Au revoir Gaston, bon repos!
Lorsque j'ai été embauché à l'Écho de La Tuque il y a plus de six ans, je ne couvrais pas les affaires municipales. J'ai peu côtoyé Gaston Fortin, mais nous nous rencontrions ici et là, lors de diverses conférences de presse ou d'événements sociaux qui se déroulaient à La Tuque. Mais, une discussion avec l'ex-maire de la ville m'est toujours demeurée en tête.
Je me rappelle que lors de cette semaine hivernale de l'année 2002, il y avait plusieurs conférences de presse et plusieurs couvertures d'événements sociaux à réaliser.
Nous sommes arrivés en même temps pour une conférence de presse qui avait lieu au Complexe culturel Félix-Leclerc, qui est d'ailleurs un de ses bébés.
«Salut Patrick, comment vas-tu?
-Très bien et vous M. Fortin?
-Bien merci! Ça va vite cette semaine dans notre ville, tu ne trouves pas? En tout les cas, ceux qui disent qu'il n'y a rien à faire à La Tuque ont juste à me suivre pendant une journée, et ils vont voir qu'il existe plusieurs choses à faire.»
C'était une insulte pour le maire Fortin d'entendre qu'il n'y avait rien à faire à La Tuque. Depuis son jeune âge, il a toujours été un ardent défenseur de sa ville, même avant sa carrière politique de 21 ans. Gaston Fortin, comme tous les maires, a été aimé, et il n'a pas fait l'unanimité non plus. Mais quel maire l'a été?
Alors que La Tuque était une ville méconnue au Québec, M. Fortin l'a mise sur la map comme on dit, avec la création des 24 heures de nage. C'était l'occasion pour les Québécois d'apercevoir les plus grands nageurs professionnels au monde. Oui, l'événement a servi à vendre ses patates frites diront les mauvaises langues. Mais surtout, les 24 heures de nage ont fait connaître La Tuque.
Avant d'instaurer l'événement, il s'est porté acquéreur de la bâtisse en forme de bateau aux abords du lac St-Louis, afin de la restaurer pour en faire une place destinée aux jeunes. Il l'avait nommé le O-100-20, afin de faire un jeu de mots. Longtemps j'ai pensé qu'il s'agissait du 120, mais non. Le O-100-20 représente une place pour jeunes avec eau et sans vin, un endroit sans alcool. Il fallait y songer!
Et quoi penser de son projet de développement des Arpents Verts? C'est lui le bâtisseur de la Haute-Mauricie avec son lot de 188 terrains qu'il a lui-même conçus. Il aménageait un terrain pour pouvoir le vendre à de futurs propriétaires. Autant la maison, que le puits artésien… Ce quartier en est devenu un des plus beaux de la ville.
L'ancienne journaliste pour le quotidien régional, Hélène Langlais, aujourd'hui directrice générale de la Chambre de commerce et d'industrie du Haut-St-Maurice, me soulignait qu'elle avait un lien étroit avec l'ancien premier magistrat de la ville. Alors qu'elle était en entrevue avec lui dans son bureau à la mairie, M. Fortin s'est levé pour répondre au téléphone.
«Salut Jean, oui c'est Gaston. Parfait on se voit pour faire avancer ce dossier…»
Puis, M. Fortin s'est retourné vers Mme Langlais pour lui lancer qu'il s'agissait de Jean Chrétien, qui était alors premier ministre du Canada.
«Il s'agit d'une anecdote pour démontrer comment Gaston Fortin pouvait être simple», confie Hélène Langlais.
Gaston, tu resteras toujours un ambassadeur pour La Tuque! Toute l'équipe de L'Écho de La Tuque te souhaite un bon repos, tu le mérites bien!
Michel Jean
Commentaire mis en ligne le 8 août 2008Je suis natif de La Tuque mais je vis présentement en banlieue de Montréal. Au cours de ma jeunesse, j'ai fréquenté la salle de danse du O-100-20, comme la majorité des jeunes de mon âge. À l'époque, j'avais 14-15 ans. Cet endroit était bien tenu et constituait un endroit de choix pour les jeunes de La Tuque. Je me souviens du groupr musical Les Mêmes, qui était très professionnel pour l'époque. Merci Gaston pour nous avoir permis de nous retrouver dans cet endroit simple mais accueillant, plutôt que de traîner ça et là dans les rues. Merci aussi pour le 24 heures de La Tuque, qui a contribué à faire connaître la ville.