Les administrateurs de la Société historique du Haut-Saint-Maurice déplorent de ne pas disposer d’un musée où exposer les trésors historiques dont ils sont les dépositaires. À l’étroit dans ses locaux du Centre social, la Société n’a pas les installations nécessaires pour recevoir le grand public et présenter les objets anciens et les photos qu’elle entrepose, entretient et protège depuis 16 ans.
Dans une voûte exigüe attenante à son local administratif, la Société garde vaille que vaille photos, costumes de zouave, ferrailles anciennes et autres objets domestiques d’époque. Les artefacts sont bien entretenus et scrupuleusement étiquetés. Par manque d’espace, certaines grosses pièces sont entreposées ailleurs. Un harmonium et deux orgues dorment dans les caves de l’église Saint-Zéphirin. D’autres artefacts remplissent deux salles de classe de l’ancienne école du Lac-à-Beauce.
Françoise Ferron, présidente de la Société historique, estime que beaucoup de ces objets méritent d’être exhibés. « On a assez d’artefacts pour monter une exposition permanente et renouveler tous les objets exposés au bout d’un an. »
La Société rêve d’un musée. Cela nécessiterait un transfert et une participation financière de la Ville. Ces dernières années, la Société s’est intéressée à certains sites potentiels, sans que ces projets aboutissent.
Notons que la Ville participe déjà au financement de la Société historique en payant la secrétaire de l’organisme.
Un bien joli fouillisPourtant, pas besoin d’être féru d’histoire pour apprécier la visite des locaux de la Société historique. Les amoureux de beaux objets y trouvent aussi leur compte. Des vieilles bouteilles de boisson gazeuse aux premiers caméscopes en passant par les fers à repasser de nos grands-mères et de magnifiques services de vaisselle - tous immaculés et parfaitement entretenus - , les objets attirent le regard et provoquent des « oh » de stupéfaction.
Trésors parmi les trésors : un ostensoir en or du Lac Édouard, une collection de vêtements liturgiques en brocart et… le trophée officiel des 24 Heures de La Tuque, la course d’endurance mythique qui s’est tenue chaque année de 1965 à 1981 au lac Saint-Louis.
La Société historique peut entreposer et protéger les objets, photos ou documents de n’importe qui sans qu’il y ait de transfert de propriété. «Au début, les gens pensaient que quand ils venaient porter quelque chose, ils le perdaient, explique Raoul Maillet, membre fondateur de la Société historique. Il a fallu les rassurer. »
Il y a quelques années, CFLM a donné à la Société historique tous ses disques : 22 000 quarante-cinq tours et 10 000 trente-trois tours. Les vinyles, tous référencés dans le système informatique de la Société, couvrent les murs des locaux.

