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La piste de Casey revit

Plus d’une centaine de pilotes du Québec et de l’Ontario y sont attendus


Publié le 29 août 2017

Du 1er au 4 septembre, des dizaines de mordus de l’aviation du Québec et de l’Ontario se retrouveront sur la piste d’atterrissage de Casey, située à environ 150 kilomètres de La Tuque.

©(Photo Pierre Gillard/www.pierregillard.com)

Ce qui était au départ une rencontre amicale informelle, lancée par un résident de Beloeil sur le forum Pilotes Québec, est devenue aujourd’hui un important happening qui rassemblera une centaine de pilotes en Haute-Mauricie lors du grand week-end de la fête du Travail.

Du 1er au 4 septembre, des dizaines de mordus de l’aviation du Québec et de l’Ontario se retrouveront sur la piste d’atterrissage de Casey, située à environ 150 kilomètres de La Tuque.

La piste abandonnée de Casey n'est pas si loin que ça, c'est juste que les dépanneurs sont loin...

- Pierre Nadon

Plusieurs participants apportent leur équipement de camping pour y passer le week-end.
(Photo gracieuseté Pierre Nadon)

Rendez-vous Aérien (RVA) Camping Casey a débuté en 2013 alors que neuf pilotes s’étaient donnés rendez-vous sur cet ancien aérodrome militaire construit en 1953 par le gouvernement canadien, à l’époque de la Guerre froide avec l’URSS.

De mauvaises conditions météorologiques en 2014 avaient perturbé l’événement mais l’année suivante, ce sont 44 appareils qui s’étaient posés sur la piste de béton, longue de plus de 8000 pieds. En 2016, RVA Camping Casey a véritablement explosé avec la présence de 91 avions, 9 hydravions, 2 bimoteurs et 4 hélicoptères.

Plusieurs participants apportent leur équipement de camping pour y passer le week-end.
(Photo gracieuseté Pierre Nadon)

Devant un tel succès, les organisateurs en prévoient tout autant cette année, sinon plus. Parmi les participants de 2016, on notait le Suisse Bernd Van Doornick (24 000 heures de vol en hélicoptère) et le comédien Gaston Lepage. Un Antonov An-2, le plus gros monomoteur biplan au monde, figurait parmi les avions recensés. Cette année, Van Doornick sera de retour ainsi que deux pilotes de brousse à la retraite qui auront certainement de bonnes histoires à raconter.

Autonomes et responsables

Sur place, les participants montent leur tente; placotent autour d’un feu de camp (si l’indice d’inflammabilité le permet); font des pique-niques; visitent les vestiges des anciens campements – détruits en 1964 et 1965 –; et certains vont même se tremper les orteils dans la rivière Ruban qui passe tout près de la piste. Lors de la journée du samedi, un chapiteau est érigé où hot-dogs et blé d’Inde sont servis.

Comme ce rendez-vous demeure informel malgré sa popularité grandissante, il n’y a aucun service sur les lieux: pas de toilette, d’eau potable, de poubelles, de chaises, de tables à pique-nique, de premiers répondants, d’ambulances, de services de sécurité, etc.  Dans ce contexte, chaque participant se doit d’être autonome et responsable puisqu’aucune organisation n’est en autorité.

Peu connue des Québécois parce qu’abandonnée depuis un demi-siècle, cette piste militaire évoque néanmoins un épisode célèbre remontant à il y a 25 ans. Parti la veille de Colombie, le pilote Raymond Boulanger atterrissait le 18 novembre 1992 à Casey à bord d’un Convair 580 avec 4000 kg de cocaïne à bord. Pourchassé par deux F-18 des Forces armées canadiennes, il avait réussi à les semer mais à son arrivée en Haute-Mauricie où devaient se trouver ses complices, ce sont plutôt des policiers de la GRC qui l’attendaient. Son histoire a fait l’objet d’un livre publié en 2013 et intitulé Raymond Boulanger, le pilote mercenaire.

Ayant complété sa peine en 2013, Raymond Boulanger obtenait deux ans plus tard la permission de voler de nouveau. L’histoire ne dit cependant pas si l’homme reviendra sur les lieux du crime ce week-end à Casey…

Redécouvrir Casey

Pour en savoir plus sur l’éphémère aérodrome militaire de Casey, il faut lire le chapitre que le Latuquois Gaston Hamel lui a consacré dans le livre du centenaire de La Tuque publié en 2011 par la Société historique du Haut-Saint-Maurice. Un autre Latuquois, Yvan Savignac, a situé à Casey l’intrigue de son roman La piste MAUDITE, publié lui aussi en 2011. En juin 1973, un avion de 120 000 livres chargé de répandre des insecticides s’y était écrasé. Le crash était survenu à 200 mètres d’altitude, à peine 60 secondes après le décollage.

Enfin, il faut absolument visiter le site web de Pierre Nadon qui contient la majorité des informations tirées de cet article sur le rassemblement de pilotes d’avion à Casey. Le site campingmaster.weebly.com/rva-camping-casey recèle des centaines de photos, d’hyperliens et de renseignements sur l’ancien aérodrome. Un incontournable.

Comme Pierre Nadon l’écrit sur son site: La piste abandonnée de Casey n'est pas si loin que ça, c'est juste que les dépanneurs sont loin...