Le tourisme aérien prend son envol

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Par Michel Scarpino
Le tourisme aérien prend son envol
Claude Hamel s’est fixé pour but de voir revivre l’aéroport, d’en faire une halte importante pour que La Tuque devienne «une vraie destination pour l’aviation». (Photo : Michel Scarpino)

TOURISME. Fini le temps où l’aéroport municipal de La Tuque était un endroit désert et qu’on s’y rendait seulement parce qu’on y avait affaire.

Jeune retraité d’Hydro-Québec, Claude Hamel s’est fixé pour but de voir revivre l’aéroport, d’en faire une halte importante pour que La Tuque devienne «une vraie destination pour l’aviation». Le fils de Gaston Hamel, dont le nom est indissociable de l’aviation régionale, aime voir arriver et repartir les aéronefs, au point où il caresse mille et un projets pour l’aéroport.

On vient à La Tuque en auto, en train, pourquoi pas en avion? La position géographique de l’aéroport municipal est centrale au Québec, au milieu de Trois-Rivières, Roberval, Québec et Val-d’Or. «C’est à peu près le même temps. Ils arrêtent ici, pour manger et aller faire un tour», signale le directeur, qui voit arriver des propriétaires d’avions privés de partout.

Claude Hamel s’est fixé pour but de voir revivre l’aéroport, d’en faire une halte importante pour que La Tuque devienne «une vraie destination pour l’aviation».

«Je suis à la retraite et je veux faire revivre cet aéroport. Ça fait 41 ans que je pilote et j’ai un parti pris pour l’aviation»

– Claude Hamel

On est porté à penser que l’aéroport est un endroit fermé, exclusivement limité au monde de l’aviation. Ce n’est pas le cas. Il a aménagé tout l’intérieur de l’aérogare Gaston-Hamel avec des tables, des chaises, afin que les gens puissent y être à l’aise pour manger et relaxer.

M. Hamel a acheté six vélos pour que les gens puissent se promener aux alentours. «Encore la semaine passée, ils étaient tous partis», fait-il remarquer. Cet élément a connu un succès tel qu’il songe à se procurer d’autres vélos pour accommoder encore plus de gens.

Pourvu qu’ils achètent de l’essence pour leur avion, les voyageurs peuvent emprunter gratuitement une voiture de service mise à leur disposition pour aller faire leurs emplettes à La Tuque.

«J’appelle ça une halte aérienne importante. La ville est proche et il y a des services. Avant, les gens disaient: il n’y a rien là, on n’ira pas là. Maintenant, ça se parle», observe-t-il.

Il est bien conscient que des événements comme le rendez-vous aérien de Casey sont de nature à encourager l’achalandage à l’aéroport de La Tuque: «J’ai eu pas loin de 70 avions pendant la fin de semaine. C’est énorme! On était trois employés à se courir.»

Des Piper, des Cessna, mais beaucoup d’avions construits par des amateurs atterrissent et décollent à La Tuque.

Les chiffres sont éloquents. Au cours des années précédant son arrivée, à la fin 2017, l’aéroport municipal de La Tuque notait une moyenne annuelle d’entre 100 et 290 mouvements d’aéronefs. «On se maintient à 1 200 actuellement», évalue-t-il avec fierté. Cela, malgré l’arrêt des activités dû au confinement.

École de pilotage

L’engouement pour le tourisme aérien propulse même le retour d’une école de pilotage à La Tuque, ce qu’on n’avait pas vu depuis les années 80, à l’époque ou Air BGM opérait l’aéroport. Une école de pilotage de Lachute viendra offrir les formations, dans une école satellite.

«J’ai déjà une vingtaine de noms de Latuquois intéressés», annonce Claude Hamel. Des cours de pilotes privés, de pilotes professionnels et un permis de loisirs seront offerts.

Camping

Un petit emplacement pour le camping a été aménagé près du bâtiment pour accommoder les voyageurs. Deux ou trois personnes l’ont utilisé l’année dernière, mais cette année, il y a des gens pratiquement toutes les semaines. On a même installé une toilette sèche pour accommoder ce monde. Un élément qui incite les gens à demeurer plus longtemps.

Ville de La Tuque soutient les projets de développement de son aéroport municipal. Elle injectera 1,7M$ dans une mise à niveau, qui prévoit le resurfaçage du béton bitumineux de la piste d’atterrissage de l’aéroport, où des fissures transversales importantes s’y trouvent. Une nouvelle station météo et la réfection du revêtement extérieur de l’aérogare sont aussi dans les plans.

Claude Hamel pense que l’approche aux instruments, qui sera possible à l’aéroport de La Tuque avec cet investissement, permettra de s’en servir comme un aéroport de dégagement, pour les appareils qui auront besoin d’un endroit pour atterrir en urgence, en cas de pépin. C’est d’ailleurs pour faciliter cet aménagement que des arbres ont été coupés sur le terrain situé tout près appartenant à Rémabec.

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Jean Desaulniers
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Bravo pour l’enthousiasme. Il y a un certain temps que je ne vous ai pas rendu visite. Nous faisions un arrêt technique lorsque nous allions à Oshkosh via Amos, avec un départ dans le temps de Montmagny.
A bientôt.

Patrice Laroche
Invité
Patrice Laroche

C’est vraiment une super de belle place qui était jadis sous exploitée. Enfin le message circule: La Tuque ce n’est pas juste des pourvoiries! Le tourisme aérien aurait des retombés intéressant pour nos commerces du centre-ville qui en ont grand besoin. 1000x Merci à Claude d’avoir à coeur le développement de notre ville.

Richard Côté
Invité
Richard Côté

Bravo pour cette initiative! Ça manque vraiment au Québec!
Hâte d’aller vous voir prochainement 😊

Yves
Invité
Yves

Bravo. Dommage que la piste ait été raccourcie il y a de nombreuses années, ça faciliterait encore plus la vocation d’aéroport de dégagement. Dans ma jeunesse, je me souviens qu’un DC-9 de Air Canada avait atterri à La Tuque. L’occasion m’échappe mais je me souviens que nous étions aller voir l’avion avec mes parents!

Alain Pepin
Invité
Alain Pepin

J’ai été de passage hier avec trois de mes amis et avons été tout à fait charmés surtout par l’accueil « vous êtes des amis ». On retournera sûrement.