Chacun possède sa raison pour affronter le froid et la neige sur une base quotidienne afin de s’attaquer au parc à neige, « Ça nous fait prendre l’air, ça nous fait faire de l’exercice, on est dans la nature et puis en même temps, ça nous donne de l’adrénaline, ce n’est pas tout le monde qui a la chance de s’envoyer en l’air comme ça,» raconte Alec Turcotte. Philippe Loiselle se décrit comme un mordu, « Je suis né avec des skis dans les pieds. Je ne viens pas juste dans le snowparc, je peux aller me promener partout, je pratique tous les styles de ski.» Pour Alex Marchand, le vrai bonheur se trouve au parc, « C’est beaucoup plus le fun que les autres façons de faire du ski, ça fait changement. »
D’hier à aujourd’hui
C’est en grande partie grâce au travail acharné de celui qui œuvrait à titre de directeur du Centre de ski lors de l’hiver 1990-1991, Jacques Fortin, si le parc à neige célèbre son 20e anniversaire cette année. Un groupe de jeunes avec Yannick Issa, Sylvain Gingras et James Todd en tête ont demandé au directeur d’aménager le parc pour le nouveau sport extrême qui gagnait de plus en plus d’adeptes.
C’est en tant qu’utilisateur qu’un certain Jean-François Cantin est devenu un des plus habiles planchistes de La Tuque. Maintenant adulte, c’est lui qui assure la pérennité du parc, qui le conçoit et le bâtit chaque hiver, « C’est moi qui l’ai travaillé, mais je me suis servi des jeunes pour monter ça selon leur style. Je voulais que les modules soient vraiment à leur goût. La relève n’a pas les mêmes idées. Veut, veut pas, moi j’ai 33 ans, je n’ai pas la même manière de voir les choses qu’eux à 15-20 ans. »
M. Cantin explique pourquoi, selon lui, les skieurs et planchistes sont de plus en plus nombreux à fréquenter les parcs, « Dans le Freestyle il n’y a pas de limite, en fait Sky is the limit. Tant que tu as un petit peu d’imagination, pour faire de quoi avec ce que tu as en avant de toi, il va y avoir de la place pour du nouveau. Le sport extrême est vraiment en train de prendre la place pour les jeunes aujourd’hui. »
Les Québécois plus conscientisés qu’ailleurs
Contrairement à leurs voisins États-Uniens, les Québécois ont des règles très strictes de sécurité à respecter dans l’élaboration des parcs à neige, « On est régi par un guide des pratiques qui contient le bon sens si on veut, pour qu’il arrive le moins d’accidents possible. Par exemple, on a un code de couleurs et un code avec les lettres comme P, M ou L pour petit, moyen ou large, comme ça les skieurs et planchistes savent à quoi s’en tenir avant d’arriver dans un saut. Depuis que les parcs sont structurés de cette manière-là, on constate une forte baisse d’accidents. C’est un sport extrême et c’est plaisant d’être capable de le pratiquer toute la saison et non de le faire juste un mois et être obligé de passer quatre mois avec une jambe dans le plâtre. »

