«Je vais rester en poste»

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Par Michel Scarpino
«Je vais rester en poste»

Pierre-David Tremblay demeurera en poste et sera candidat aux prochaines élections municipales

Le maire de La Tuque, Pierre-David Tremblay, entend demeurer en poste et sera candidat lors des élections municipales générales de novembre 2021.

C’est ce qu’il a laissé entendre au cours de l’assemblée régulière du conseil municipal de La Tuque, pendant laquelle il a été longuement question de l’enquête à son sujet menée par le Directeur général des élections du Québec (DGEQ).

Le greffier municipal et président d’élections, Jean-Sébastien Poirier, a fait lecture de la lettre acheminée le 27 juillet au maire par une avocate du DGEQ, dans laquelle elle conclut qu’il n’est pas éligible à occuper sa fonction. On le sait, le DGEQ avait mentionné qu’aucune sanction ne serait imposée contre le maire, mais qu’il ne pourrait être candidat à la prochaine élection.

Le conseil municipal de La Tuque estime toutefois que la lettre manque de clarté et a demandé plus de précisions au DGEQ.

«Le premier septembre, j’ai convoqué le conseil municipal pour discuter de la lettre que M. Tremblay avait reçue du DGEQ et de l’avis juridique qu’on allait demander à nos procureurs pour éclaircir la situation», explique le directeur général de ville de La Tuque, Marco Lethiecq. Cette rencontre a eu lieu en l’absence du maire.

Un avis juridique a été demandé à Me Daniel Bouchard. Il considère que Pierre-David Tremblay a la légitimité pour exercer ses fonctions. «Le DGEQ n’est pas un tribunal […] L’opinion du service juridique du DGEQ est l’inhabilité. C’est un point de vue. Il arrive assez souvent que les tribunaux vont avoir un avis contraire au DGEQ», soutient Me Bouchard.

«Le conseil a décidé d’ouvrir un débat avec le DGEQ pour obtenir des explications afin de mieux comprendre et après ça, prendre des décisions», a poursuivi Me Bouchard, soulignant que jamais un tribunal n’a eu à se pencher sur une situation où un élu possédait une propriété à cheval entre deux municipalités.

«Je suis légitimé»

«Ce qui était clair pour moi, c’est être capable de vous dire que je suis légitimé, pour que ça déplaise à mes opposants, détracteurs, adversaires», a lancé Pierre-David Tremblay.

Dans une rétrospective de ce qu’il appelle une saga, qu’il a divisée en quatre chapitres, il a rappelé que cette question roulait chez ses adversaires au début, en 2017, à l’époque où il s’est présenté à la mairie de La Tuque. À ce moment, il avait demandé un avis juridique pour confirmer qu’il était éligible, ce qui lui avait coûté 4 400$.

D’ailleurs à ce chapitre, on ne voit pas de conflit d’intérêt dans le fait que Me Daniel Bouchard était le même avocat qui avait présenté un avis juridique en 2017 au maire de La Tuque.

«C’est un choix de la ville, ce n’est pas mon choix […] Je n’ai fait partie d’aucune discussion à ce sujet», précise Pierre-David Tremblay.

Me Bouchard a été sélectionné pour sa connaissance du dossier.  «C’est clair. C’est un avocat qui a été mandaté par la ville et au niveau de son code d’éthique et déontologique, on a un écrit et il est tout à fait à l’aise de prendre ce mandat». Un deuxième avis l’a également confirmé, ajoute Marco Lethiecq.

 L’appui du conseil

Le maire a obtenu l’appui de la plupart des membres du conseil municipal. Seul le conseiller Luc Martel s’est dissocié de la démarche : «La lettre envoyée par le DG (Marco Lethiecq), je l’endosse et il faut avoir des réponses. Pour le reste, comme l’avis juridique, je m’en dissocie totalement. Pourquoi ? Parce que dans le passé, en 2005, j’ai eu une plainte contre moi par le DGEQ. Je peux vous dire que ce sont des dossiers personnels. Comme conseiller municipal, je n’ai pas à me mêler de ça. Je laisse le DGEQ et les Affaires municipales corriger la situation».

«Le travail qui a été fait par M. le maire n’a aucun lien avec la cause. Beaucoup de choses ont été accomplies par le conseil municipal et il faut faire la part des choses», mentionne le conseiller Jean Duchesneau.

«J’appuie le maire à 100%», enchaîne le conseiller René Mercure.

«C’est un avis, ce n’est pas ce jugement. Il a été signalé dans cette lettre qu’aucune infraction n’avait été posée […] J’aime mieux payer des honoraires d’avocat qu’une élection qui va coûter 100 000$ ou 150 000$», signale pour sa part le conseiller de Parent, Éric Chagnon.

Joint par téléphone en vacances, le conseiller Roger Mantha a aussi appuyé le maire dans cette démarche : «Il a toute sa confiance. Depuis le début du mandat, je l’ai vu travailler d’arrache-pied. Je sais, dans mon for intérieur, que M. Le maire n’a rien fait d’illégal. Il a toute ma confiance».

Le maire de Lac-Édouard, Larry Bernier et celui de La Bostonnais, Michel Sylvain, appuient aussi le président de l’agglomération de La Tuque.

En réponse à une citoyenne, le maire a indiqué que les frais juridiques encourus par la municipalité seront dévoilés. Celui-ci a aussi exprimé le souhait de poursuivre les différents dossiers municipaux «sans distraction».

Le président d’élection a indiqué qu’en novembre 2017, Pierre-David Tremblay avait «une qualité d’électeur non domicilié, ce qui lui procurait la qualité d’électeur sur la liste électorale de Ville de La Tuque».

«Ce que je trouve déplorable, c’est qu’elle ait circulé, cette liste. Elle est remise à l’ensemble des candidats qui se sont présentés à l’élection de novembre 2017. Ces gens-là signent une confidentialité […] Si elle s’est retrouvée dans les médias, c’est parce qu’elle a été «coulée» et ça a fait l’objet d’une plainte au DGEQ», signale également M. Poirier.

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