Comme c’était le cas au Québec avant, le clergé haïtien est responsable de l’éducation des jeunes. Selon père Émile, le système scolaire représente la pierre angulaire pour sortir son pays du marasme.
«C’est la priorité, il faut éduquer les gens. Actuellement, environ 50% de nos jeunes ont la chance d’aller à l’école.»
Afin d’améliorer cette statistique, père Émile qui est également directeur de l’école St-Luc, caresse un projet majeur qu’il veut mettre sur pied avant la fin de cette année. «On souhaite donner la chance à des jeunes qui ne sont jamais allés à l’école, de pouvoir s’instruire. Pour ce faire, nous allons avoir besoin de matériels scolaires.»
L’école St-Luc est située en banlieue de sa ville natale Jérémie, près de la pointe ouest d’Haïti à environ 300 kilomètres de la capitale Port-au-Prince.
Dans ses bagages, l’homme de foi a précieusement fait une place à des photos captées récemment chez lui. Sur l’une d’entre elles, on aperçoit les galeries de l’école bondée d’élèves. Où pourra-t-il trouver de l’espace pour de nouvelles âmes à instruire?
«Certains iront à l’école le matin et d’autres l’après-midi», rétorque père Émile.
Au cours de la dernière année, les classes ont été munies d’ordinateurs, une grande nouveauté là-bas. Désormais les élèves peuvent apprendre l’informatique sans toutefois avoir accès à Internet.
«Nous avons aussi installé un système de tuyaux en provenance d’un puits pour faciliter l’accès à l’eau.» L’initiative fait suite à un grave problème de choléras qui a frappé la région récemment.
Interrogé à savoir comment il était possible de l’aider dans ses démarches, le directeur d’école ne se fait pas insistant. «Je ne demande pas aux gens de m’aider, ils le font s’ils le veulent.»
Père Émile sera présent dans la paroisse jusqu’au 13 août. Il célèbrera les prochaines messes dominicales en l’église St-Zéphirin.
Aperçu de la situation politique
Mentionnons qu’Haïti qui se relève à pas lents du séisme de 2010 fait actuellement face à une impasse politique. Après l’élection complexe du président Michel Martelly, en poste depuis le 14 mai dernier, les politiciens n’arrivent pas à se décider sur la nomination d’un premier ministre. Les sénateurs et les députés ont refusé majoritairement la proposition des deux derniers choix de M. Martelly.

