La première mine de cuivre du Québec à Parent?

Photo de Bernard Lepage
Par Bernard Lepage
La première mine de cuivre du Québec à Parent?
Une trentaine de travailleurs de Kintavar Exploration sont dans le secteur de Parent depuis le début de l'été pour y mener des travaux de forage. (Photo : (Photo courtoisie Kintavar Exploration))

ÉCONOMIE.  Traditionnellement réputé pour son inventaire forestier, le secteur Parent fait l’objet depuis près de deux ans d’investigations visant à connaître son potentiel minier. 

Travaillant pour le compte de Kintavar Exploration, une trentaine de personnes y mène depuis l’été dernier des travaux de forage dont les résultats jusqu’à présent sont très prometteurs. « On a bien aimé ce qu’on a trouvé », explique Kiril Mugerman, président et chef de direction de l’entreprise dont les bureaux sont situés à Boucherville.

Baptisé Wabash, le projet visait à l’origine à déterminer la teneur en cuivre du secteur mais au fil de la prospection, il s’est avéré que d’autres métaux y sont également enfouis. « Au début, nous pensions y découvrir seulement du cuivre et de l’argent mais plus on y travaille, plus ça devient un projet polymétallique. On a aussi trouvé des valeurs en or, en zinc, en plomb et aussi en manganèse. » Ce dernier métal est intéressant note M. Mugerman, soulignant que les batteries au lithium de Tesla en contiennent.

Le campement temporaire érigé par Kintavar Exploration est situé à proximité de la mine d’Imerys, une société qui exploite les lieux pour ses gisements en mica. « Notre emplacement est intéressant, car nous sommes à une dizaine de kilomètres du chemin de fer et des lignes électriques d’Hydro-Québec. Ça nous permettrait d’être alimentés en électricité plutôt qu’en diésel et de transporter facilement le minerai jusqu’à Montréal », poursuit-il.

Kiril Mugerman souligne d’ailleurs que son équipe a découvert des signes d’exploration minière laissés sur le site il y a plus de cent ans. « Lors de la construction du chemin de fer vers 1908, il devait y avoir des prospecteurs parmi les travailleurs. Dans le temps, ils foraient des petits puits d’une trentaine de centimètres et utilisaient de la dynamite qui était facilement disponible parce qu’elles étaient utilisées pour construire la voie ferrée. Ces travaux historiques étaient connus mais jamais personne n’en avait vu les traces. »

Kintavar Exploration travaille parallèlement sur un autre site situé une soixantaine de kilomètres de là, près de la pourvoirie Fer à Cheval que l’entreprise a d’ailleurs achetée. « On a commencé nos travaux avec le projet Mitchi, mais Wabash a plus de chance d’entrer en production en premier à cause des informations géologiques qu’on collecte jusqu’à présent », indique M. Mugerman.

En même temps qu’elle mène ses travaux d’exploration, l’entreprise tente d’intéresser une grande compagnie à participer à la mise en place de la future mine si les résultats continuent à aller dans la bonne direction.  « Pour développer une mine, ça prend beaucoup de volumes et pour l’instant, Wabash offre un beau potentiel. La prochaine étape sera de faire ce qu’on appelle le calcul de ressources dans des zones bien définies. Avec ça, on va être capable de savoir combien de métaux sont là », indique Kiril Mugerman.

Le président et chef de direction Kintavar Exploration souligne que le projet Wabash est suivi à l’extérieur, car le cuivre est beaucoup en demande sur les marchés et qu’il manque actuellement de gisements.  « Il n’y a pas de mine de cuivre au Québec et le secteur Parent n’est pas connu pour son potentiel minier. Mais nos travaux intéressent les majors, car les prix sont très élevés présentement sur les marchés à cause des changements qui s’opèrent dans la consommation d’énergie à travers les véhicules électriques et l’électrification des transports », termine Kiril Mugerman.

Partager cet article
S'inscrire
Me notifier des
guest
9 Commentaires
plus ancien
plus récent plus voté
Inline Feedbacks
Voir tous les commentaires
Tremblay Alain
Tremblay Alain
6 mois

Bravo mais il faut pas oublier l’environnemt et aussi le peuple amérindien

Agathe Savard
Agathe Savard
2 mois
Répondre à  Tremblay Alain

Aller voir sur Internet comment l’environnement est saccagé avec les mines de cuivre .. lacs, rivières sont pollués, asséchés … c’est le cas de l’une des plus grosse mine de Cuivre que l’on retrouve au CHILI. Dans d’autres pays l’eau potable est même tari ou difficile à retrouver dans les sols environnants.

Paul Desbiens
Paul Desbiens
6 mois

Développement intéressant mais il y a une erreur. Il y a eu plusieurs mines de cuivre au Québec, incluant celle de Chibougamau. Il faut donc prendre cet article avec un « grain de sel ».

Denis
Denis
6 mois
Répondre à  Paul Desbiens

Mines active il n’y en a pas beaucoup, LaRonde … Falco à Rouyn-Noranda un beau projet à devenir… À suivre!

Luc Longchamps
Luc Longchamps
5 mois
Répondre à  Paul Desbiens

En Mauricie aurait été plus juste.

Eric Lemieux
Eric Lemieux
6 mois

Encore loin d’une mine considérant que la phase 1 de forage est en cours. Il y aura tout le processus de développement minier (forage de définition, études métallurgiques, études économiques et etc.) ainsi que le BAPE (études socio-économiques et environmentales). Donc minimum, 4 ans.

https://www.linkedin.com/pulse/kintavar-exploration-inc-ktr-v-set-drill-wabash-securing-eric-lemieux/

Mais un projet, à priori, structurant et très intéressant.

Luc Longchamps
Luc Longchamps
5 mois
Répondre à  Eric Lemieux

Phase 1, mais résultats très intéressant à date. Les forages de fin novembre et décembre vont confirmer ce qui a été vérifiée en surface. Je suis attentive la suite car c’est mon secteur de chasse et camp(moins de 300 m). Que va t’il nous arriver??

Robert
Robert
6 mois

Bravo pour la SST, un bandana avec une scie à roche, c’est gagnant! Au moins, ils ont des lunettes.

David Tremblay
David Tremblay
2 mois

Je travaille pour une mine de cuivre au Québec : Canadian royalties . Donc , ce n’est pas la seule .