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Les apiculteurs sur un pied d’alerte

Les insectes pollinisateurs comme les abeilles font face à un ennemi commun : le Varoa(Photo L’Écho de La Tuque)

Les insectes pollinisateurs comme les abeilles font face à un ennemi commun : le Varoa(Photo L’Écho de La Tuque)

Francine Beaupré
Publié le 29 Août 2011
Publié le 29 Août 2011
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Partout sur la planète, on s’inquiète de la santé des populations d’insectes pollinisateurs. Avec raison car, la pérennité de ces populations est garante de la qualité et de la quantité de plusieurs choses qui entrent dans notre alimentation. L’organisation des Nations Unies (ONU) a d’ailleurs déjà sonné l’alarme.

Sujets :
Varoa , ONU , Québec

On estime que la pollinisation intervient dans 35% à 40% de notre alimentation. Il devient donc évident que la chute des populations d’insectes pollinisateurs, qu’ils soient sauvages comme le bourdon, ou d’élevage comme l’abeille serait critique. Présentement, à l’ONU, on craint sérieusement cette diminution. La sécurité alimentaire de la planète en dépend. La destruction des milieux met sérieusement en péril cet équilibre. Einstein n’a-t-il pas dit que sans la pollinisation, l’humanité humanité n’en aurait que pour quatre ou cinq ans à vivre?

Alors que les Américains et les Européens triment dur depuis plusieurs années contre le Varoa, son arrivée au Québec est plus récente. «Nous avons pu profiter de leur expertise puisque nous avons été les derniers atteints» explique l’apiculteur René Pagé de La Bostonnais.

De la famille des acariens, le Varoa s’accroche à l’abeille et siphonne le sang de cette dernière, la tuant. Les abeilles meurent surtout durant l’hiver et un taux de mortalité normal se situe aux alentours de 15%. «Avec le Varoa, le taux de mortalité est monté à 30% chez certains apiculteurs», déplore René Pagé. Grâce à ses interventions, il a limité les dégâts dans ses 400 ruches. «Je fais de la lutte intégrée. Les traitements que j’utilise sont entièrement biologiques mon taux de perte, sauf en 2010 où il a été plus important, se tient autour de 10%» précise t’il. « La saison a été sèche et longue. C’est bon pour le miel mais mes pertes ont augmenté ». À cause de la présence du Varoa, les apiculteurs doivent toujours combler leurs pertes. «Nous sommes toujours sur un pied d’alerte. On doit observer attentivement nos colonies afin d’intervenir le plus rapidement et ainsi, limiter les dégâts», souligne M. Pagé. «Les pollinisateurs sont de très bon bio-indicateurs. Leur sensibilité est très forte» constate M. Pagé.

Ceux qui utilisent des pesticides chimiques rencontrent, selon lui, plus de problème. «Les pesticides se retrouvent dans la cire et lorsque la reine y pond ses œufs, ces derniers sont contaminés. C’est en partie ce qui crée le syndrome d’effondrement des colonies que vivent les apiculteurs autour du globe», estime t’il. À cause de cette contamination qui créé un disfonctionnement chez les abeilles, elles ne reviennent pas vers leur ruche, d’où un fort pourcentage de perte. D’autres facteurs entrent en ligne de compte mais les pesticides sont, pour le moment, les plus pointés du doigt.

Les abeilles de René Pagé travaillent en début de saison, à la pollinisation. « De fin mai à la mi-août, les ruches sont installées dans des cultures de bleuets, de canneberges, de tournesols, de fraises, de framboises ou de canola» mentionne t’il. Ensuite, à ce temps-ci de l’année, elles travaillent au miel, installées dans des environnements leur convenant de par la diversité de nourriture qu’elles y trouvent.

René Pagé a aussi une bleuetière qui en est à sa cinquième année d’existence. «Cette année, les abeilles ont bien fait leur boulot. On a eu une belle mise à fruits. C’est très prometteur pour les années à venir» concluait-il.

