Danielle Rémillard. (Photo L'ÉCHO de La Tuque)
«Notre région est en train de vivre une reconversion» - Danielle Rémillard
Directrice générale du Centre local de développement (CLD) du Haut-St-Maurice, Danielle Rémillard connaît bien le développement économique régional. Celle qui a coiffé de multiples chapeaux dans les corporations de développement économique, dont le Conseil de développement de la Haute-Mauricie (CDHM), est en mesure de tracer un portrait exhaustif de ce qui s’en vient dans notre région, justement parce quelle y travaille depuis plusieurs années.
Et la reconversion dans laquelle la région se prépare à entrer, c’est en bonne partie l’industrie touristique.
Plusieurs projets sont au four, dans ce que Danielle Rémillard appelle le «grand terrain de jeux» de 30 000 km carrés. Il y a la nature, les lacs, les rivières, un outil qu’il faut développer. Rapidement.
«L’industrie nautique est en hausse, apporte-t-elle. C’est un créneau très important». Celle-ci est convaincue que le projet de balisage de la rivière St-Maurice, avec marina, auquel participent plusieurs intervenants de toute la région, viendra bonifier considérablement l’offre aux visiteurs en mal de grands espaces. 132 km, de Grand-Mère à La Tuque, de paysages à couper le souffle, deviendront encore plus accessibles grâce au balisage.
«Le balisage de la rivière est un bel exemple de collaboration entre des organismes régionaux tels que les SADC, CLD et l’Association touristique régionale», expose Mme Rémillard.
On prépare aussi un projet qui s’appelle à route des rivières, de Maskinongé jusqu’à La Tuque. Vous le voyez venir, l’objectif est de mieux faire connaître nos attraits régionaux, avec comme toile de fond des cours d’eau comme la rivière St-Maurice. Le projet a été présenté à Tourisme Québec et on attend des nouvelles à savoir s’il peut être accepté par l’organisme gouvernemental. Si cette route devait s’arrêter à La Bostonnais, cela n’empêcherait pas de promouvoir les attraits de La Croche et Lac-Édouard, par exemple.
Publicité à grande échelle
Depuis quelques années, le CLD et Tourisme Haut-St-Maurice font entendre la ritournelle « J’ai besoin d’espace » aux quatre coins de la province. Y a-t-il vraiment des retombées de ces campagnes publicitaires? « On le voit sur le nombre des années », fait observer la directrice du CLD. Uniquement au Parc des chutes, la fréquentation a été en hausse de 50 %, rien que la première année. Mais on ne mise pas que sur la pub.
Il faut apporter des nouveautés à sa programmation, de nouvelles expositions, pour que les gens aient envie de revenir, d’une année à l’autre. La grande tour d’observation, dont on attend la première pelletée de terre d’une semaine à l’autre, s’inscrit dans cet objectif.
Le CLD
Depuis deux ou trois ans, les activités du CLD visent beaucoup des dossiers de relève d’entreprise. Le fonds Jeunes promoteurs est venu en aide à de nombreux jeunes qui voulaient se lancer en affaires. Mais il faut faire plus. Ce n’est pas pour rien que le CLD, en collaboration avec le Centre local d’emploi, planche sur un nouveau fonds pour la relève qui pourra leur venir en aide.
«On s’est rendu compte qu’il y a des gens qui seraient bons en affaires, mais malheureusement, leur projet ne peut voir le jour parce qu’ils ne disposent pas suffisamment de fonds pour se lancer. Ça nous permet de nous adapter aux besoins du milieu», affirme Danielle Rémillard.
Bien qu’un organisme comme le Centre Local de Développement soit assujetti à de nombreuses normes gouvernementales, certaines dispositions peuvent être prises localement pour s’ajuster à ce que veut le marché. « J’ai un très bon conseil d’administration », ajoute Mme Rémillard.
Avec ses cinq employés, le CLD est le plus petit de la Mauricie. Mais pas le plus inactif. Multidisciplinaire, chacun des conseillers connaît et manie tous les programmes offerts. Cela permet de consacrer plus d’argent aux différents fonds venant en aide à la clientèle, plutôt qu’à embaucher davantage de conseillers oeuvrant dans un seul champ d’action.
Crise forestière
Comme la majorité des intervenants économiques questionnés sur le sujet, Danielle Rémillard ne semble pas penser que cette crise durera encore longtemps. Cela, parce que des moyens d’action sont mis de l’avant pour contrer ses effets négatifs. «Il ne faut pas baisser les bras. On se dit : qu'est-ce qu’on fait? On s’adapte à la situation.»
Pour Danielle Rémillard, se tracer des priorités vers l’industrie touristique ne signifie pas abandonner l’industrie manufacturière ou le développement social et culturel, mais des priorités ont été établies.