Une cour vide qui suscite l’inquiétude à l’usine de Rivière-aux Rats

Michel Scarpino mscarpino@icimedias.ca

Une cour vide qui suscite l’inquiétude à l’usine de Rivière-aux Rats
Herman Martel, président du syndicat de PFM et Louis Bégin, président de la Fédération de l'industrie manufacturière (Photo : Michel Scarpino)

EMPLOI.  Le Syndicat des employés de la scierie de Rivière-aux-Rats (CSN) dénonce des problèmes d’approvisionnement en bois de l’usine Produits Forestiers Mauricie (PFM).

 Aux dores d’Herman Martel, président du syndicat et de Louis Bégin, président de la Fédération de l’industrie manufacturière, la cour est vide. Ce manque de bois aura de lourdes conséquences pour l’usine.

» La semaine dernière, c’est avec stupéfaction que l’on nous a annoncé que l’employeur fermera, à partir du 28 mars, le quart de travail de soir prétendant qu’il allait manquer de bois rond. Pourtant, nous avons sonné l’alarme à plusieurs reprises auprès de celui-ci, et ce, depuis le début décembre lui mentionnant que nous allions manquer de bois rond et que nous devrions remédier immédiatement à la situation afin d’apporter les correctifs nécessaires pour éviter une fermeture partielle ou totale de la scierie. » La réponse de Produits Forestiers Mauricie : » On a un plan et nous avons des problèmes d’approvisionnement et d’inventaire dans toutes nos scieries. Aujourd’hui, son inaction dans ce dossier le rattrape et ce sont les travailleurs qui en paient le prix », a déploré M. Martel.

Ce dernier a affirmé qu’il avait manifesté ses inquiétudes à l’employeur, lui qui travaille dans la cour de l’usine. » Je trouvais que l’approvisionnement était de plus en plus bas ». M. Martel rappelle aussi la difficulté d’approvisionnement en forêt, lors du dégel au printemps.

« On a de l’approvisionnement pour faire environ 3 semaines et la période de dégel est de 4 à 6 semaines. Je n’ai pas besoin de vous expliquer qu’il va sûrement y avoir une fermeture. Déjà, on a fermé une faction au complet ».

Pourtant, pense Paul Lavergne, président du Conseil central du Cœur-du-Québec de la CSN, ce ne sont pas toutes les usines qui vivent la même problématique » : « La CSN a fait son enquête, photos à l’appui et toutes les scieries que ce soit en Abitibi, au Saguenay-Lac-Saint-Jean, ou la Côte-Nord, les cours à bois sont pleines à craquer. Pourquoi la scierie de Rivière-aux-Rats est vide et pourquoi Produits Forestiers Mauricie joue avec le gagne-pain d’une centaine de travailleuses et travailleurs qui contribuent à l’économie de la région ? » 

« L’embauche et la rétention de personnel à la scierie restent un problème majeur. Alors que la plupart des entreprises du secteur ont amélioré les conditions de travail de leurs salariés entre autres en bonifiant les salaires, et ce, sans conditions alors que Produits Forestiers Mauricie s’entête à maintenir ses salariés au même taux horaire? Ceci provoque un exode massif de ses travailleurs et un effritement de l’expérience à l’intérieur de l’entreprise », affirme pour sa part Louis Bégin, président de la Fédération de l’industrie manufacturière (FIM).

Pas de perte d’emploi

Le directeur principal, Affaires publiques et relations gouvernementales, chez Résolu,.Louis Bouchard, a tenu à préciser qu’aucun emploi n’a été perdu même si un quart de travail a été supprimé pendant 4 à 6 semaines.

« Ce n’est pas quelque chose qui est permanent et il n’y aura pas de perte d’emploi liée à ce quart de travail », ajoute M. Bouchard.

Il y a quelques semaines, a-t-il précisé, on a augmenté à trois factions de travail la production chez PFM, pour combler les besoins du marché favorable.

« Pour qu’on puisse revenir à un mode de production à deux factions, on va, pendant 4 à 6 semaines, soir une période équivalente à celle où on a produit à trois quarts (de travail) revenir à un quart pour créer un rééquilibrage entre l’approvisionnement, la logistique et notre capacité de production et là, les choses vont entrer dans l’ordre ».

Il n’a pas caché que PFM a effectivement des défis au niveau de l’approvisionnement en bois et du transport.

Au moment où le président du syndicat avance qu’il sort plus de gens de l’usine qu’il n’en n’y entre, Louis Bouchard soutient qu’un ensemble de mesures est mis de l’avant depuis l’année dernière pour intéresser des gens au travail en usine.

« On a modulé nos critères de recrutement », a-t-il indiqué. On sait que l’entreprise a, entre autres, accueilli bon nombre de travailleurs étrangers en ses murs.

 

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