Vous avez probablement tous entendu parler de la hausse des frais de scolarité qui touchera le Québec en septembre prochain, les bulletins de nouvelles en parlent et les journaux font de même, mais en parlent-ils vraiment? Ils relatent les faits, parlent des manifestations, d’évènements singuliers. Par contre, peu plongent dans le vif du sujet et c’est pourquoi c’est le devoir de la population et, par le fait même, celui des étudiants de s’informer correctement sur le sujet.
En effet, je suis sidérée de voir le nombre d’étudiants qui ne sont pas et ne cherchent pas à s’informer sur ce qui se passe présentement dans le milieu de l’éducation. Maintes fois j’ai entendu parler des jeunes résiliés et/ou prêts à payer sans vraiment être au courant des enjeux, des étudiants qui croient qu’une grève est inutile, que ce sont des gestes futiles. Des étudiants qui disent qu’il faut assumer le choix de poursuivre une éducation universitaire et à en payer les frais qui ensuivent. Peut-être que ces dires relève plus de l’opinion que de la désinformation, mais qu’en est-il des étudiants qui parlent sans savoir, qui se font une idée basée sur des piètres présomptions, qu’en est-il du reste de la population qui fait de même?
Les cas sont nombreux et c’est pourquoi il est important de bien s’informer sur le sujet, de faire preuve d’esprit critique et de forger sa propre opinion. Beaucoup trop d’étudiants prennent la voie facile lorsque vient le temps de s’informer, ils adoptent la position de leurs ami(e)s, de leurs proches, sans vraiment se poser la question à eux-mêmes alors qu’ils en sont les premiers concernés. Ce débat n’est pas qu’une question d’inversement dans son propre capital personnel ou de hausse qui aurait du suivre l’inflation, mais aussi une question de société et d’accessibilité. Lors de cause comme celle-ci les étudiants militant contre la hausse ne se battent pas seulement pour eux-mêmes, mais pour l’ensemble des étudiants, pour les générations futures, pour offrir une meilleure accessibilité, pour que la classe moyenne n’écope pas une fois de plus.
La hausse des frais ne fait que nous rapprocher petit à petit d’une économie du savoir, d’un service basé, une fois de plus, sur la consommation et sur le principe d’utilisateur payeur. L’éducation ce veut être un droit, un droit qui se doit d’être accessible. Par contre, cette accessibilité se voit brimée par une hausse des frais comme celle à laquelle nous faisons face.
Avec ce que je viens d’affirmer il est plutôt clair d’en déduire ma position face à ce débat, par contre cela ne veut pas pour autant dire que je ne suis capable de comprendre les arguments qui sont favorables à la hausse. Je crois qu’il est important d’avoir une opinion, peu importe laquelle, dans la mesure ou la personne en cause est capable de défendre ces idées. Pour défendre c’est idées ou bien argumenter sur un sujet il faut connaître les enjeux, les faits, les problèmes. C’est exactement ce manque d’information, ainsi que toute la désinformation entourant le sujet, que je déplore.
Le fait est que, en raison de cette désinformation on se retrouve souvent face à de faux arguments tel que : les étudiants pour la grève gèrent simplement mal leurs argents et dépensent trop dans l’alcool, les téléphones intelligents, les voyages dans le sud ou les gens pour la hausse sont tous des enfants de riches qui n’en ont rien à faire puisqu’ils ne payent pas. Dans les deux cas, ce sont des préjugés qui s’avèrent rarement exacts et qui, selon moi, ne rendent aucunement justice à ce débat.
De plus il est important de savoir que cette hausse des frais ne touche pas seulement les étudiants d’aujourd'hui, mais aussi, et surtout, ceux de demain. Les jeunes qui sont présentement au secondaire seront les plus affectés par la hausse des cinq prochaines années. C’est pourquoi il n’est donc jamais trop tôt pour prendre part au débat ou du moins s’informer sur ce dernier. C’est un sujet qui touche non seulement les étudiants, mais l’ensemble de la nation québécoise.
Marjorie Rhéaume
Latuquoise aux études à l’Université de Montréal
