Le directeur de la BTAQ à La Tuque a réalisé des doléances à l'Agence de santé et des services sociaux de la Mauricie et du Centre-du-Québec, ainsi qu'à la députée de Laviolette Julie Boulet, avant d'avancer le dossier sur la place publique. «L'Agence disait que c'est devenu un dossier politique. J'ai envoyé des lettres à Julie Boulet et elle disait qu'elle allait nous rencontrer après les élections municipales.»
«Notre service ambulancier répond à plus de 1500 appels annuellement. Pour répondre aux appels, nous avons trois véhicules sur horaire de faction de type 7/14. Ce type d’horaire est disparu des services d’urgences pour les villes. Il est utilisé seulement dans les endroits où il y a moins de 380 appels annuellement. 13000 personnes vivent dans cette municipalité et de mai à novembre (période de pêche et de chasse) ce chiffre monte jusqu’à 40 000 habitants. C’est encore plus inacceptable lorsqu’on voit la morbidité causée par des délais trop longs. Lorsque nous répondons à un arrêt cardiaque, nous savons tous que les dix premières minutes sont décisives dans la morbidité de la victime. Avec l’horaire que nous avons présentement, il nous faut en moyenne entre 5 et 6 minutes avant le départ de l’ambulance. Nous arrivons toujours avec plus de 10 minutes. Avec une réponse d’horaire à l’heure, le temps de départ de l’ambulance se réduit à une minute», explique M. Frénette.
Le directeur déplore aussi que plusieurs municipalités sont maintenant sur l'horaire à l'heure comme Ste-Tite. «Avec une population de 3900 personnes, Ste-Tite a une ambulance à l'heure de jour comme de nuit, 24h sur 24h. C'est excellent pour cette population mais c'est difficile de trouver une logique, car ici nous sommes encore en faction et aucune réanimation n'est possible.»
À cette demande s'ajoutent des impacts financiers importants, mais M. Frénette propose une solution moins coûteuse. «Trois véhicules sur horaire «corflex 5/14» qui effectueraient chacun 4 heures à l’heure par période de 24 heures et 20 heures de faction par période de 24 heures. Cela permettrait d’avoir une couverture à l’heure 12 heures par 24 heures et en tout temps trois véhicules disponibles. La majorité des 1500 appels est entre 8 h et 20 h. La solution est favorisée et moins dispendieuse, car avec les 250 transferts inter hospitalier, le véhicule qui est de garde à l’heure pourrait prendre en charge le transfert et après un autre véhicule prendrait la relève à l’heure pour les urgences de notre zone.»
Autre problématique, la couverture au secteur de Parent. «Depuis les dernières années, notre zone a vu tripler son nombre d’interventions effectuées pour atteindre un total de 1500 appels annuellement. Il est primordial pour la sécurité publique du Haut St-Maurice que des mesures soient prises afin de mettre fin à des délais inacceptables qui vont jusqu’à 4 heures d’attente pour une priorité #1 (situation de vie en danger). La seule ressource préhospitalière disponible dans le nord de notre zone est à Parent. Ce sont les premiers répondants qui sont munis de deux véhicules ambulanciers qui donnent des soins et effectuent le transport. Cette ressource est selon les règles administratives de la Ville de La Tuque disponible dans un rayon de 30 Km seulement autour de Parent. De plus, ce service est fréquemment inopérant à cause d’un manque d’effectif permanent depuis son implantation», ajoute M. Frénette.
Le directeur a aussi évoqué des cas graves où les ambulanciers ont répondu à un appel plus de quatre heures après l'avoir reçu. «Avant, l'hôpital de Mont-Laurier acceptait les gens de Parent, mais plus maintenant. La direction veut conserver les sommes pour ses résidents. C'est aberrant de voir les ressources quand on sait qu'il y a plus de 50 appels par an pour le secteur de Parent. Nous estimons que l’ajout d’un véhicule en faction de type 7/14, pourrait pallier adéquatement aux lacunes observées.»
La BTAQ demande de l'aide
Yvan Frénette, directeur de la BTAQ de La Tuque, discute avec deux ambulanciers quant à la couverture du Haut-St-Maurice. (Photo L'ÉCHO de La Tuque)
La situation de la Banque de techniciens ambulanciers du Québec (BTAQ) à La Tuque s'est améliorée depuis l'ajout d'un troisième véhicule ambulancier en novembre 2007, mais le directeur Yvan Frénette soutient qu'il existe encore deux problèmes majeurs: l'horaire de faction 7/14 ne permet pas de fournir une couverture adéquate et le secteur de Parent demeure souvent à découvert en raison de la distance.
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