Tarification des collectes de matières résiduelles: les Latuquois n’échapperont pas aux augmentations

Bernard Lepage
blepage@icimedias.ca

Tarification des collectes de matières résiduelles: les Latuquois n’échapperont pas aux augmentations
Justin Proulx, chef de service, aménagement du territoire et urbanisme à Ville de La Tuque. (Photo : L'Écho - Patrick Vaillancourt)

ENVIRONNEMENT.  Alors qu’Énercycle annonçait récemment à ses 39 municipalités membres en Mauricie des augmentations de tarifs de 30% pour la collecte des ordures destinées à l’enfouissement, de 55% pour les matières recyclables et de 57% pour la vidange des fosses septiques, les citoyens de La Tuque doivent s’attendre également à des hausses sur leur prochain compte de taxes. 

Chef de service, aménagement du territoire et urbanisme à Ville de La Tuque, Justin Proulx confirme à L’Écho que les Latuquois ne pourront pas non plus y échapper sans toutefois donner l’ampleur des augmentations qui seront dévoilées lors du dépôt du budget en décembre prochain.

« Nous avons reçu les appels d’offres pour nos contrats de collecte de manutention de transport et ce sont tous des contrats en lien avec l’utilisation de carburant diésel », explique le contremaître. En guise de comparaison, le prix du diésel affichait à environ 2,60$ le litre à la fin du mois d’octobre, soit environ 1$ de plus qu’il y a un an.  

Présentement à La Tuque, il en coûte 280$ (100$ pour la collecte et 180$ pour l’enfouissement) pour les ordures des bacs noirs et 60$ (40$ pour la collecte et 20$ pour le traitement) pour les matières recyclables des bacs bleus. À ceux deux tarifs, Ville de La Tuque ajoute un 25$ pour la gestion des matières résiduelles.

Alors qu’Énercycle annonçait également l’arrivée des bacs bruns pour les matières organiques au printemps 2023, ce n’est pas avant la fin de l’année prochaine ou au début de 2024 que les Latuquois seront desservis. Le gouvernement du Québec a donné aux municipalités jusqu’au 31 décembre 2024 pour offrir le service. « Nous sommes à compléter l’étude qui déterminera le mode de traitement de nos matières organiques », précise Hélène Langlais, cheffe de service aux communications à Ville de La Tuque.

Là aussi, c’est un nouveau tarif qui viendra s’ajouter aux comptes de taxes. Pour les municipalités membres d’Énercycle, la collecte des matières organiques et leur traitement coûteront 110$ par année en moyenne, un montant auquel il faut ajouter une somme de 49$ pour l’achat du bac brun.

Le conseil municipal avait inscrit un montant de 2,9 millions$ dans le programme triennal d’immobilisation (PTI) de 2022 pour l’aménagement de la future plateforme de compostage des matières organiques. « Il n’y a pas eu de règlement d’emprunt et un montant similaire devrait être reconduit pour 2023 », explique Hélène Langlais.

Client d’Énercycle, Ville de La Tuque envoie sur une base annuelle près de 250 camions d’ordures ménagères au site d’enfouissement de Saint-Étienne-des-Grès, environ 80 voyages de résidus de construction (bois, bardeaux d’asphalte, etc.) et près de 85 voyages de camion de matière recyclables.

Compost, feuilles mortes et débris ligneux

Justin Proulx croit que les Latuquois seront réceptifs à l’arrivée des bacs bruns. « Depuis une quinzaine d’années, nous offrons deux formations sur le compostage par année et chaque participant peut repartir moyennant 20$ avec un composteur d’une valeur de 100$ à la quincaillerie. C’est environ 1000 composteurs sur 5000 maisons qu’on retrouve sur le territoire depuis le début de ce programme », rappelle-t-il.

Les citoyens de La Tuque se montrent aussi de bons citoyens corporatifs dans l’acheminement des feuilles mortes ou des débris ligneux à l’Écocentre. Depuis que les statistiques sont compilées, ce sont 33 180 kg en 2019, 29 360 kg en 2020, et 37 290 kg en 2021 de feuilles mortes qui ont été ainsi détournées du site d’enfouissement. Chaque année, elles sont ensuite réacheminées à la Ferme Kroft, Ferme Chez Monica et chez Julio Ouellet dans le but d’être transformées en compost.

Quant au débris ligneux, ils sont déchiquetés une fois par mois et les copeaux de bois ainsi générés servent à colmater les trous et crevasses sur les pentes de la station de ski. Ce qui entraîne des économies sur la fabrication de neige artificielle.

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