«La Loi sur les élections et les référendums dans les municipalités prévoit que quelqu'un qui habite le territoire et qui répond aux conditions de la loi, peut voter, explique Denis Dion, responsable des communications pour le Directeur général des élections (DGE). La loi a toujours été en place, nous avons seulement rappelé aux municipalités en 2008 que c'est la loi. Puis, il y a eu des premières réactions à La Tuque, puis il y a eu des pressions auprès des élus du ministère des Affaires municipales. Les élus ont décidé de ne pas faire de modification à la loi avec les élections municipales de cette année. Par exemple, les Autochtones près de Sept-Îles votent depuis des années aux élections municipales.»
Et que pense le maire Réjean Gaudreault du vote autochtone aux prochaines élections municipales? «Comme les Autochtones ont le droit de vote, ils sont propriétaires de plusieurs municipalités. À partir du moment que tu as le droit de vote sans avoir à y investir, sans devoir payer de taxes, ça veut dire que tu as un droit sur ce territoire-là. Donc, les revendications territoriales sont partiellement compensées par l'acquisition des nouvelles villes. C'est insensé! Le DGE a mis ses œillères. Il regarde le décret de fusion de 2003 qui est erronée, parce que les Autochtones eux-mêmes disent qu'ils sont enclavés à l'intérieur de La Tuque. Automatiquement, cela signifie qu'ils ne se considèrent pas avec nous. Au lieu d'aller plus loin et de se dire: "Est-ce que ces gens-là payent des taxes? Ont-ils des liens commerciaux?" Parce que Bécancour a des liens d'entente intermunicipale avec les Abénakis. Nous n'avons pas ce lien avec les Atikamekws. Si les Atikamekws n'ont pas besoin d'investir et de payer des taxes chez nous, et qu'ils ont le droit de vote, c'est donc dire qu'ils ont obtenu gain de cause pour les revendications territoriales: La Tuque est dans le territoire de Wemotaci. Même les chefs de Wemotaci et d'Obedjiwan ne sont pas en faveur de venir voter à La Tuque. Je suis vraiment déçu. Les élus de la province auraient pu facilement régler le dossier avant la fin de la session parlementaire.»
Et en tant que maire sortant aux prochaines élections, M. Gaudreault veut-il séduire les Atikamekws pour obtenir plus de votes? «Non, je pense que j'ai toujours bien agi avec nos frères atikamekws. J'ai toujours été honnête envers eux. Je n'ai pas de stratégie spéciale. Je ne dis pas que je ne leur rendrai pas visite, mais je me dis que ces gens me connaissent.»
«Le ministre des Affaires municipales me disait que les Autochtones ont toujours eu droit de vote pour les municipalités du Québec, c'est un droit constitutionnel. Suite aux revendications de certaines municipalités, notamment La Tuque, à l'effet que ça pouvait jouer un rôle important sur le vote, il y aune table qui a été mise en place au ministère des Affaires municipales pour regarder l'ensemble des éléments qui concerne ce dossier-là. C'est un dossier sensible, mais il est actuellement regardé par une table. Il n'y a eu aucune recommandation de déposée pour l'instant. Mais il y aura éventuellement une recommandation. Je vais attendre de voir les recommandations avant de me prononcer sur le sujet.»

