On estime que la pollinisation intervient dans 35% à 40% de notre alimentation. Il devient donc évident que la chute des populations d’insectes pollinisateurs, qu’ils soient sauvages comme le bourdon, ou d’élevage comme l’abeille serait critique. Présentement, à l’ONU, on craint sérieusement cette diminution. La sécurité alimentaire de la planète en dépend. La destruction des milieux met sérieusement en péril cet équilibre. Einstein n’a-t-il pas dit que sans la pollinisation, l’humanité humanité n’en aurait que pour quatre ou cinq ans à vivre?
Alors que les Américains et les Européens triment dur depuis plusieurs années contre le Varoa, son arrivée au Québec est plus récente. «Nous avons pu profiter de leur expertise puisque nous avons été les derniers atteints» explique l’apiculteur René Pagé de La Bostonnais.
De la famille des acariens, le Varoa s’accroche à l’abeille et siphonne le sang de cette dernière, la tuant. Les abeilles meurent surtout durant l’hiver et un taux de mortalité normal se situe aux alentours de 15%. «Avec le Varoa, le taux de mortalité est monté à 30% chez certains apiculteurs», déplore René Pagé. Grâce à ses interventions, il a limité les dégâts dans ses 400 ruches. «Je fais de la lutte intégrée. Les traitements que j’utilise sont entièrement biologiques mon taux de perte, sauf en 2010 où il a été plus important, se tient autour de 10%» précise t’il. « La saison a été sèche et longue. C’est bon pour le miel mais mes pertes ont augmenté ». À cause de la présence du Varoa, les apiculteurs doivent toujours combler leurs pertes. «Nous sommes toujours sur un pied d’alerte. On doit observer attentivement nos colonies afin d’intervenir le plus rapidement et ainsi, limiter les dégâts», souligne M. Pagé. «Les pollinisateurs sont de très bon bio-indicateurs. Leur sensibilité est très forte» constate M. Pagé.
Ceux qui utilisent des pesticides chimiques rencontrent, selon lui, plus de problème. «Les pesticides se retrouvent dans la cire et lorsque la reine y pond ses œufs, ces derniers sont contaminés. C’est en partie ce qui crée le syndrome d’effondrement des colonies que vivent les apiculteurs autour du globe», estime t’il. À cause de cette contamination qui créé un disfonctionnement chez les abeilles, elles ne reviennent pas vers leur ruche, d’où un fort pourcentage de perte. D’autres facteurs entrent en ligne de compte mais les pesticides sont, pour le moment, les plus pointés du doigt.
Les abeilles de René Pagé travaillent en début de saison, à la pollinisation. « De fin mai à la mi-août, les ruches sont installées dans des cultures de bleuets, de canneberges, de tournesols, de fraises, de framboises ou de canola» mentionne t’il. Ensuite, à ce temps-ci de l’année, elles travaillent au miel, installées dans des environnements leur convenant de par la diversité de nourriture qu’elles y trouvent.
René Pagé a aussi une bleuetière qui en est à sa cinquième année d’existence. «Cette année, les abeilles ont bien fait leur boulot. On a eu une belle mise à fruits. C’est très prometteur pour les années à venir» concluait-il.