Commentaires

  • Nom de l\'usager
    DRONET Guy
    - 30 Août 2011 à 12:39:34

    Le tube à essais Science, médecine et cie, par Fabien Gruhier, journaliste au service "Notre Epoque" du Nouvel Observateur 08.07.2009 L’angoissant mystère des abeilles mortes Cela commence à se savoir, jamais Albert Einstein n'a prononcé, et encore moins écrit, la fameuse phrase: «Le jour où les abeilles disparaîtront, l'humanité n'en aura plus que pour 4 ans». Cette citation bidon a été inventée en 1994, par un «communicant» génial et belge, pour les besoins d'une manifestation d'apiculteurs mécontents, à Bruxelles. Or la phrase sur les abeilles a... fait mouche. Tant mieux! Car la disparition des hyménoptères constitue un problème réellement angoissant. Ce n'est pas comme le fameux (et tout aussi apocryphe): «Le 21ème siècle sera spirituel ou ne sera pas», idiotie dont on afflige le pauvre André Malraux. Ou le: «Il faut laisser du temps au temps», tout aussi creux et dépourvu de sens, mais - hélas! - vraiment formulé par François Mitterrand. Contrairement au temps (qui manque de temps), ou à la spiritualité (faute de laquelle le présent siècle n'existerait pas), la disparition massive des hyménoptères pollinisateurs est une affaire sérieuse. Et surtout un vrai casse-tête scientifique, comme en témoigne le dossier très documenté que lui consacre le dernier numéro d'«INRA-Magazine». L'effondrement des populations d'insectes mellifères est constaté partout, sur tous les continents. Il concerne aussi bien les espèces sauvages que les espèces domestiques - même s'il n'a guère été exploré que sur ces dernières. Et les chercheurs, qui l'étudient pourtant depuis des années, s'avèrent incapables d'en découvrir la cause. Ce n'est certes pas faute d'en avoir identifié plusieurs, des causes - et même beaucoup. Beaucoup trop en somme! Depuis les parasites jusqu'aux prédateurs, en passant par les insecticides, ou l'inévitable réchauffement climatique. Sans oublier l'évolution des pratiques agricoles, avec diminution des «légumineuses nectarifères». Et bien d'autres facteurs encore. Le plus étonnant est que chaque pays a tendance à identifier son propre fléau national. En Belgique, on accable le varroa (parasite acarien). En Espagne, c'est «Nosema cerranae», un champignon microscopique. En France, on s'acharne sur les pesticides. Tandis qu'aux Etats-Unis, on n'a pas de mots assez durs pour qualifier l'«IAPV», alias «virus israélien de la paralysie aiguë». Alors bien sûr, lorsqu'ils se rencontrent dans des congrès internationaux, tous ces spécialistes sont contraints de parler d'une mystérieuse «maladie multifactorielle», ce qui ne nous avance pas beaucoup. Au secours, Einstein, reviens... LE MONDE 18/09/2009 Si la citation catastrophiste d'Einstein, qui prédisait l'extinction de l'homme quatre ans après celle de l'abeille, est apocryphe, les conséquences d'une disparition des insectes pollinisateurs seraient graves, estiment les chercheurs. Un tiers de l'alimentation européenne, en particulier les fruits et légumes, doit être pollinisé par des abeilles domestiques ou sauvages. "Nous aurons moins de nourriture, dans un monde en croissance démographique, prévient M. Neumann. Sans parler de l'impact de la disparition des abeilles sauvages." Essentielles à la préservation de la biodiversité, celles-ci disparaissent elles aussi à un rythme inquiétant. Gaëlle Dupont Par conséquent, la cour a déclaré Mme Robrolle et sa soeur « coupables du délit de publicité mensongère ». Un délit qui n’est pas sans rappeler l’attribution au père de la théorie de la relativité de la formule « si l’abeille disparaît, l’humanité en a pour 4 ans [1] », faite par la patronne de Terre d’Abeilles ! Car comme l’a confirmé le conservateur des Albert Einstein Archives de l’Université hébraïque de Jérusalem, Roni Grosz, « il n’y a aucune preuve qu’Einstein ait jamais dit ou écrit cette phrase ». D’ailleurs, selon les recherches du spécialiste israélien, « Einstein n’avait pas de compétence particulière ni même d’intérêt pour l’écologie, l’entomologie ou les abeilles » [1] Cette formule a fait le tour de France à l’occasion d’une campagne nationale de publicité de l’association de Béatrice Robrolle, Terre d’Abeilles, en avril 2007.

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