Conflit à WestRock : un règlement rapide est souhaité

Patrick Vaillancourt
pvaillancourt@icimedias.ca

Conflit à WestRock : un règlement rapide est souhaité
Les employés syndiqués aux abords du chemin de l'usine WestRock mardi matin. (Photo : courtoisie)

LA TUQUE.  Tel qu’annoncé, le syndicat Unifor a déclenché une grève de 24 heures lundi à minuit, et la direction de l’usine WestRock a décrété un lock-out comme elle l’avait indiqué au syndicat. L’usine est à l’arrêt alors que plus de 250 employés des sections 530 et 27Q font du piquetage à l’extérieur.

Tel qu’indiqué hier par l’Écho, un médiateur s’est déplacé à La Tuque mardi et les discussions entre les deux parties se poursuivent. 

Contrairement au conflit qui s’est échelonné pendant quelques semaines il y a 12 ans, les employés des différentes sections syndicales sont très unis pour « sauver l’usine », peut-on lire sur les réseaux sociaux. « C’est incroyable que dans un contexte de manque cruel de personnel où on est incapable de prendre des flottantes ou fête différée et qu’on doit fermer une machine de temps en temps par manque de personnel que la compagnie ne tente pas à tout prix de garder ses employés qui quittent pour des petites PME et qu’on en soit rendu à un autre lock-out 3e en 12 ans… Je nage entre colère et déception ce n’est pas mon syndicat qui est en conflit, mais je supporte mes collègues du 530, car au final c’est toute l’usine et la ville qui en subit les conséquences », a publié un employé à propos du conflit. La réaction a été partagée plusieurs fois par des collègues de travail.

Les réactions

Le maire de La Tuque Luc Martel demeure optimiste dans les circonstances. « Ce n’est jamais intéressant d’apprendre ce genre de nouvelle là. Mais au moins les négociations se poursuivent entre les deux parties. En espérant qu’il y ait une entente positive à la convenance des deux parties. De voir qu’un médiateur a été appelé au dossier c’est bon signe parce que ça continue à se parler. »

Le premier magistrat latuquois ne compte pas s’impliquer dans le conflit aussi longtemps que les deux parties seront en discussion.

De son côté, la députée de Laviolette-Saint-Maurice Marie-Louise Tardif souhaite voir une entente très rapidement. « Ça m’inquiète parce que WestRock est l’usine essentielle qui repose sur des centaines et des centaines d’emplois. WestRock c’est l’employeur de choix à La Tuque et il ne faut pas oublier toutes les retombées pour d’autres entreprises. Il faut qu’il y ait un règlement à court terme. C’est une crainte réelle parce que les Américains au Texas n’ont pas le temps de rigoler. C’est difficile pour un gouvernement de s’impliquer parce que c’est un conflit avec des employés et une entreprise privée. On espère que ça puisse se régler le plus rapidement possible, tant pour les employés que pour l’économie de la région. Ça peut avoir un impact sur l’industrie forestière au complet. »

Par voie de communiqué, la Chambre de commerce et d’industrie du Haut-St-Maurice a fait part d’une certaine inquiétude en lien avec le conflit.

« Nous sommes très préoccupés du fait qu’il ne semble toujours pas y avoir de terrain d’entente entre WestRock et le syndicat. Nous prenons aussi très au sérieux le déclenchement du lock-out par la compagnie, en réaction à la grève de 24h qui a été déclenchée à minuit par les employés syndiqués des locaux 530 et 27Q », lance d’entrée de jeu le président de la Chambre de commerce, Steeven Tremblay.

Les impacts d’un lock-out prolongé seraient multiples, puisque de nombreuses entreprises latuquoises font affaire avec l’usine Westrock en sous-traitance. Si l’on ajoute à cela les centaines de travailleurs à salaire réduit, ce sont aussi nos commerces locaux qui se verraient privés d’importants revenus, et c’est tout l’écosystème économique du Haut-St-Maurice qui se verrait plongé dans l’incertitude. 

« Il faut qu’une entente soit trouvée le plus rapidement possible entre les parties, afin de sécuriser à la fois les emplois et les activités de l’usine pour les années à venir », poursuit Steeven Tremblay.

WestRock a fait parvenir cette simple déclaration par courriel sur le conflit en anglais en milieu d’après-midi mardi. “Out of concern for the safety of our employees, WestRock locked out union members when they instigated a strike. We are hopeful this will be resolved quickly and are continuing to negotiate.” ( » Par souci pour la sécurité de nos employés, WestRock a mis en lock-out les membres du syndicat lorsqu’ils ont déclenché une grève. Nous espérons que cela sera résolu rapidement et nous continuons à négocier. « )

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