Plusieurs personnes et commerçants du Haut-St-Maurice y sont allés de petites attentions afin d'aider le couple complètement démuni. Que ce soit Dany Morrissette qui s'est déplacé sur le terrain de M. Héroux avec une pelle mécanique afin d'enlever le sable autour de la maison, qui est une perte totale, afin qu'elle soit plus facile à démolir; ou remorquage Rocco qui a sorti les véhicules de M. Héroux de la boue; ou la roulotte prêtée par l'ex-conjointe de M. Héroux et qui a été transportée par le garage Jean-Claude Germain afin que le couple ne couche pas dans la rue; ou Réal Tremblay qui fournira les portes et fenêtres de la prochaine maison; ou les gens qui, le matin du 23 juillet, se sont déplacés pour apporter des vêtements et autres articles; ou la municipalité de La Bostonnais, avec en tête Chantal St-Louis et Philippe Huard, qui se sont occupés de toute la paperasse pour le gouvernement; ou le bar le Double Dé et le Camping du haut de la chute qui ont amassé des sommes pour le couple; ou MégaBuro où une boîte a été installée afin que les gens puissent donner de l'argent; ou le domaine L'Aventurier à La Bostonnais et le McDonald qui ont offert le repas au couple à quelques reprises; ou les gens qui vont porter de la liqueur, de l'eau ou de la bière. C'est environ une somme de 3000$ que le couple a reçue, gracieuseté de la générosité légendaire des gens du Haut-St-Maurice.
«Il y a plein de gens qu'on ne connait pas qui nous ont aidés et nous voulons les remercier, exprime Richard Héroux avec les yeux dans l'eau. Une fois, une dame nous a arrêtés à l'épicerie en nous souhaitant bon courage et elle m'a mis un 20 $ dans la main. Je suis parti à brailler.»
«Ce n'est peut-être pas grand-chose pour les gens, mais quand tu es dans la merde, ça fait plaisir des petites attentions, lance Manon Girard. C'est dur pour le moral, mais ça s'en vient. Par la zoothérapie, nos animaux nous ont beaucoup aidés aussi.»
«Viens voir la maison, nous dit M. Héroux. Mais essuie-toi les pieds avant d'entrer», blague-t-il en contemplant le sol couvert de glaise et de sable.
Mais qu'est-ce qui fait que le couple est encore capable de sourire et de faire des farces? «C'est Manon», répond M. Héroux alors que Mme Girard montre son conjoint du doigt.
«Je ne pensais pas qu'on était aussi courageux», ajoute Manon.
Une grosse corvée«Sans que le couple demande de l'aide, L'Écho de La Tuque invite la population à se rendre samedi et dimanche au 1146 du rang Sud-Est à La Bostonnais afin de leur donner un coup de main.» -
Samedi et dimanche, ce week-end, des amis iront aider M. Héroux et sa conjointe à nettoyer leur terrain et à démolir la maison. Le travail doit être fait pour lundi. Sans que le couple demande de l'aide, L'Écho de La Tuque invite la population à se rendre 1146 du rang Sud-Est à La Bostonnais afin de leur donner un coup de main. Beaucoup de travail reste à faire sur le terrain. Ils doivent préparer le terrain qui accueillera la prochaine maison, transporter du matériel et en récupérer le plus possible.
Que ce soit pour une heure ou une demi-journée, vous ferez le grand bonheur des sinistrés en allant les aider tant peu soit-il.
Aucune estimation officielle des dégâts n'a été faite pour le couple Héroux, mais Richard croit qu'il y a au moins pour 70 000 $ en dommages au total.
Comme si ce n'était pas assez, le couple doit maintenant traverser un deuil. Le chien de Manon Girard qui les a réveillés en pleine nuit lors du déluge, s'est fait frapper mardi soir. Mais l'épreuve la plus difficile pour M. Héroux et Mme Girard, est de vivre avec la peur de la pluie. «Dès qu'il se met à pleuvoir, on a peur et les souvenirs reviennent, exprime Mme Girard. On ne sait pas quand la peur va partir. On va sûrement toujours rester craintif.»

