Yvan (nous tairons son nom pour protéger son anonymat) estime que, toute proportion gardée, le problème de la drogue à La Tuque est plus important qu’à Montréal. Cela s’explique, selon lui, par l’isolement géographique de la ville.
La jeunesse latuquoise est particulièrement touchée par le problème. « J’ai rencontré des filles de 13 ans qui faisaient des pipes pour avoir des « pilules ». Quand j’entends ça, je pense surtout aux abuseurs qu’il y a derrière. Le problème avec la pilule, c’est qu’on devient vite dépendant. »
Yvan connaît bien la problématique. De 13 à 39 ans, sa vie a été une inexorable ascension dans l’univers de la consommation et, en fin de compte, du trafic de drogue. « Les gens pensent souvent que t’atteins le fond du baril quand t’as plus d’argent. Ce n’est pas aussi simple. Moi, j’avais quatre compagnies, puis en plus, j’en vendais de la drogue. Ça fait que je n’avais pas de problème pour m’en payer. »
Un jour, alors qu’il est en état d’ébriété au Mexique, sa blonde le filme en train de se battre avec des Américains. Plus tard, quand il voit ces images, il est dévasté. Rendu également malheureux par des problèmes de jalousie, il décide de participer à une réunion NA. Il y vivra une expérience qu’il n’hésite pas à qualifier de spirituelle.

