Le ciel comme terrain de jeu

Portrait de Bernd Van Doornick: pilote d'hélicoptère d'exception et Latuquois d'adoption


Publié le 17 mars 2017

PORTRAIT. Pilote d'hélicoptère émérite, le Latuquois d'adoption Bernd van Doornick utilise le ciel comme terrain de jeu depuis presque 50 ans maintenant.

Au cours d’une longue carrière passée majoritairement en Suisse, il a cumulé un peu plus de 24 000 heures de vol; un véritable exploit dans le monde de l'aviation. Celui qui compte pas moins de 400 000 rotations (vols aller-retour) à son actif a participé, entre 1975 et 2008, à la construction de multiples structures aux commandes d'hélicoptères. Parmi elles, des tours pour téléphériques, des centres de ski en haute altitude, des chalets suisses, des pare-avalanches et plusieurs autres. Il estime à au moins 300 le nombre de chantiers sur lesquels il a œuvré.

«Une bonne partie de mon travail consistait à transporter du béton par hélicoptère pour faire des fondations. Il faut savoir que les façons de faire les choses, là-bas, ne sont pas les mêmes qu'ici. Ça se passe à 12 000 ou 13 000 pieds d'altitude, dans des endroits inaccessibles par routes. Aussi, c'est du travail à haut risque car à cette altitude, les engins ne répondent pas de la même manière qu'à plus basse altitude.»

Outre ces constructions, Bernd van Doornick a été appelé dans sa carrière à réaliser plus de 600 sauvetages de tous genres, en plus d'être mis à contribution pour éteindre des feux de forêt. Le secteur touristique de la Suisse l'a également approché à maintes reprises pour des vols de plaisance et pour développer l’héli-ski dans les plus hauts sommets des Alpes.

«Je suis tombé en amour avec un vaste terrain, qui est devenu mon véritable coin de paradis. De là, je peux m'envoler pour mon plaisir avec mon Robinson, et ce, quand je le veux et sans contraintes!» Bernd Van Doornick

Pilote émérite

Cet impressionnant bagage d'expériences lui a permis de se forger une réputation enviable qui l'a emmené, par la bande, à œuvrer dans le show-business. Par exemple, il a fait des apparitions comme pilote dans quelques films, volant notamment en compagnie des acteurs Clint Eastwood, Charles Bronson et Michel Robin. Il a également participé à de nombreux spectacles de voltige aérienne (air show), repoussant comme jamais les limites de certains hélicoptères.

Dans les années 1980, il est même passé à l'histoire en réussissant un véritable tour de force lors de l'émission la plus regardée d'Europe: Wetten Dass (Parions que…). À la suggestion de l'ancien tennisman Boris Becker, il a ouvert une bouteille de vin avec un attirail spécial installé sur les patins d'un hélicoptère qu'il pilotait et en a versé le contenu dans quatre coupes. Le tout en direct, devant des millions de téléspectateurs… et en moins de deux minutes et demie!

La Tuque: là où tout a commencé

Même s'il a passé le plus gros de sa carrière en Europe, c'est à La Tuque que Bernd van Doornick a fait ses premières armes comme pilote. De 1969 à 1973, il a partagé son temps entre La Tuque et Sept-Îles. Il a contribué à la construction d'une ligne électrique de 2000 km, réalisé quelques missions de sauvetage et servi de pilote à Robert Bourassa, lors d'une de ses premières campagnes électorales.

À l'époque, il était hébergé chez la famille Bilodeau, avec qui il a toujours entretenu de bons contacts. Il en est même devenu l'un des membres récemment, ayant développé une relation amoureuse avec Sylvie, la plus jeune de la famille, qu'il fréquente depuis quatre ans.

Retour au bercail

Bernd van Doornick a pris sa retraite en 2008 et depuis trois ans, il coule des jours heureux à La Tuque. Un retour au bercail inattendu, mais qu'il apprécie grandement. «Il y a quelques années, je n’aurais jamais pensé revenir ici, mais je suis tombé en amour avec un vaste terrain, qui est devenu mon véritable coin de paradis. De là, je peux m'envoler pour mon plaisir avec mon Robinson, et ce, quand je le veux et sans contraintes», de conclure l'heureux retraité de 72 ans.