«J'en avais la chair de poule» - Jean-Pierre Jolivet

Élection du Parti québécois le 15 novembre 1976

Bernard Lepage bernard.lepage@tc.tc
Publié le 15 novembre 2016

La UNE de L'Hebdo du Saint-Maurice du 16 novembre 1976.

©Photo TC Media - Archives

Il y a 40 ans, le 15 novembre 1976, un parti souverainiste mené par René Lévesque prenait le pouvoir pour la première fois de l'histoire du Québec. Le début d'une aventure qui allait durer 25 ans pour Jean-Pierre Jolivet.

On ne peut pas vivre des moments fantastiques comme ça toute notre vie mais ce soir-là, ce fut extraordinaire. - Jean-Pierre Jolivet

Enseignant de carrière puis permanent syndical, c'est un père de famille de 35 ans qui est élu ce soir-là dans le comté de Laviolette. Le candidat du Parti Québécois avait mordu la poussière trois ans plus tôt contre le libéral Prudent Carpentier mais cette fois-ci, il prend sa revanche sur le député sortant. C'est même Gaston Fortin, futur maire de La Tuque et candidat de l'Union Nationale, qui terminera second.

Rejoint par TC Media, Jean-Pierre Jolivet évoque cette soirée historique comme si c'était hier. «Il tombait une belle petite neige ce soir-là. On avait balayé les libéraux pis en même temps, on avait mis un beau tapis blanc. C'était mémorable.»

Balayé n'est pas un euphémisme puisque du gouvernement libéral sortant, mené par Robert Bourassa, il ne restait plus que 26 députés le 15 novembre au soir alors que le Parti Québécois avait raflé 71 des 110 comtés que comptait la province alors.

«Quand on a réalisé ça, le poil était retroussé comme on dit. J'en avais la chair de poule.» Jean-Pierre Jolivet avait conscience de vivre l'histoire ce jour-là. "On ne peut pas vivre des moments fantastiques comme ça toute notre vie mais ce soir-là, ce fut extraordinaire", témoigne-t-il.

Durant la campagne, le candidat péquiste entendait des échos qui lui donnaient espoir de remporter le comté de Laviolette mais pas nécessairement que son parti puisse prendre le pouvoir. «J'avais la chance de rencontrer des camionneurs qui se promenait un peu partout au Québec et avec ce que j'entendais, on se disait: on ne gagnera pas mais on va faire une bonne opposition.»

Finalement, Jean-Pierre Jolivet l'emporte par plus de 2000 voix de majorité sur Gaston Fortin. Les résultats officialisés, il quitte alors son local électoral à Grand-Mère pour un aller-retour à La Tuque pour y saluer ses militants. Il reprend peu après la route 155 vers le sud pour rejoindre à Shawinigan les partisans d'Yves Duhaime qui vient de remporter le comté Saint-Maurice.

Reconnu comme un député près de ses commettants tout au long de sa carrière, on dira aujourd'hui que Jean-Pierre Jolivet aura retenu les premiers conseils de René Lévesque. "Quand nous avons été réunis une première fois, il nous a livré deux messages. Nous étions tous d'abord des députés et que notre première fidélité, c'était à notre comté. Et il nous a rappelé que notre parti allait prôner l'honnêteté et il tenait à ce que personne ne soit accusé de quoi que ce soit relié à notre fonction.»

Jean-Pierre Jolivet aura finalement été député de Laviolette pendant 25 ans. Il se retirera au printemps 2001 et continue encore aujourd'hui de s'impliquer au sein de sa communauté avec la même simplicité qui aura caractérisé sa carrière politique.

Avec la collaboration de Patrick Vaillancourt

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