Nuit des sans-abri : parce que l’itinérance est encore présente chez nous

Michel Scarpino mscarpino@icimedias.ca

Nuit des sans-abri : parce que l’itinérance est encore présente chez nous
On voit quelques partenaires de la Nuit des sans-abri : à l'arrière Laurie O'Grady et Mallaurie Barthelemy, des Travailleurs de rue, Karen MacDonald, du Toit de l'Amitié, Nathalie Moar du Centre Asperimowin et Karine Tremblay du Centre d'amitié autochtone de La Tuque. À l'avant, on voit Sarah Beaumont-Gaudet, directrice des Travailleurs de rue et Nancy Giroux, du Comité de défense des droits sociaux. (Photo : Michel Scarpino)

Après une année d’absence en raison de la COVID-19, la Nuit des sans-abri a de nouveau été présentée à La Tuque.

Les responsables de l’événement tenaient à souligner le fait que l’itinérance se vit plus que jamais, même si le portrait de ce phénomène social a un peu changé depuis la pandémie.

« À La Tuque, on peut penser qu’il n’y a pas beaucoup de situations d’itinérance, mais si on se fie aux chiffres de cette année, il y a une cinquantaine de personnes différentes qui ont besoin de notre programme, soit à cause de l’itinérance ou qui étaient sur le point d’être en situation d’itinérance. Depuis janvier, ce sont 42 personnes », fait ressortir Laurie O’Grady, travailleuse de rue. Sur le terrain, elle est bien placée pour parler de ce que vivent les gens qui n’ont pas de toit.

« On a eu un boum depuis janvier », poursuit-elle.

« Dans les années passées, c’étaient plus des gens de passage, qui étaient en transit sur le territoire, enchaîne sa collègue Sarah Beaumont-Gaudet, directrice des Travailleurs de rue de La Tuque. Ils retournaient vers les grands centres où il y avait des services, parce que sur notre territoire, on n’a pas de centre d’hébergement d’urgence ».

Le portrait change

Depuis la COVID-19, le portrait a quelque peu changé. « Ce sont des gens qui habitent le territoire qui se retrouvent en situation d’itinérance pour différentes raisons : difficultés de couple, de famille, difficultés financières. Oui, il y a eu un gros boum qui a surpris l’ensemble des partenaires », précise Mme Beaumont-Gaudet.

La COVID-19 a accentué les soucis vécus par les personnes qui n’étaient pas nécessairement en difficulté, mais qui sont devenues à risque de perdre leur logement en raison de leurs problèmes. Et pendant le confinement, c’était plus difficile pour ces gens de trouver refuge chez de la famille ou des amis.

« On n’est jamais à l’abri, insiste Sarah Beaumont-Gaudet. On ne sait pas ce qui peut arriver dans la vie, ce qui va faire qu’on va basculer vers la précarité ou des difficultés. Il ne faut pas se fier à l’apparence, ne pas juger. La personne qui en est rendue là, c’est parce qu’elle a un vécu, une histoire qui ont été difficiles ».

Il existe un programme de dépannage pour ces gens qui permet d’accompagner ces personnes, géré par les Travailleurs de rue et leurs partenaires. Le programme a permis d’offrir plus de nuitées, cette année.

« C’est difficile de trouver des logements. Les intervenants travaillent énormément pour aider les gens à faire la recherche de logements ou des chambres. D’avoir plus de nuitées a aidé à avoir un peu plus de temps pour mieux accompagner les personnes », on fait valoir la directrice des Travailleurs de rue.

Le milieu plus petit qu’est La Tuque représente un défi encore plus important pour les personnes stigmatisées.

Sans présenter un événement permettant de grands rassemblements avec des spectacles, on tenait tout de même à souligner la Nuit des sans-abri. La présenter en plein jour, tout près des locaux des Travailleurs de rue, a permis de donner de l’information au plus grand nombre de gens qui passaient dans la rue. On a tenu un kiosque où du café, des biscuits étaient servis.

« On se ramène à la simplicité de l’événement qui est de sensibiliser la population. C’est qui a été notre motivation cette année, dans la journée, pour pouvoir interpeller les gens », conclut Sarah Beaumont-Gaudet. L’année dernière, la formule avait été davantage virtuelle.

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