Bonsoir à chacune et chacun d’entre vous, le 8 septembre dernier, j’ai eu la chance d’être présente avec ma famille au Complexe culturel Félix-Leclerc de La Tuque à l’occasion du lancement du recueil de poésie de notre grande fille Annie. Ce fut une rencontre remplie d’émotions dans un décor de rêves.
Avec la tendresse qu’on lui connaît, mon fils Serge nous a fait connaître une jeune femme pleine de talents et de sensibilité qui nous a quittés trop tôt.
Ce soir, je réponds à son invitation de participer à cette soirée en vous offrant humblement ces quelques mots.
Le 6 décembre 2011 me laisse le souvenir d’un drame qui a bouleversé nos vies. L’épreuve a été si grande que lui donner un sens exige une grande foi, car le danger est de refuser cette épreuve dans un repli de colère ou de révolte.
La tragédie de la Polytechnique a suscité chez moi des réactions de peur et de vide.
L’absence de ma fille a été très difficile à surmonter et demeure encore une profonde blessure nourrie par des périodes de solitude, de silence et de réflexion.
Malgré mes doutes, j’ai toujours eu la certitude d’une présence qui m’accompagnait et qui me permettait de voir les beautés de la vie et la bonté des personnes, je me suis laissé aimer pour mieux apprivoiser ma peine et mon deuil.
Aujourd’hui, dans mon coeur de maman, Annie a toujours 23 ans même si son âge réel serait de 45 ans. Je l’imagine parfois venir me visiter avec un mari aimant, avec trois ou quatre merveilleux enfants qui nous embrassent tendrement.
Lors du 10e anniversaire de la tragédie, à la demande des dirigeants de la Polythecnique, on m’avait demandé d’adresser un message d’espoir aux étudiants. J’avais insisté sur l’importance de ne jamais se décourager et de croire au rêve d’un monde meilleur, de demeurer solidaires et de continuer d’espérer avec une volonté de créer une société où les valeurs morales et spirituelles sont respectées.
De lutter contre toutes les formes de violence est un défi qui vaut la peine de relever sans cesse. Gardons espoir que le sacrifice d’Annie et de ses treize compagnes permettra de changer les coeurs.
Ces femmes ont su relever les défis de leur époque avec courage, suivons leur exemple et souvenons-nous toujours..... d’elles.
Merci à ma famille, à mes amies et amis pour leur réconfort, pour leur tendresse, et leur amour.
Annie, tes rêves ne se réaliseront pas ici-bas et tes poèmes resteront inachevés, mais mon amour pour toi durera toujours.
Malgré mon absence ce soir je suis proche de vous par la pensée et par le coeur
Gros câlins à chacune et à chacun de vous et bonne soirée. Au revoir!
Laurette Perron St-Arneault, maman d’Annie
