Marco Lethiecq. (Photo L'ÉCHO archives)
Marco Lethiecq a une vision à long terme pour le Haut-St-Maurice
« Après le train du papier, place à celui de l’énergie »
Un des bons exemples, quand on parle du positivisme qui anime les intervenants au développement économique, c’est Marco Lethiecq. Le directeur général de la SADC du Haut-St-Maurice, qui a longtemps dû s’expatrier pour travailler au sein d’institutions financières ces dernières années, a choisi de revenir travailler en Haute-Maurice. Pourquoi? Parce qu’il croit dur comme fer au potentiel de cette région.
«La crise forestière nous affecte, mais il y a une partie de l’économie qui va très bien», a constaté M. Lethiecq.
À ce propos, celui-ci relate le fait que les baby-boomers, qui prennent leur retraite sont remplacés par des jeunes qui décrochent de bons emplois chez Smurfit-Stone, Hydro-Québec ou qui tirent de bons revenus de la construction des centrales hydroélectriques du nord de la région.
Là où c’est plus tranquille, c’est au niveau des emplois forestiers traditionnels, les scieries et papetières. On le sait, les bancs des écoles où l’on enseigne les métiers forestiers se vident et les jeunes désertent les régions parce qu’ils n’y voient pas de perspective d’avenir.
Pourtant, pense Marco Lethiecq, on est assis sur une mine d’or et on n’en a pas conscience.
Lumière au bout du tunnel
Pourtant, l’exercice de planification stratégique mené l’an dernier par toutes les troupes concernées par le développement économique fait deviner que tout n’est pas si sombre pour l’avenir.
«On privilégie le tourisme comme axe de développement», suggère Marco Lethiecq. L’écotourisme constitue une opportunité de développement. « Ça nous prend une auberge cinq étoiles pour une clientèle qui recherche ce type d’hébergement haut de gamme », précise M. Lethiecq qui a noté qu’il existe une clientèle friande de bains finlandais, d’algues, saunas et de thalassothérapie. Pour lui, la rivière St-Maurice est un site merveilleux, qu’il faudra exploiter comme le font les rivières Richelieu ou Outaouais pour les touristes.
Parc des Trois Sœurs
Un territoire de 63 km carrés, constitué à 92 % de terres publiques, sur la rive ouest de la rivière St-Maurice, entre le crique Clair jusqu’au Lac-à Beauce fait l’objet d’un projet de parc régional d’envergure. Le parc des Trois Sœurs mobilise un paquet de gens qui y voient un endroit de prédilection pour les touristes friands de grands espaces. Ces gens travaillent à sa concrétisation, puisqu’on s’en doute, l’endroit est magnifique. On pourra y pratiquer du vélo, randonnées pédestres, camping, baignade, excursion en bateau, kayak et, évidemment, la chasse et la pêche. On pense même à une passerelle pour accéder à ce territoire à partir de la route 155.
Si son ouverture n’est pas pour tout de suite, les étapes y menant se poursuivent toutefois. La firme Genivar a complété une étude, des demandes formulées auprès des ministères concernés et on attend aussi l’accord des Autochtones.
Qu’y verra-t-on? Une auberge? Des sentiers? Chose certaine, le projet est majeur et va faire couler beaucoup d’encre dans les mois à venir.
Biomasse
La biomasse n’a rien d’une façon de faire marginale. Au contraire, Marco Lethiecq y voit une planche de salut pour l’économie régionale. Il va même plus loin : « il y a tout un aspect de l’énergie qui s’en vient ». Même qu’il en sera question lors du Symposium forestier, le 25 novembre. M. Lethiecq a une vision à long terme pour La Tuque et ses environs : « Autant le train du papier nous a traîné pendant 100 ans, celui de l’énergie pourrait nous traîner longtemps ».
Voilà donc une des facettes de ce dont on discutera lors du Symposium. Les entreprises pourraient donc être appelées à moyen terme à voir comment elles peuvent articuler cela.
Sous traitance
Actuellement, une seule entreprise de La Tuque effectue des contrats d’usinage dans les grands centres. À écouter Marco Lethiecq, il n’est pas utopique qu’il devienne monnaie courante pour les entreprises de La Tuque de travailler dans d’autres marchés. Les avantages pour ces marchés d’embaucher des firmes latuquoises? « On fait face à une pénurie de main-d'œuvre. Ici, on est capable d’offrir un produit de meilleure qualité à moindre coût », analyse-t-il. Même avec les coûts de transport et d’éloignement? « Le taux horaire est moins cher, surtout si non se compare avec la Chine, dont les coûts augmentent ».