d'assumer les coûts pour l'enseignement au secondaire. J'ai vraiment aimé l'ouverture des gens d'ici pour discuter. Sans dialogue, il aurait été plus difficile de s'intégrer.»
Même si elle vient du même pays que nous, les Latuquois ont aussi été curieux à l'endroit d'Anna. «Les gens demeuraient surpris d'entendre que je parle le français même si je viens de l'Alberta. Ils me disent que je parle bien le français et c'est gentil. J'ai aimé l'accueil. Peu importe où on allait, dans les magasins ou sur la rue, les gens posent des questions sur nous, même si on est Canadien. Ça fait du bien surtout quand tu es loin de chez toi.»
Et qu'est-ce qu'ils retiendront comme souvenir de La Tuque? «On est bien ici parce que tout est proche, exprime Anna Laberge. La forêt, la nature, tous est accessible ce qui fait de La Tuque une ville confortable. Mais j'aime mieux le rythme de vie d'une grande ville parce que j'aime ça quand ça roule!»
«Pour moi, la ville m'a embarqué dans sa tuque, image Wilfried Tchekpo. Je me suis bien retrouvé ici et je compte bien m'en retourner au Bénin avec ma tuque, dans les deux sens du terme.»
Effectivement, parce que si les Béninois ont apprécié la chaleur et l'hospitalité des Latuquois, ils n'ont vraiment pas aimé la froideur du pays. «J'ai moins aimé la pluie continuelle, poursuit-il. Ça m'embête. C'est bizarre ici parce qu'il y a souvent une petite pluie. Mais en Afrique, quand ça tombe, ça tombe. Le froid aussi j'ai détesté et plusieurs de mes amis en ont ras-le-bol.»
Quant aux habitudes des Québécois, les participants ont-ils goûté à la fameuse poutine? «Oui et j'ai bien aimé, répond Wilfried. J'avais déjà mangé des frites, mais pas avec le fromage et la sauce. C'est très bon. J'ai aimé aussi la lasagne. Mais chez nous, nous mangeons des mets beaucoup plus épicés et salés qu'ici.»
Et du côté d'Anna? «Il y a de la poutine en Alberta, mais ce n'est pas la même qualité qu'ici. Il ne faut pas commander une poutine dans un restaurant. Nous en préparons plutôt une meilleure à la maison.»
«Je remercie les médias latuquois pour leur collaboration, ajoute le Béninois. Il y a plusieurs personnes du Bénin qui m'ont lu par le site Web de l'Écho et qui m'ont entendu grâce à celui de la radio. J'ai conservé toutes les parutions dans le journal et j'en ferais une galerie en arrivant au Bénin.»
«Pour ma part, je n'avais jamais travaillé avec les médias et ça m'a donné une bonne idée de qu'est-ce que c'est qu'un média, affirme Anna Laberge. Je suis vraiment heureuse du résultat de notre projet de travail. Nous n'avons pas eu le temps de nous ennuyer.»