«Le Québec nous a bien reçus, on ne s’est pas sentis étrangers»

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Par Michel Scarpino
«Le Québec nous a bien reçus, on ne s’est pas sentis étrangers»
Les travailleurs de Produits forestiers Mauricie, Ciré Dia, Izgrev Yannick Moussolo (Photo : Michel Scarpino)

IMMIGRATION.  Chacun des travailleurs étrangers arrivés à La Tuque a son histoire. Ciré Dia est au Québec depuis plus de quatre ans. Ce Sénégalais est d’abord venu à Montréal pour étudier en finances.

Visiblement, il apprécie la vie à La Tuque, où il est arrivé depuis un an. «La vie, à Montréal, c’est très vite. Je voulais un environnement tranquille et Résolu est venu à Montréal. Je suis allé voir sur le net de ce qu’était la Mauricie, La Tuque».

Le journalier confirme avoir été très bien reçu par Produits forestiers Mauricie. «Les gens sont faciles d’approche», confirme celui qui a particulièrement apprécié la formule des Jeudis centre-ville.

Plusieurs des employés africains embauchés par PFM se connaissaient déjà. «On est tous des frères, on est ensemble, on s’entraide, on se conseille mutuellement […] La famille n’est pas que biologique, c’est tout le monde», ajoute Ciré Dia. Les Africains sont très soudés chez PFM.

Il ne le cache pas, ses débuts à La Tuque, l’hiver a été un choc, même si on finit par s’y habituer. «Chez nous, quand il fait froid, c’est 18, 20 degrés», observe-t-il.

Son collègue, le Congolais Izgrev Yannick Moussolo est arrivé le 30 décembre 2017. Il a de tout de suite été plongé dans la froidure du Québec. «Je tremblais. Mais quand on a su comment s’habiller, on s’est adapté».

Leader d’un parti politique

M. Moussolo a été leader d’un parti politique dans son pays. «Souvent, chez nous en Afrique, il y a des conflits entre les différents partis politiques. Quand un parti prend le pouvoir, il cherche à persécuter l’autre parti, c,est ça qui m’a amené à me retrouver ici». Le président de la République a voulu changer la constitution et le parti de M. Moussolo a protesté. «Il s’est passé une chasse à l’homme et il fallait que tout le monde fuie. En un mot, je suis réfugié».

Mon souhait est de rester ici et d’y faire ma vie

Ciré Dia

Arrivé à Ottawa, il s’est fait qu’il valait mieux pour lui de vivre au Québec, puisqu’il est francophone. Le YMCA de Montréal l’a très bien reçu jusqu’à ce que Résolu le recrute.

L’adaptation n’a pas toujours été évidente, confie le journalier. «À Montréal, il y a le métro, le transport en commun. Il n’y en a pas ici. On a fait du covoiturage».

Izgrev Yannick Moussolo a perçu des différences entre les deux cultures à son arrivée à l’usine de PFM. Faire signe à quelqu’un avec son index de venir le rejoindre est perçu comme un signe d’impolitesse dans son pays, alors qu’ici, l’usage est un peu plus courant. «Ici, on peut tutoyer, chez nous, on ne le fait pas facilement», donne-t-il également en exemple.

Déjà, on lui a confié des tâches de formation de ses collègues. Cet amateur de chasse trouve les gens de La Tuque chaleureux.

«Mon souhait est de rester ici et d’y faire ma vie», ajoute Ciré Dia, visiblement heureux de son choix de vivre en Haute-Mauricie. «La Tuque c’est un beau coin. J’ai un enfant en Afrique du Sud qui pourrait venir un jour, mais il n’y a pas d’université ici, il faut aller l’extérieur, sinon c’est un beau milieu, c’est calme», dit Izgrev Yannick Moussolo.

«Le Québec nous a bien reçus, on ne s’est pas sentis étrangers. C’est quelque chose qu’on a beaucoup apprécié», conclut-il.

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