À 54 ans, Yves Greffard affirme qu’il fera du canot jusqu’à ce que sa santé lui permette. C’est en 1978, en compagnie d’André Gagné, qu’il a effectué ses premiers coups d’aviron. «J’avais approché Yves à l’époque parce qu’il était un bon athlète, et je savais que je ne pouvais pas manquer mon coup avec lui, exprime M. Gagné. Il était excellent dans la course, et en canot, il faut être bon aussi en course à pied. Je me rappelle qu’Yves ne savait même pas comment tenir son aviron au début.»
Le M. Canot de La Tuque se souvient de sa première course à Odanak. «On était arrivé dernier. Je ne pensais pas que c’était aussi dur le canot. Il y a des murs à franchir. À ma première classique, j’étais très nerveux. Mais avec les années, tu gères mieux la pression, raconte Yves Greffard. Il n’y avait plus vraiment de relève chez les canotiers latuquois, alors on avait beaucoup d’appui en Haute-Mauricie.»
Au cours de ses 19 dernières Classiques, Yves a eu 11 partenaires différents, dont ses frères Denis (2 fois) et Sylvain (5 fois). «En 1995 avec Sylvain, j’ai eu un virus qui m’a rendu malade lors de la première étape La Tuque Grand-Mère, je n’étais plus capable à Grande-Anse, et c’est Sylvain qui m’a ramené. Puis en 1981 avec mon frère Denis, nous avons été l’équipe latuquoise la plus proche en temps derrière les premiers à 25 minutes. On avait fini 18e.»
Cette année, Yves compte 165 heures d’entraînement. La difficulté par contre est de s’organiser avec son partenaire Guy Renaud, lui qui travaille maintenant à Gentilly. M. Canot s’est déniché des partenaires d’entraînement avec André Gagné, Yvon Morel, Yves Dénommé, et Joël Caron. «Sans eux, je ne pourrais pas avoir autant d’heures. Nous avons un nouveau canot plus rapide, mais plus nerveux. Notre objectif cette année est de terminer la Classique en donnant notre 100%. Comme Guy a moins d’heures d’entraînement, je vais devoir gérer la course avec lui.»
Et quoi penser de la décision des dirigeants de la Classique concernant l’arrivée au sanctuaire à Trois-Rivières, un retour sur le fleuve Saint-Laurent? « On nous a garanti qu’il n’y aurait pas de bateaux à l’arrivée. La difficulté va aussi dépendre du vent. C’est la décision de la direction, et il faut faire avec. Mais ce n’est pas en agissant de la sorte sans consulter les canotiers que ça emmènera de nouveaux participants.»
De son côté, André Gagné a complété l’épreuve l’année dernière en étant seul afin de ramasser des fonds pour la Fondation du cancer. Il n’avait pas fait de canot depuis 1983. «Je pensais la faire pour la même cause, mais avec les activités du Relais pour la vie qui a connu un succès, il faut en laisser pour d’autres.»

