La main d'œuvre au cœur des défis de l'industrie forestière

«Il n'y a pas de communauté plus dépendante de l'industrie forestière que La Tuque»


Publié le 13 mars 2017

Le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, Luc Blanchette. Le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, Luc Blanchette.

©(Photo TC Media Patrick Vaillancourt)

FORESTERIE. C'est devant près d'une centaine de personnes que le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, Luc Blanchette, a présenté une conférence au Complexe culturel Félix-Leclerc sur la refonte de l'industrie forestière et ses nouveaux défis.

L'événement était organisé par la Chambre de commerce et d'industrie du Haut-St-Maurice.

Accompagné de la ministre du Tourisme et responsable de la Mauricie, Julie Boulet, M. Blanchette se trouvait devant un auditoire captivé par ses propos, avec notamment la présence de gens de gens représentant les compagnies West Rock, Remabec, et plusieurs autochtones, notamment le Grand-Chef du Conseil de la nation attikamek (CNA), Constant Awashish.

Avant l'allocution du ministre, le Grand-Chef Awashish y est allé d'une déclaration politique. «Quand nous parlons de la forêt, nous ne voulons pas qu'il s'agisse d'une confrontation. Nous sommes ouverts aux discussions. Nous sommes prêts à partager nos ressources, mais il faut que vous soyez prêts aussi à partager. Mon rêve est que l'on puisse travailler ensemble à développer nos ressources.»

M. Blanchette a entièrement partagé les propos de M. Awashish, en soulignant qu'il existait une ouverture au gouvernement du Québec afin de donner de la formation aux Autochtones directement dans leurs communautés.

Suite à la conférence, le Grand-Chef Awashish signifiait qu'il y avait beaucoup de positif dans le discours du ministre. «Ce n'est pas la première fois qu'on entend ces paroles. C'est bien de le dire, mais maintenant il faut agir pour redonner de l'espoir pour nos jeunes dans les communautés.»

Le ministre Blanchette a traité de plusieurs points concernant l'industrie, dont l'entente sur le bois d'œuvre avec les États-Unis. «Nous avons décidé de travailler tous ensemble pour ce dossier. Les négociations vont très bien, même qu'on se dirige vers une loi compensatoire. Une des façons de consolider les emplois est de régler le dossier du bois d'œuvre en mettant de la pression sur le gouvernement fédéral. L'autre façon de consolider les emplois est de s'adapter et innover.»

Le député de Rouyn-Noranda-Témiscamingue a été clair. «L'industrie forestière est à la croisée des chemins au Québec. Il faut innover et se moderniser. Il existe une pénurie de main-d'œuvre avec plusieurs départs à la retraite. Ce n'est pas la solution de dire à vos jeunes qu'il n'y a pas d'avenir dans ce domaine. Vous vous êtes piégés dans le passé en disant ça. Au contraire, il y a plusieurs emplois directs et indirects à combler. On est à la croisée des chemins.»

Selon le ministre, les usines ne pourront pas se diversifier et s'opérer, sans nouveau personnel suite aux départs à la retraite massifs. «Les usines de toutes les sphères de l'industrie forestière ont de la difficulté à recruter de la main-d'œuvre compétente. Nous sommes en crise et en pénurie de compétence. Par exemple, une usine peut ouvrir 30 postes, et recevoir seulement sept candidatures. C'est vraiment inquiétant.»

M. Blanchette a aussi mentionné que des volumes de bois non récoltés étaient disponibles pour des compagnies en Mauricie et que le gouvernement était intéressé à étudier les projets qui seront soumis par les entreprises.

Lors de sa conférence, le ministre y est allé d'une déclaration évocatrice. «Il n'y a pas de communauté plus dépendante de l'industrie forestière que La Tuque. C'est 97% des emplois manufacturiers qui sont reliés à la forêt à la Tuque. Le projet de la biomasse forestière de La Tuque est un bon exemple de diversification et la communauté est sur la bonne voie.»

La ministre Boulet a précisé que contrairement à l'Abitibi-Témiscamingue, lorsque l'industrie forestière s'essouffle, c'est le secteur des mines qui prend la relève.