Josée et sa sœur Chantal caressaient l’idée de rendre visite aux Béninois depuis le moment de leur départ en novembre 2008. Les deux Latuquoises avaient soudé des liens forts avec les visiteurs du continent africain et elles voulaient s’imprégner et comprendre davantage leur culture en se rendant sur la terre qui a vu naître l’humanité. Après plusieurs mois de démarches, une panoplie de vaccins et 12 000 $ de dépenses, somme normale pour un voyage de cette envergure, les deux sœurs étaient fin prêtes à prendre l’avion destination : voyage inoubliable au cœur d’une région aucunement touristique.
La chaleur du Bénin
Si elle en avait entendu parler et l’avait constatée alors qu’elle jouait le rôle de famille d’accueil deux ans plus tôt, Chantal peut le confirmer sans équivoque, les Béninois ont la chaleur du pays qui leur coule dans les veines, « Les Africains sont des gens très accueillants, tout le monde nous disait « Bonjour!» Ils nous complimentaient, autant les femmes que les hommes, on a toujours été super bien accueillies. » Si les Béninois trouvaient la fraicheur du mois de novembre québécois difficilement supportable, le climat de la saison froide en Afrique était trop chaud pour les femmes du nord « On s’était acheté plein de linge léger, adapté à des climats très chauds et pourtant le niveau d’humidité et la chaleur nous incommodaient. »
Éducation devant
Une des choses qui avait marqué les visiteurs du sud lors de l’échange était l’accessibilité à l’éducation au Canada, « Au Bénin, le gouvernement paye seulement les études primaires. Le gouvernement n'est pas en mesure d'assumer les coûts pour l'enseignement au secondaire, » avait affirmé William Tchekpo à la fin de son échange en sol latuquois. Le voyage de Josée et de Chantal, qui exerce la profession d’enseignante, ne pouvait pas se faire sans apporter plusieurs livres voués à une nouvelle vie dans des écoles béninoises. La distribution des bouquins du savoir les ont entraînées dans un des périples les plus marquants de leur odyssée; elles sont parties du sud du pays et ont traversé vers le nord pour visiter quatre écoles, dont une en pleine brousse. Elles ont visité des communautés reculées et des endroits où l’on ne parlait pas le français ni l’anglais, mais un des 122 dialectes du pays. Les Latuquoises ont eu l’occasion de partager des repas avec ces gens dans des tata somba, vieilles habitations rustiques du continent. Josée et Chantal venaient d’éprouver un choc culturel, mais le vrai choc qu’elles ont vécu avec la culture avait plus un lien avec les cellulaires…
Une ville de communication
C’est à Cotonou, une ville populeuse au sud du Bénin, bordée par l’Atlantique, que Josée et Chantal se sont établies pour leur séjour, plus précisément chez Gloria et Karine, deux participantes au projet en association avec Jeunesse Canada Monde (JCM). « Gloria et Karine sont devenues des membres de la famille, » pour Josée et Chantal. Mais la région entourant Cotonou est aux prises avec… les cellulaires, « Quand nous étions dans des lieux publics, tout le monde avait 4 ou 5 cellulaires sur la table et pour eux, la personne qui appelle est plus importante que la personne en face de toi, parce qu’elle a dépensé de l’argent pour t’appeler. » Une philosophie que ne partageaient pas les Canadiennes. Finalement lors de la soirée de départ, les Béninois ont fait preuve de respect et ont laissé de côté leurs appareils téléphoniques. Josée et Chantal sont revenues chez elle au terme de trois semaines, elles gardent contact avec les Béninois qui ont su graver leur nom sur l’arbre généalogique d’une famille latuquoise.
Des liens semblables ont également été forgés dans la vie politique des deux régions. En novembre dernier, une entente de principe a été conclue entre Dassa et La Tuque afin de jumeler les deux agglomérations. Pour plus d’information à ce sujet: Échange possible entre le Bénin et La Tuque et La Tuque-Bénin : suite du partenariat

