L’Oeuvre de la soupe se souvient des Filles d’Isabelle

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Par Michel Scarpino
L’Oeuvre de la soupe se souvient des Filles d’Isabelle
À l'arrière Roger Jeffrey, ancien président et C;aude ferron, actuel président de l'Oeuvre de la soupe. À l'avant, Denise Gaudreault, régente et Denise Jeffrey, ancienne régente des Filles d'Isabelle. (Photo : Michel Scarpino)

Avec la disparition de Filles d’Isabelle de La Tuque (voir autre texte), les dirigeants de l’Oeuvre de la soupe ont tenu à leur témoigner leur appréciation, elles qui sont la bougie d’allumage de ce service alimentaire pour les personnes qui ont faim à La Tuque.

L’Oeuvre de la soupe a été fondée en 1983 par les Filles d’Isabelle de La Tuque. en 1994, elles demandent à Roger Jeffrey ,un bénévole, de créer un comité pour prendre la relève de cette organisation. Si l’Oeuvre de la soupe s’est ainsi détachée des Filles d’Isabelle d’un point de vue administratif, son appartenance est demeurée au fond du cœur de ses membres.

«Les besoins étaient si grands à l’époque qu’on décidé de servir une soupe aux plus démunis, dans un local ou au sous-sol de l’église (Saint-Zéphirin). Après quelques années et quelques déménagements, des repas chauds ont commencé à être servis et c’est dans le local où nous sommes présentement que l’œuvre de la soupe a vraiment pris de l’expansion», a rappelé celui qui a dirigé les destinées de l’Oeeuvre de la soupe pendant 31 ans, Roger Jeffrey.

Aux Filles d’Isabelle, M. Jeffrey a rappelé que l’œuvre qu’elles ont créée est toujours aussi indispensable. Plus tard, rappelaient des filles d’Isabelle présentes à l’occasion d’une cérémonie avec les représentants de l’Oeuvre de la soupe, on avait ajouté au menu des repas tels du macaroni, puisque la demande était là.

Après avoir transité par différents locaux, une demande est faite au maire de l’époque, Gaston Fortin, pour occuper les emplacements actuels au Centre social municipal.

Reconnaissance

Les dirigeants de l’Oeuvre de la soupe ont tenu à témoigner leur reconnaissance aux les Filles d’Isabelle pour avoir institué le service de repas. On tient à respecter à la lettre la philosophie qui avait nourri l’idée de départ de l’Oeuvre de la soupe, d’offrir des repas gratuits aux personnes dans le besoin. Cette façon de faire,  celui qui en occupe la présidence depuis un an, Claude Ferron, tient mordicus à la conserver.

Une gerbe de fleurs a été offerte à la régente des Filles d’Isabelle, Denise Gaudreault, qui a partagé cet hommage avec l’ensemble des Filles d’Isabelle.

Des besoins toujours aussi grands

On doit servir une centaine de repas par jour, particulièrement vers la fin du mois. Ça peut parfois grimper jusqu’à 125. Avant la pandémie, on pouvait servir jusqu’à 140 repas, en salle. Depuis la pandémie, le service se fait sous forme de repas pour apporter, mais à partir de septembre, le service en salle pourrait reprendre. «Ça va être moins dispendieux pour nous. Juste acheter les contenants de styromousse pour la soupe, de dessert pour les repas principaux, on en a pour 3 000$, 4 000$. Ce sont de grosses dépenses pour nous». 4 600 repas ont été servis cette année, alors que l’Oeuvre de la soupe était en opération trois jours par semaine.

Le président ne cache pas que pour certains usagers qui vivent de l’isolement, le fait de se rassembler autour d’une table constitue une occasion privilégiée de contacts sociaux.

Le groupe réussit tant bien que mal à se maintenir à flot financièrement, malgré la perte de la subvention annuelle de 10 000$ provenant de Centraide. De généreux donateurs offrent de la nourriture qui est transformée en bons plats réconfortants par la dizaine de bénévoles. Des collectes de denrées restantes sont effectuées au Centre de santé, de même que dans des marchés d’alimentation. : «En réduisant à trois jours d’opération, on réussit à très bien arriver».

Les besoins sont grands. Le président, qui compte 5 ans d’appartenance comme bénévole, a vu de nouveaux visages apparaître cette année.

Pas très porté sur la hiérarchie, Claude Ferron accorde la même importance à tous les bénévoles. «Les gens qui sont ici, c’est parce qu’ils ont choisi d’être ici», affirme-t-il, mettant en évidence la bonne camaraderie qui y règne. «On a une cuisine fonctionnelle, on a tout ce qu’il faut. On est très bien organisé», estime aussi le président.

Si Roger Jeffrey a ralenti son implication cette année, sa photo, au mur, en compagnie de celles d’autres membres fondateurs de l’Oeuvre de la soupe témoignent de la contribution considérable que ces gens ont apportée pour le bénéfice de ceux qui ont faim.

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