Foresterie : lueur d’espoir pour 2013

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Patrick Vaillancourt
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La Chambre de commerce et d’industrie du Haut-St-Maurice avait un invité de marque mercredi midi lors d’un dîner conférence en la personne d’André Tremblay, président et directeur général du Conseil de l’industrie forestière du Québec (CIFQ). Près de 70 personnes, notamment plusieurs intervenants du monde forestier, ont assisté à la conférence qui donnait le constat actuel de l’industrie forestière.

Dès le départ, M. Tremblay a signifié les impacts de la crise forestière qui sévit depuis des années. « L’industrie forestière a perdu 30 000 emplois en une décennie. En Mauricie en 2001, il y avait 2500 emplois et une masse salariale de 79 M$ pour le secteur forestier, contre 1500 emplois et 52 M$ en masse salariale en 2009. En 2005, l’industrie forestière a dû s’adapter à la nouvelle réalité de la baisse du marché américain. Lorsqu’il y aura une reprise du marché aux États-Unis, c’est autour de 900 000 mises en chantier qui se feront en 2013. On est encore dans la traversée du désert, mais il y a des lueurs d’espoir vers la fin de 2013 ou au début de 2014 pour une reprise. »

Le président et directeur général a aussi fait état des différents secteurs forestiers, comme le papier journal, le bois d’œuvre et le carton. « La demande devrait se maintenir mondialement pour le papier journal d’ici 2015, mais il existe une décroissance en Amérique du Nord. Il faut savoir que le Québec est champion toutes catégories pour la production du papier journal en Amérique du Nord. Le coût de la fibre est primordial, c’est important de le maintenir bas sinon il y aura une baisse de la production. Concernant les perspectives pour le carton caisse, la tendance montre un maintien et même une croissance de la demande. C’est important de faire une analyse segmentée pour comprendre l’industrie forestière.

Horizon 2020

Le monde forestier s’est doté d’un plan afin de faire face à la crise : Horizon 2020. Ce plan est divisé en quatre différents secteurs. Les produits traditionnels comme les pâtes et papiers ou le bois d’œuvre sont plus connus du public. Mais qu’en est-il des nouveaux produits?

« Concernant les biocombustibles et la bioénergie, le processus est long au Québec, notamment, pour la cogénération, poursuit M. Tremblay. Puis, pour le chauffage centralisé, une politique gouvernementale doit être mise en place pour aller de l’avant. C’est le même cas pour le carburant deuxième génération. Ça lève moins au Canada que partout dans le monde. Les compagnies forestières devront s’associer avec les compagnies pétrolières, mais ces dernières concentrent leurs investissements dans le sable bitumineux et le gaz naturel. Pour tout ce qui est de l’éthanol cellulosique, du diesel renouvelable et de la biohuile, ça devra prendre encore là une politique gouvernementale. L’industrie forestière est au début d’une révolution. Depuis un an, il y a beaucoup de questionnement sur les nouveaux produits. »

Loi 57

Selon le PDG du CIFQ, s’il y a bien un point dont les forestiers doivent se préoccuper, c’est la nouvelle loi 57 qui doit être mise en vigueur en avril 2013. Cette loi a pour objectif de changer le processus de distribution du bois des terres publiques et d'assurer une meilleure protection de la forêt. « La tourmente n’est pas terminée. Depuis 2000, il y a eu une baisse de 28,5% de la possibilité forestière. Avec la loi 57, une autre baisse est prévue en province. Soit on tombe dans l’artisanat, ou on augmente le volume de bois. Il existe 42% de la superficie forestière du Québec qui n’est pas utilisée. C’est correct comme décision, mais il y a des impacts importants. Il faut dire aussi que le Québec est le leader mondial de la forêt la plus certifiée. Nous avons des visionnaires de la forêt au Québec depuis plus de 10 ans. Est-ce qu’on pourrait faire confiance au modèle mis en place pour la protection des milieux écosystémiques? Nous sommes copiés dans le monde. En 2012, 80% du bois du Québec est certifié, et ça sera 100% en 2013. Il faut dire aussi aux jeunes qu’il existe de belles perspectives d’emplois d’ici 10 ans. L’industrie forestière à de l’avenir et les jeunes devraient s’y intéresser.

Lieux géographiques: Québec, Amérique du Nord, Mauricie États-Unis Canada

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