Gérard Desbiens. (Photo L'ÉCHO de La Tuque)
Inondations : les sinistrés s'expriment au conseil municipal
On retrouvait plus de visages qu'à l'habitude mardi soir dernier lors de la séance publique du Conseil municipal de La Tuque alors que la majorité des sinistrés des inondations du 23 juillet dernier se trouvaient sur place. Gérard Desbiens a notamment exprimé son insatisfaction à l'endroit du maire Réjean Gaudreault suite à une sortie publique de ce dernier.
Rappellons qu'à la suite des pluies abondantes des 22 et 23 juillet dernier, les propriétaires de huit résidences du secteur urbain de Ville de La Tuque, aux abords du Centre municipal de ski, ont fait parvenir une demande de réclamation à la municipalité. Le montant des réclamations n'a pas été déterminé par les demandeurs. Selon la Loi des cités et des villes, les personnes devaient faire parvenir une demande de réclamation à la ville dans les 15 jours suivant le sinistre. Ville de La Tuque a transmis ces informations à son assureur, qui étudiera la responsabilité de la ville dans le dossier. De son côté, le maire de La Tuque Réjean Gaudreault souligne que la municipalité ne détient aucune responsabilité quant aux dégâts causés aux résidences.
Toutefois, Gérard Desbiens, ancien conseiller municipal, a souligné au maire Gaudreault qu'il a été blessé par les propos de ce dernier lors d'une entrevue accordée à la radio locale la semaine dernière. «Je m'interroge sur le fait d'avoir été le seul qui a eu le droit à la sortie publique de M. le maire alors qu'il savait pertinemment qu'un recours collectif des sinistrés avait été déposé à la Ville et ce, avant même que nous ne déposions ma conjointe et moi, notre mise en demeure. Si M. le maire avait avisé le journaliste du quotidien régional d'un recours collectif, l'article aurait été différent, et l'intervention de M. le maire aurait été différente à la radio. Ce qui nous aurait permis à ma conjointe et moi, de ne pas se sentir attaqué personnellement. Après avoir subi des dommages considérables à notre résidence, on n'avait pas besoin de se faire attaquer en public.»
M. Desbiens a aussi relevé plusieurs questions en comparaison avec les inondations de 1996. «Pourquoi en 1996, nous n'avons pas été inondés et que l'eau se trouvait sur le terrain de l'école Champagnat? Et cette fois-ci, nous avons été inondés, sans que le terrain de l'école ne soit touché. (…) Nous n'aurions pas envoyé de mise en demeure si notre résidence avait été sur le bord de la rivière Bostonnais. Mais je me demande pourquoi ma résidence a été touchée alors que nous ne sommes pas situés près d'un cours d'eau.»
En réponse aux propos de M. Desbiens, le maire Réjean Gaudreault s'est excusé à l'endroit de l'ex-conseiller municipal. «Je n'ai pas voulu attaquer personne, et si mes propos ont été mal interprétés, je m'en excuse. Toutefois, il ne faut pas accuser la municipalité de tous les maux. Les gestes posés n'indiquent pas qu'il y a eu une négligence de la ville. L'étude de nos assureurs nous dira si la Ville a une part de responsabilités.»
De son côté, une autre sinistrée, Guylaine St-Louis a fait part de ses épreuves difficiles à vivre. «Vous ne pouvez pas rien faire pour nous?»
«La municipalité ne peut rien faire de plus, affirme M. Gaudreault. Si des citoyens veulent lancer un mouvement via la Croix-Rouge pour faire une levée de fonds, ça peut être possible, mais ce n'est pas le rôle de la municipalité d'amorcer un tel mouvement.»
De son côté, le conseiller municipal du quartier touché, Roger Pearson, a souligné qu'il désirait trouver une solution pour aider les sinistrés.
Les dommages
Le ministre de la Sécurité publique a désigné la Ville pour bénéficier du programme général d'aide financière lors de sinistres pour les pluies diluviennes du 23 juillet dernier. Les dépenses pour les mesures d'urgence s'élèvent à 40 750$. L'estimation pour le rétablissement des dommages s'élève à 170 000$, incluant les mesures supplémentaires nécessaires à la protection du barrage Wawagamac. L'évaluation de la participation de la Ville sera d'environ 40%, soit 80 000$.
«Nous allons regarder la possibilité d'assumer les coûts avec nos fonds, sans aller en règlement d'emprunt si cela est possible», a ajouté le maire de La Tuque Réjean Gaudreault.
Plusieurs routes et ponceaux ont été détruits dans la ZEC Bessonne et les dégâts sont évalués à près de 220 000$. La direction de la ZEC compte demander l'aide au gouvernement provincial.
À La Bostonnais, Chantale St-Louis que les dégâts se chiffrent à environ 220 000$. Les dégâts les plus importants sont à la calvette à Barhan et au km 6 du rang Sud-Est.
Coûts des dommages
La Tuque: Total: 210 150$
Participation de la Ville: 79 679$
Participation sécurité publique: 130 472$
La Bostonnais: environ 220 000$
ZEC Bessonne: environ 220 000$
Total pour le Haut-St-Maurice: 650 150$