La chasse aux déchets se poursuit

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Par Patrick Vaillancourt
La chasse aux déchets se poursuit
David Gauthier et Anne-Marie Lussier, le couple qui a fondé l'organisme Faisons notre part. (Photo : (Photo courtoisie))

L’organisme ­Faisons notre part a été créé par ­Anne-Marie ­Lussier et son conjoint ­David ­Gauthier il y a quatre ans. À différents moments lors de la saison estivale, un groupe de bénévoles de l’École de plongée ­Carlos ­Lopez part à la chasse aux déchets dans les cours d’eau de la région. Si l’organisme s’était limité à des sorties en ­Mauricie au cours des dernières années, voilà que la quête aux détritus s’étend à d’autres régions du ­Québec.

Dès les débuts du projet, le premier cours d’eau ciblé par le groupe a été le lac aux ­Sables dans la ­MRC de ­Mékinac. L’an dernier, le groupe de bénévoles s’est notamment attaqué à la rivière ­Saint-Maurice à deux endroits, soit à proximité du parc de l’île ­Melville où une voiture a été repêchée des eaux, ainsi qu’au bout du chemin ­Reed où un record de 6 tonnes de déchets a été retiré de la rivière, dont une voiture, un scooter et une moto.

« Chaque fois qu’on ramasse des objets, c’est du dégoût. C’est quand même une voiture qu’une personne a dompée dans l’eau » 

David ­Gauthier

Chaque fois, entre 30 et 50 personnes donnent de leur temps pour les nettoyages. Cela comprend aussi une équipe au sol qui procède au triage des déchets.

«  ­Il n’est pas nécessaire d’avoir beaucoup d’expérience en plongée tout dépendant des endroits, on prend autant des nouveaux que des plongeurs expérimentés  », indique ­David ­Gauthier, gérant de l’École de plongée ­Carlos ­Lopez à ­Shawinigan, qui commandite l’air pour les plongeurs et les ballons de lavage.

Les bénévoles récoltent des déchets en tout genre : des pneus, du fer, des bouteilles en verre, en plastique, des tuyaux, des réservoirs d’eau, et même un téléphone public ! «  ­On recycle tout ce qu’on ramasse. Chaque fois qu’on ramasse des objets, c’est du dégoût. C’est quand même une voiture qu’une personne a dompée dans l’eau  », ajoute ­David ­Gauthier.

L’organisme prévoit une dizaine de sorties cet été. La première aura lieu le 18 juin prochain avec le nettoyage du lac ­Croche à ­Sainte-Thècle. Pour une première fois, les bénévoles sortiront des frontières de la ­Mauricie pour un nettoyage du lac ­Nick en ­Estrie le 2 juillet prochain. Le groupe se rendra aussi à ­Bromont pour retirer des déchets du lac ­Brome, au lac ­Ouimet de ­Mont-Tremblant, et au lac ­Merle dans la région de ­Charlevoix.

­Anne-Marie ­Lussier a fait beaucoup de recherches afin de contacter différents organismes de résidents de lacs et de bassins versants au ­Québec afin de leur offrir leur service.

«  ­On n’avait pas terminé notre nettoyage à proximité de l’île ­Melville, alors on y retourne le 9 juillet également  », ­précise-t-elle.

Le défi majeur sera sans doute le nettoyage complet des eaux de la rivière en bordure de la promenade du ­Saint-Maurice le 6 août prochain. L’organisme doit toutefois confirmer le tout puisqu’une demande d’autorisation a été faite à la ­Ville de ­Shawinigan. «  ­On veut partir du ­Broadway et se rendre jusqu’à l’Auberge ­Gouverneur (hôtel Énergie ­Shawinigan). Ça sera un des plus gros. On a plongé, ­Anne-Marie et moi, vraiment pas longtemps, et on a vu beaucoup de trucs : des skateboards, des bouteilles, des tonneaux, des pneus…  »

«  ­On va avoir besoin d’espaces de stationnement tout le long de la ­Promenade et ­peut-être même de barrer la rue. Il y a tellement de déchets qu’on ne veut pas avoir de la difficulté à circuler pendant cette journée. Ça va prendre des remorques sur la promenade  », ajoute ­Anne-Marie ­Lussier.

Le couple aux valeurs environnementales voyage beaucoup à travers le monde et pas question de se fermer les yeux dans un autre pays. Lors d’un récent séjour aux îles ­Galapagos, le tandem a même nettoyé une plage, sacs de poubelle à la main.

«  ­On se sent tellement bien après une journée quand on sait qu’on a fait notre part. En plus, on sait que ça peut éveiller les consciences et sensibiliser les gens avec toutes nos photos. Ce qu’on met dans l’eau reste là. Ce n’est pas parce qu’on ne les voit plus qu’ils sont disparus  », exprime ­Anne-Marie.

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