10% plus de neige que la moyenne depuis 2010

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Par Bernard Lepage
10% plus de neige que la moyenne depuis 2010
Le bassin versant de la rivière Saint-Maurice est long de près de 400 kilomètres, du réservoir Gouin jusqu'à son embouchure à Trois-Rivières, et comprend dix complexes hydro-électriques. (Photo : L'Echo - Michel Scarpino)

ENVIRONNEMENT. À la veille du début de la crue printanière sur la rivière -Saint-Maurice, le couvert de neige en date du 15 mars était environ 10 % supérieure à la moyenne enregistrée entre 2010 et 2021 a indiqué -Hydro-Québec la semaine dernière lors d’un webinaire visant à faire l’état de la situation.

Il s’agit d’un seuil nettement supérieur à celui de 2021 à pareille date, mais moins qu’en 2017 qui avait été marqué par la crue printanière la plus importante depuis 1974, entraînant l’inondation de la route 155 et de plusieurs résidences.

Ce constat ne signifie pas pour autant que des inondations sont à prévoir a précisé -Rémi -Robbe, ingénieur en planification et production chez -Hydro-Québec. « -Les quantités de neige ne sont qu’un élément de la crue. La séquence de -pluie-température lors de la fonte de la neige reste l’élément le plus critique. »

L’année 2021 l’avait bien démontré alors que les stocks de neige au sol à la -mi-mars étaient les moins importants enregistrés depuis 1950. Cette mince accumulation de neige combinée à une crue hâtive et un déficit record de précipitation – la moyenne de pluie entre le 1er avril et le 15 juin 2021 a été 50 % moindre que la moyenne des 70 dernières années – a fait que le niveau des réservoirs en amont de la rivière -Saint-Maurice a été anormalement bas durant une longue période.

« C’est ce qui explique que le niveau d’eau estival à certains endroits est revenu à sa normale plus tard qu’à l’habitude », a expliqué -Rémi -Robbe. En -Haute-Mauricie, le lac -Châteauvert par exemple n’a retrouvé son niveau habituel que le 10 août seulement. Autre conséquence de la singularité de l’année 2021, le remplissage du réservoir -Kempt, sur le complexe -Manouane, a été complété vers la -mi-septembre et à peine deux mois tard en novembre, -Hydro-Québec rouvrait ses vannes en prévision du prochain hiver.

À ce -stade-ci, -Hydro-Québec souligne que l’hiver rigoureux auxquels les -Québécois ont eu droit en 2022 fait que ses cinq réservoirs (Gouin, -Manouane, -Taureau, -Blanc et -Mékinac), dont l’eau alimente en partie les dix centrales hydroélectriques du bassin versant de la rivière -Saint-Maurice ont été fortement sollicité.

Changements climatiques vs -Saint-Maurice

Par ailleurs, il a été question pendant le webinaire des changements climatiques et de leurs impacts potentiels sur le bassin de la rivière -Saint-Maurice. Se basant sur les données d’Ouranos, un pôle d’innovation sur la climatologie au -Québec, -Rémi -Robbe a souligné que pour l’horizon 20402070, les experts prévoyaient pour notre région des crues hâtives plus fréquentes et des printemps plus pluvieux. « -Des éléments qui viendront encore plus complexifier notre travail », -a-t-il reconnu.

Enfin, -Hydro-Québec a profité de la présentation pour annoncer qu’elle rendait dorénavant disponibles ses données en temps réel (https://www.hydroquebec.com/production/-debits-niveaux-eau.html) pour suivre le débit de la rivière -Saint-Maurice et le niveau d’eau de ses réservoirs. Les données sont mises à jour deux fois quotidiennement et conservent un historique des dix derniers jours.

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