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L'Écho de La Tuque
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Yves Lambert et le Bébert Orchestra : un vieux renard entouré de jeunes loups

par Alain Michaud
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Article mis en ligne le 5 décembre 2007 à 11:36
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Yves Lambert et le Bébert Orchestra : un vieux renard entouré de jeunes loups
Yves Lambert. (Photo collaboration spéciale)
Yves Lambert et le Bébert Orchestra : un vieux renard entouré de jeunes loups
C’est sous le signe de l’humour et de la poésie que la foule de quelque 200 personnes réunies au Complexe culturel le 30 novembre dernier s’est vue administrer une véritable thérapie par le « reel ».
En vieux renard de la scène qu’il est (il a plus de trente ans de carrière), Yves Lambert a mené avec brio cette « soirée canadienne ». Les quatre jeunes loups qui l’accompagnaient (moyenne d’âge fin de la vingtaine), sont tous des musiciens accomplis, maniant une multitude d’instruments (une douzaine ont été utilisés durant la soirée si on inclut ceux d’Yves Lambert) et chantant en parfaite harmonie. Une très belle complicité régnait en outre parmi cet amalgame faunique, au point où Nicolas Pellerin (violon, pieds, et xylophone), s’est permis quelques chansons en solo, dont « Son p’tit », une chanson à répondre interprétée a cappella que la foule a adorée.

À plusieurs reprises, ce quintette a embrasé la scène à coups de chansons, de chansons à répondre, et de reels endiablés. Comme si cela ne suffisait pas, Yves Lambert a jeté de manière très théâtrale dans ce brasier quelques feux d’artifice sous la forme de tirades politiques et de vers poétiques. À ce chapitre, il a reconnu humblement l’influence qu’avaient eu sur lui de grands poètes de chez nous, tels les Gérald Godin, Gaston Miron et Raymond Lévesque. Bref, il ne manquait que monsieur le curé et le couple aux 50 ans de mariage à cette soirée infernale!

Pour permettre à plusieurs mains de retrouver leur couleur normale (le rouge, c’est joli, mais ça chauffe la peau à force de se les taper l’une contre l’autre…), le Bébert Orchestra y est allé de quelques pièces plus pondérées, dont la mélancolique « L’ange fou », exécutée sous un éclairage feutré, et une version aux consonances blues de « Sa peau », où le violon remplaçait avec une étonnante ressemblance le son de la traditionnelle guitare électrique.

En ces temps d’accommodements raisonnables, Yves Lambert, que l’on surnomme « Bébert » depuis des lustres, aura réussi à creuser le sol sur lequel chaque québécois de souche marche quotidiennement et à retracer la racine folklorique de ses ancêtres. À voir chanter et danser les gens dans cette salle surchauffée d’ambiance, force est de constater que ladite racine est bel et bien vivante.

Pour amender le terrain, le public a eu droit, en première partie, au concert de Noël de l’Harmonie de La Tuque qui a duré une cinquantaine de minutes. Au menu, les classiques de cette époque de l’année, quelques medleys et des extraits de l’incontournable « Casse-Noisette », tous joués de brillante façon et avec enthousiasme. Les gens se sont laissés entraîner en particulier par « Le petit renne au nez rouge » et « La promenade en traîneau » qui les a guidés dans un climat festif. Il semble par ailleurs que la relève soit assurée au sein de l’Harmonie, car plusieurs nouveaux visages ont été repérés, dont un nombre considérable d’étudiants. Somme toute, de belles perspectives pour les années à venir.

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